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Serie A 2018/19 : l’épilogue

Comme depuis 2012, la Juventus a remporté le Scudetto. Son huitième titre consécutif. Une véritable domination sans partage. Cette saison, la Vecchia Signora n’a pas lésiné. Aucun suspens en tête avec un trente cinquième titre acquis à cinq journées de la fin. Ni dans le bas du classement avec le Chievo et Frosinone condamnés rapidement. Retour sur les faits marquants de cette saison.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Après vous avoir présenté les vingt équipes de la division mais également proposé des reportages sur le derby della Madoninna, sur le derby entre le Milan et la Juve, sur Palermo, sur les buteurs vétérans, sur le cas particulier de Trieste après la seconde guerre mondiale, sur Zico, sur Nedvěd, sur Diego Simeone, sur Baresi et Boniperti, sur Pordenone et un hommage à Daniele De Rossi, la rédaction de Zone Mixte vous propose un bilan détaillé de cette 117 ème édition du championnat d’Italie.

Le Champion de Serie A

Conquis sans aucun suspens, ce nouveau Scudetto s’inscrit dans la lignée des éditions 2013 (+9), 2014 (+17), 2015 (+17) et 2016 (+9). Leader de la J1 à la J38, la Juve n’a laissé aucun espoir à ses poursuivants. Renforcés par l’arrivée de Cristiano Ronaldo, qui s’est d’ailleurs très bien adapté à la Serie A malgré les doutes entourant son transfert en Italie, les joueurs de Max Allegri ont survolé la ligue. Cependant, et malgré ce cinquième trophée consécutif pour le Toscan, son avenir semble encore un peu flou. Un départ est même fortement envisagé. Certains lui reprochent son style de jeu, jugé trop primitif et trop obsédé par le clean sheet, par rapport à l’effectif à disposition. Et notamment sa gestion des cas Douglas Costa et Dybala, trop souvent laissés sur le banc au goût des tifosi.

Les Européens

Champion’s League

Naples, l’Inter et l’Atalanta sont les autres équipes transalpines qualifiées pour l’édition 2019/20 de la Champion’s League. 

Pour le Napoli, l’arrivée de Carlo Ancelotti a permis aux Partenopei de bien gérer l’après Sarri. La saison a bien débuté avec deux victoires de rang contre la Lazio et le Milan. Mais un revers surprise contre la Samp et ensuite, dans le choc contre la Juve a mis Naples dans une position délicate pour la course au titre (-6). La suite de la saison se déroule de la meilleure des manières avec l’assurance de rester sur la deuxième marche du podium, même si certains résultats sont surprenants (0-0 contre le Chievo, défaite 2-1 contre Empoli).

Nous nous posions déjà la question au début de la saison 2017/18 (après leur qualif historique en Europa League) mais l’Atalanta a continué de confirmer sa progression constante entamée depuis l’arrivée sur le banc de Gasperini avec cette troisième place au classement de Serie A. Tout simplement leur meilleur résultat depuis leur création en 1907. Le club de Bergame a proposé un football offensif (meilleure attaque de Serie A avec 77 buts et plus de 100 buts TCC). Bien aidé par une cellule de recrutement efficace et une profusion de jeunes talents grâce au vivier de leur centre de formation, la Dea titille les « grands » clubs de la péninsule.

Malgré un investissement conséquent sur le marché des transferts, l’Inter a connu un début de saison compliqué. Puis, une belle série de sept victoires consécutives a replacé les Nerazzurri sur le podium (3ème). Cependant, le club a connu des tumultes au cours de la saison. Le capitaine Mauro Icardi est écarté du groupe pour des raisons extra-sportives (non prolongation du contrat). Réintégré après des semaines en tribunes, Icardi n’a pas retrouvé son efficacité devant le but. Sans conséquence pour la qualif en Champion’s League. Une qualif obtenue douloureusement avec cette courte victoire (2-1) contre Empoli lors de la 38ème journée. L’essentiel est donc assuré avant l’arrivée sur le banc de Antonio Conte pour 2019/20.

Europa League

A la lutte jusqu’à la dernière journée pour arracher un ticket en Champion’s League, le Milan paie néanmoins certaines errances tout au long de la saison. Notamment contre des équipes mal classées. Confirmé dans ses fonctions au début de la saison, Rino Gattuso a également montré des difficultés tactiques pour animer offensivement son équipe. Avec seulement 55 buts marqués, le Milan est la plus faible attaque du top 6. Si l’arrivée de Piątek a fait du bien (9 buts en 18 matchs), le polonais était parfois trop isolé pour vraiment peser sur les défenses adverses. Des incertitudes planent encore autour du projet du club. L’intersaison risque d’être agitée Via Aldo Rossi.

Saison difficile pour la Roma malgré le classement. Mathématiquement, la Magica n’échoue qu’à trois points du podium. Pourtant, le fossé entre l’Atalanta et la Roma semblait beaucoup plus important. Difficile aussi en coulisse avec le départ de Eusebio Di Francesco et du directeur sportif espagnol Monchi, qui n’aura pas connu la même réussite sur le marché des transferts qu’à Sevilla. Certains renforts n’ont pas évolué à leur meilleur niveau (Kluivert, Olsen, Pastore …). Toutefois, l’explosion du jeune Zaniolo est clairement l’une des réussites de la saison romaine. Comment conclure ce résumé de la saison sans un mot sur Daniele De Rossi ? Capitan Futuro a disputé sa dernière rencontre (616 ème) sous les couleurs giallorossi. Deux ans après Totti, la Roma perd un autre fuoriclasse. La fin d’une époque.

