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PSG « Fluctuat nec mergitur » ?

Cette saison 2018/2019 est certainement la saison la plus contrastée de l’ère QSI, d’abord synonyme d’espoirs et de grandes victoires elle a viré au cauchemar un soir de Mars au Parc des Princes.

Après un début de saison remarquable ponctué par une invincibilité en championnat et une première place en phase de poule de ligue des champions, le PSG a terminé son année 2018 au plus haut.

Déjà confortable leader en championnat, avec 16 points d’avance sur son dauphin Lillois et un tirage plutôt favorable en ligue des champions, face à un Manchester dans le dur, Paris pouvait regarder l’année 2019 sereinement et rêver d’une grande épopée Européenne comme ses glorieux aînés dans les années 90.

« La bande de Denisot emmenée par Raï, Valdo, Le Guen, Roche etc., cinq fois demi-finaliste d’affilé et vainqueur de la coupe des coupes en 1996 avait montré l’exemple ».

Remontada acte II

Le 6 Mars à Paris, flottait ce doux parfum de coupe d’Europe, quinze jours plus tôt les Parisiens avaient réalisé un match plein à Old Trafford récompensé par une victoire 2-0 et le Parc se préparait à faire la fête, en validant son ticket pour les quarts par une victoire nette.

Malgré les absences de Cavani et Neymar, Paris se présentait en pleine confiance avec à sa tête Kyllian MBappé buteur à l’aller et qui avait déclaré à la fin du match « Il faut arrêter d’avoir peur, on est fort »

Il aura fallu seulement 2 minutes de jeu et une erreur grossière de Kehrer pour offrir son premier but à Lukaku, la saison du PSG vient de basculer.

Les démons du Camp Nou réapparaissent et deux ans après l’incroyable Remontada au Barça (6-1), le PSG connait une nouvelle énorme désillusion en Ligue des champions, le groupe est marqué, les supporters en colère et les blessures s’enchaînent.

Paris en manque d’âme ?

C’est la principale explication entendue ici et là, « Paris n’a pas d’âme », Paris n’a pas d’histoire » etc. peut-être un peu simpliste tout de même

On ressent bien évidement des différences entre les périodes Canal et QSI dans l’état d’esprit du groupe, quand la génération 90 avait su profiter de l’héritage « familiale » du président Borelli l’actuelle direction a préféré mettre les compteurs à zéro quitte à faire preuve d’une amnésie partielle sur l’histoire du club.

Plus embêtant, à mon sens, la cohésion et la stratégie du club. Les choses avaient pourtant bien démarré avec l’arrivée de Leonardo suivie d’Ancelotti. Les deux hommes avaient une vision claire du projet, de leurs objectifs, la complémentarité du binôme et sa compétence donnait du sens à l’ensemble et par définition aux choix.

Aujourd’hui force est de constater que la situation a bien changé !

La « gueguerre »  Tuchel Henrique

Ça n’est plus un secret pour personne Il y a une lutte d’influence entre Tuchel et Henrique pour avoir la main mise sur le recrutement. Tuchel veut impérativement maîtriser son Mercato estival mais en face, Antero Henrique proche du clan Neymar n’a pas l’intention de se laisser marcher dessus. 

Déjà l’été dernier Paris a souffert de ce flou artistique alors qu’il fallait faire face à la menace de l’UEFA via le fair-play financier, la formation francilienne devait vendre et acheter « malin ».

Toute la difficulté était donc de faire les bons arbitrages et de bien identifier les besoins. Côté départ, Paris à dégraissé pour plus de 120 millions d’Euros

(Yuri Berchiche 24 M€ – l’Athletic Bilbao, Javier Pastore 24,7 M€ – AS Roma, Gonçalo Guedes 40 M€ – Valence CF . Krychowiak 1M€ au Lokomotiv Moscou, Odsonne Edouard 10 M€ Celtic Glasgow, Jonathan Ikoné – 5 M€ au LOSC, Enfin Lo Celso qui vient d’être transféré définitivement au Betis Seville – 22 M€ + 2 millions au moment du prêt).

En revanche côté arrivées la performance n’est pas la même, seul Bernat se révélera comme une bonne pioche à 14 M€, Thilo Kehrer choisit par Tuchel contre 37 M€ connaît une saison en dent de scie.

La suite ressemble à une énorme farce, entre le dossier Boateng (torpillé par Henrique), la signature surréaliste Choupo-Moting, cette incroyable erreur d’avoir laissé filer le prometteur Lo Celso avant de recruter un profil « identique » 6 mois plus tard et deux fois plus cher ( Leandro Paredes pour la coquette somme de 47 M€), le manque d’anticipation dans l’affaire Rabiot. Bref comme un petit air d’amateurisme de la part de la direction Parisienne.

Paris doit se remettre en ordre de marche

Certes Paris aura enchaîné les coups durs avec cette improbable série noire initiée par sa star Brésilienne, Neymar, blessé dès le mois de Janvier. Mais le PSG va devoir réussir son mercato pour ne pas faire chavirer un édifice encore fragile et régler ses problèmes de Management.

Nasser Al-Khelaïfi ne doit-il pas faire appel à un Manager Général pour chapeauter le sportif ? soit un ancien joueur emblématique et charismatique comme Raï soit un homme d’expérience et respecté dans le milieu du Football, comme Wenger ? Il semble quoi qu’il arrive urgent d’agir et de remettre l’institution au cœur du projet.

Quel Mercato ?

Le Mercato s’annonce à la fois palpitant et périlleux, le PSG va devoir gérer plusieurs dossiers à commencer par le fameux milieu de terrain, Herrera (MU) semble tout proche mais a t-il les qualités pour devenir un titulaire indiscutable aux côtés de Verratti ? Paris va devoir taper plus fort surtout à ce poste.

Le dossier du gardien revient tous les ans et les performances de Buffon trop insuffisantes conjuguées à un Areola qui tarde à s’imposer ouvre clairement la réflexion. Paris cherche un gardien d’envergure internationale depuis plusieurs années.

Autre point chaud, Cavani, le meilleur buteur de l’histoire du club n’a plus qu’un an de contrat et l’idée de le vendre puis de le remplacer fait son chemin au sein de la direction mais l’Uruguayen se voit plutôt finir sa carrière à Paris.

L’été sera chaud à Paris !

@lombard_nicolas