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Premier League 2018/2019 : l’épilogue

L’édition 2018/19 de Premier League s’est achevée hier en fin d’après-midi. Après une lutte acharnée avec Liverpool, City a réussit à conserver son titre. Londres est aussi à l’honneur en haut du classement. Dans le bas du tableau, malheureusement pour les relégués, tout était joué depuis un moment. Retour sur une saison intense et riche en émotions.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Après vous avoir présenté les vingt équipes de la ligue mais également proposé des reportages sur le Community Shield, sur Teddy Sheringham, sur le derby mancunien, sur le duo Gerrard / Scholes, sur le derby londonien (Arsenal / Chelsea), sur Dixie Dean, sur la FA Cup, sur Sheffield United, sur la finale de Champion’s League 2008, sur les titres attribués lors de 38ème journée et même une visite chez les voisins Saxons, la rédaction de Zone Mixte vous propose un bilan détaillé de cette 120 ème édition du championnat d’Angleterre.

Le Champion de Premier League

Le champion en titre a conservé son bien. Ce back-to-back est le premier depuis 2009 (Manchester United). Guardiola inscrit son nom dans le gotha des top managers de PL. Seuls Sir Alex Ferguson et José Mourinho avaient réussi à faire le doublé. Vingt fois sur 38 en tête, City a dû lutter jusqu’au bout avec Liverpool. Un mano a mano haletant et de haut vol. Le duo a mis le troisième à plus de 20 points (26 pour City, 25 pour LFC). Premier à domicile et à l’extérieur, City a placé la barre très haut.

Guardiola s’est appuyé sur ses certitudes acquises la saison précédente. A savoir un bloc haut, avec un pressing constant, un jeu de passes millimétré conjuguant une volonté offensive affirmée (95 buts marqués, meilleure attaque) à une solidité défensive admirable (23 buts concédés, deuxième meilleure défense). Déjà lauréats de la League Cup, les Cityzens sont encore en course pour un triplé historique avec la finale de la FA Cup à disputer contre Watford (18 mai prochain).

Les Européens

Champion’s League

Liverpool, Chelsea et Tottenham décrochent leur ticket pour la prochaine édition de la prestigieuse (et lucrative) Champion’s League.

Une seule défaite concédée par Liverpool contre … City (2-1). Voici le bilan hallucinant des Reds. Avec son trio offensif flamboyant (Firmino, Mané et Salah), les hommes de Jürgen Klopp ont aussi allié une imperméabilité défensive grâce à VVD et Allison (21 clean sheets). Avec 97 points, Liverpool aurait dû être sacré mais c’était sans compter avec Manchester City.

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Pour sa première saison de PL avec Chelsea, Sarri a bien débuté avant de connaître quelques signes de faiblesses. Portés par un Eden Hazard épatant (16 buts, 15 assists), et sur le départ, les Blues sont parvenus à accrocher cette troisième place au classement malgré un effectif en fin de cycle ayant montré ses limites (Giroud, Pedro, Willian …).

Sur le podium à 23 reprises, Tottenham a produit une belle saison sans recrutement estival (et hivernal). Certains joueurs se sont révélés comme Lucas Moura, d’autres ont confirmé comme Hugo Lloris et enfin certains n’ont pas gagné des points comme Aurier. Le parcours exceptionnel en Champion’s League a également pompé de l’énergie. Et après avoir squatté Wembley, les Spurs ont enfin pu entrer en possession de leur nouveau stade.

Europa League

Pas facile de prendre la succession d’une légende. Pourtant, Unai Emery a réussi une belle transition. Bien aidé par le duo Aubameyang / Lacazette en attaque (il a mis du temps avant de les aligner ensemble) et par l’émergence de Lucas Torreira au milieu, le manager espagnol n’a néanmoins pas trouvé la solution défensivement (51 buts encaissés). Qualifiés pour la finale de l’Europa League, les Gunners peuvent encore jouer la Champion’s League 2019/20 en cas de succès contre Chelsea.

Une saison à oublier pour Manchester United. Mal embarqués sous Mourinho, les Red Devils ont connu une période de redressement notoire avec 10 victoires en 12 matchs suite à la nomination de Ole Gunnar Solskjær. Mais les carences de l’effectif sont apparues flagrantes en fin de saison. Une grande partie du public et des supporters ciblent la politique sportive des Glazer et notamment leur bras armé : Ed Woodward.

Les Relégués

Cardiff City, Fulham et Huddersfield sont les trois clubs à rejoindre l’étage inférieur. D’ailleurs, deux relégués sur trois étaient promus en Premier League. Huddersfield n’a jamais réussi à sortir la tête de l’eau. Rapidement dans la zone de relégation, les Terriers ont quasiment toujours été dans la charrette. Avec seulement trois victoires, l’effectif du club du Yorkshire n’était pas calibré pour obtenir leur maintien.

Fulham avait pourtant été très actif sur le marché des transferts. Néanmoins, la mayonnaise n’a jamais pris. Plus mauvaise défense de la ligue (81 buts concédés), même l’arrivée sur le banc du Tinkerman : Claudio Ranieri n’a pas eu d’effet durable pour inverser la tendance.