Les Relégués

Empoli, Frosinone et le Chievo sont les trois clubs à rejoindre l’étage inférieur. Si Frosinone et le Chievo ont quasiment toujours été dans la zone de relégation durant toute la saison, Empoli aura passé plus de la moitié de cet exercice en dehors. Les Toscans ont produit du bon football (mais trop joueurs parfois) et ont même failli se maintenir (à la lutte avec le Genoa) grâce à leur brillant sprint final (3 V consécutives). Sur ces trois relégués, deux clubs étaient promus. Frosinone n’a finalement pas fait mieux que lors de son précédent passage en Serie A. Les Leoni étaient trop perméables pour espérer mieux (69 buts encaissés). Le Chievo retrouve la Serie B après plus d’une décennie dans l’élite. Véritable miracle permanent, le modeste club de quartier de Vérone a connu une saison extrêmement compliquée.

Les Promus

Brescia, Lecce et le vainqueur des Play-Offs entre Cittadella et Hellas accèdent à l’élite. Quasiment dix après leur dernière apparition en Serie A, les Lombards retrouvent l’élite. Après un début de saison compliqué, Brescia a redressé la barre avant de s’emparer de la tête du classement à la 22ème journée et pour ne plus la lâcher jusqu’à la fin sous l’impulsion de leur buteur Alfredo Donnarumma (25 buts) et de leur prodige Sandro Tonali. Promu en Serie B sous la direction de Fabio Liverani après être reparti en Serie C six ans auparavant, Lecce s’est offert une double promotion à l’instar de Benevento quelques années plus tôt. Avec le retour de Lecce, les Pouilles (et le sud de l’Italie) se replacent sur la carte du foot. Le dernier billet se dispute entre Cittadella et Hellas Verona. Si les Granata l’emportent, ce sera une grande première pour les vénitiens. Si c’est Hellas, le club véronais fera l’ascenseur après leur rétrogradation l’année précédente.

Meilleur Joueur

Pas de soucis d’acclimatation pour Cristiano Ronaldo. Pour sa première saison italienne, la méga star portugaise a gardé ses standards madrilènes en terme de buts et de passes décisives. Impliqué sur 37 buts en 44 apparitions (toutes compétitions confondues), CR7 a été l’atout offensif N°1 de la Juventus. Avec ce Scudetto 2019, le lusitanien réalise une performance inédite en devenant le premier joueur à remporter la Premier League, la Liga et la Serie A, soit les trois premiers pays à l’indice UEFA. Son compatriote José Mourinho avait déjà réussit cet exploit mais en tant que coach.

Meilleur Buteur

C’est la belle histoire de cette édition 2018/19. Le vétéran Fabio Quagliarella (36 ans) s’offre le titre honorifique de capocannoniere avec 26 buts. Pour atteindre ce total, le bomber de la Samp s’est montré très régulier et en a profité pour égaler le record du nombre de réalisations consécutives (11 buts inscrits entre la 10ème et le 21ème journées). Record partagé avec Gabriel Batitusta. Lors de la dernière journée de championnat, il n’a pas égalé un autre record détenu par Sergio Brighenti avec 27 buts marqués sous le maillot Doriano en 1960/61.

Meilleur Gardien

Le slovène Samir Handanovič décroche le titre de meilleur portier de Serie A. Une juste récompense pour ce gardien fiable, solide, au style classique mais terriblement efficace. A 19 reprises, il a conservé ses buts inviolés. Auteur d’arrêts impeccables à l’image de sa performance d’hier soir contre Empoli, il a participé activement à la belle campagne de son club depuis 2012. Ce titre aurait pu revenir au polonais Wojciech Szczęsny, brillant successeur du mythique Gigi Buffon dans les buts de la Juventus.

Meilleurs Passeurs

Alejandro Gómez et Dries Mertens se partagent cette distinction. Avec 11 assists chacun, les deux hommes ont grandement pesé sur les offensives de leur équipe respectives. A 31 ans, El Papu continue d’illuminer le jeu de la Dea, parfois en position de N°10 ou en position d’ailier gauche. Son entente avec ses coéquipiers Josip Iličić et Duvan Zapata a permis de créer de nombreuses opportunités offensives.

De son côté, le lutin belge a conservé son efficacité malgré le changement d’entraîneur sur le banc napolitain. Utilisé en pointe dans le 4-4-2 instauré par Carlo Ancelotti, Mertens est toujours aussi bon buteur (16 buts) notamment avec une fin de saison en boulet de canon (5 buts lors des 6 derniers matchs) mais il s’est montré aussi encore plus altruiste en délivrant de nombreuses passes décisives pour Callejón, Insigne ou Milik.

Meilleur Entraîneur

Grand artisan de la superbe saison de Bergame, Gian Piero Gasperini est toujours parvenu à qualifier le club en Europe. Lors des deux premières saisons, l’Atalanta a atteint l’Europa League et cette saison, le Gasp monte encore d’un cran vers la plus prestigieuse compétition européenne. Adepte d’un football offensif, son 3 – 4 – 1 – 2 s’est révélé très performant. Finaliste malheureux de la coupe d’Italie, perdue contre la Lazio, la saison est néanmoins un grand succès avec cette troisième place et cette qualification historique en Champion’s League.

Voilà pour cet épilogue de la saison 2018/19 de Serie A. Toute la rédaction de Zone Mixte espère que vous avez apprécié nos analyses et reportages. Nous vous donnons rendez-vous pour la reprise le 24 août prochain.