Paradoxalement, Cardiff City a conservé l’espoir de se sauver pendant un long moment. A la lutte avec plusieurs autres clubs dont Brighton, le club gallois a finalement rendu les armes lors de la J37. Une saison vraiment très compliquée, également sur le plan émotionnel avec la disparition tragique de Emiliano Sala, tout juste transféré vers les Bluebirds.

Les Promus

Après un début de campagne compliqué, Norwich s’est emparé de la tête lors de la J17. Sous les ordres de Daniel Farke, les Canaries ne sont plus jamais sortis du podium. L’un des hommes forts de la saison est le finlandais Teemu Pukki. Arrivé libre en provenance de Brøndby, le buteur a été le fer de lance de l’attaque avec 29 buts (meilleur buteur).

L’autre promu est le club de Sheffield United. Les Blades ont connu une saison remarquable. Grâce à leur manager Chris Wilder et leur buteur Billy Sharp, United a quasiment passé toute la saison dans les trois premières places. Pour en savoir plus sur leur saison, retrouvez notre focus publié le 04 mai dernier.

Le dernier ticket direct pour la PL va se jouer entre Aston Villa, Derby County, Leeds ou West Bromwich Albion. Le Leeds de Marcelo Bielsa a longtemps fait la course en tête (18 fois leader) avant de céder dans la dernière ligne droite.

Meilleur Joueur

Recruté par Liverpool pour la somme astronomique de 84M€ en janvier 2018, le défenseur néerlandais a démontré toute l’étendue de son talent. Véritable chef d’orchestre de la défense, il a stabilisé un secteur assez poreux avant son arrivée. Très dangereux offensivement, il a aussi inscrit quelques buts décisifs de la tête. Un des hommes clés du dispositif de Kloppo. Après Nemanja Vidić (2009 et 2011) et Vincent Kompany (2012), c’est le troisième défenseur à remporter ce trophée depuis sa création en 1995.

Meilleur Buteur

En fait, il n’y a pas qu’un seul meilleur buteur mais trois. Et ces trois joueurs mettent en lumière un continent : l’Afrique. Le gabonais Aubameyang, le sénégalais Mané et l’égyptien Salah se partagent donc ce titre honorifique avec 22 buts inscrits chacun. Pour sa première saison complète en Angleterre, PEA a brillé avec Arsenal. Un danger permanent pour les défenses et dont l’entente avec Lacazette a été bénéfique pour Emery. Cette année, Mané s’est montré plus réaliste et plus efficace devant le but. Peut-être moins altruiste aussi. Une nouvelle facette de son talent. Et enfin Salah. Le natif de Nagrig confirme son titre de meilleur buteur remporté la saison passée. Si son bilan est moins élevé (22 contre 32), Salah confirme néanmoins être l’une des fines gâchettes du Royaume.

Meilleur Gardien

Recruté en provenance de la Roma pour remplacer le portier allemand Loris Karius, Alisson Becker s’est vite imposé dans les buts de Liverpool. Son énorme indemnité de transfert (72,5M€) aurait pu lui peser sur les épaules mais le brésilien a continué sur la lancée de sa saison romaine alliant arrêts réflexes impeccables et jeu au pied décisif. Auteur du plus grand nombre de clean sheets depuis 2006 et Pepe Reina (17), il porte son total à 21 en fin de saison. Gardien moderne, Alisson est l’un des maillons forts du système défensif des Reds.

Meilleur Passeur

Pour (certainement) sa dernière saison à Londres, le belge a ébloui les fans de Stamford Bridge de performances de grand standing. C’est l’un des rares éléments offensifs de Chelsea à avoir surnagé. Auteur d’un double-double (16 buts et 15 assists) historique, Hazard rentre dans un club très fermé. Il rejoint Thierry Henry (Arsenal 2003, 24B et 20A), Matthew Le Tissier (Southampton 1995, 19B et 15A) et Éric Cantona (Leeds 1993, 16B et 15A). Il faut dire que Sarri avait concocté un schéma tactique sur mesure pour l’ancien lillois. Parfois aligné sur son côté gauche fétiche, Hazard a aussi joué dans un rôle de faux N°9 pour mieux créer le danger pour ses partenaires d’attaque.

Meilleur Entraîneur

Ce titre aurait pu revenir au manager allemand de Liverpool. Mais pour la première fois depuis 2009, Guardiola est parvenu à conserver son trophée de champion d’Angleterre. Un back-to-back très compliqué d’après l’intéressé lui-même : « Le titre le plus dur que j’ai remporté. » Une performance hors norme. En deux exercices, City totalise pas moins de 198 points sur 228 possibles. Son équipe est une véritable machine à marquer (201 buts) et défend très bien malgré son penchant vers l’offensive (50 buts pris). Pourra t’il égaler Sir Alex Ferguson (triple vainqueur en 1999, 2000, 2001 et 2007, 2008 et 2009) en remportant l’édition 2019/20 ? Réponse en mai prochain.

Voilà pour cet épilogue de la saison 2018/19 de Premier League. Toute la rédaction de Zone Mixte espère que vous avez apprécié nos analyses et reportages. Nous vous donnons rendez-vous pour la reprise le 10 août prochain.