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Mikel Arteta : un ex-Gunner aux affaires ?

Fortement pressenti pour devenir le nouvel entraîneur d’Arsenal après le court intérim assuré par Freddie Ljungberg, Mikel Arteta retrouverait ainsi son dernier club professionnel. Zone Mixte revient sur son passage londonien. Décryptage.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

La succession d’Espagne

Londres, été 2011. Arsenal et son manager français, Arsène Wenger, connaissent une période de disette. Depuis 2005, et la victoire en FA Cup, le club du nord de la capitale britannique est sevré de titre. Que ce soit en Premier League, dans les compétitions domestiques ou même européennes, les Gunners subissent la loi des nouveaux (Chelsea) ou des anciens riches (Manchester United). Après avoir déjà perdu Thierry Henry en 2007, les londoniens s’apprêtent à voir partir une autre icône locale : Cesc Fàbregas.

Arrivé en Angleterre à l’âge de 16 ans en provenance la Masia (le centre de formation du FC Barcelone), et après avoir défendu les couleurs rouges et blanches pendant huit saisons, le milieu espagnol fait le chemin inverse pour retrouver son club formateur. Ce départ est un événement important tant le catalan a marqué de son empreinte la formation anglaise. Wenger, qui doit aussi faire face au transfert de Samir Nasri vers Manchester City, se retrouve devant un immense vide pour animer son milieu.

« En un seul match, Mikel Arteta s’est imposé comme un bon compromis, un bon mix entre Cesc Fabregas et Samir Nasri. » Paul Hayward, spécialiste football du quotidien britannique The Guardian

En fin observateur de la Premier League, l’Alsacien a déjà une idée sur le « remplaçant » de Fàbregas. Il opte pour son compatriote ibérique : Mikel Arteta. Egalement passé par la Masia, le Basque a un profil similaire à Cesc. Tout en ayant ses propres caractéristiques. Mais il a d’autres avantages. Mikel connait parfaitement le championnat anglais pour y évoluer depuis six ans. Débarqué à Liverpool en 2005, Arteta s’est imposé comme une pièce maîtresse de l’entrejeu des Toffees. Et il pourra encadrer les nombreux jeunes de l’équipe grâce à son expérience.

Pari réussi

A 29 ans, il s’agit d’une superbe opportunité pour Arteta de changer de dimension en rejoignant un club du Big Four. Même si Arsenal ne gagne plus rien depuis plusieurs années, le club reste une place forte du championnat anglais et dispute la Champion’s League chaque saison. Lors de son arrivée dans l’effectif londonien, Wenger le fait reculer d’un cran par rapport à Everton. Avec les Blues, Mikel était principalement utilisé comme meneur de jeu. D’ailleurs, à Goodison Park, il portait le N°10 sur ses épaules.

Précieux à la récupération du ballon et dans l’orientation du jeu grâce à sa merveilleuse vision du jeu et sa superbe qualité de passe, l’Espagnol ne souffre d’aucune période d’adaptation. Rapidement, il s’impose comme un titulaire régulier. Et pour la dix-septième fois consécutive, Arsenal se place dans le top quatre. Élu par les fans dans un sondage comme l’un des joueurs les plus importants de l’année lors des saisons 2011/12 et 2012/13, Arteta est très apprécié par les supporters. Une reconnaissance partagée par Arsène Wenger.

« Cesc était le meilleur joueur d’Arsenal et faisait partie du « Top 3 » de la Premier League. Je n’ai pas la prétention d’être à ce niveau. Nous avons des personnalités et un style de football différents. Je dois trouver ma propre voie pour réussir à Arsenal. » Mikel Arteta

Le manager lui attribue des responsabilités. Dans un premier temps, il est nommé vice-capitaine suite au départ de Robin van Persie. Puis, il hérite du brassard à l’aube de la saison 2014/15. Pendant son séjour à Londres, Mikel embellit son palmarès de plusieurs titres (2 Community Shield et 2 FA Cup) ajoutant sa pierre à l’édifice au record de victoires en coupe d’Angleterre (13). Mais son expérience est également marquée par des blessures. Elles vont gâcher la fin de sa carrière et précipiter sa retraite sportive.

Un physique défaillant

En effet, sa carrière londonienne est marquée par des pépins physiques. Plus ou moins importants. Comme lors de ce déplacement à Liverpool où après un choc inopiné avec Jordan Henderson, Arteta est évacué de Anfield sur une civière avec un masque à oxygène sur le visage. Une fracture de la mâchoire avec commotion cérébrale est évoquée. Finalement, plus de peur que de mal. Le Basque est même de retour sur le terrain neuf jours plus tard contre Newcastle.

Mais face Wigan (défaite 1-2), en avril de la même année, Mikel souffre de la cheville. Victime d’une lésion des ligaments, il met fin prématurément à sa saison. Pas assez remis de cette blessure, Arteta manque le début de l’exercice suivant et ne reprend le chemin des terrains qu’en septembre. Malgré son nouveau statut de capitaine, le milieu espagnol ne participe qu’à onze rencontres (toutes compétitions confondues) lors de la saison 2014/15 devant céder son brassard à Per Metersacker pour la finale de FA Cup contre Aston Villa (4-0).

« Arteta a sûrement beaucoup appris de son premier poste d’entraîneur adjoint à Man CityIl devra maintenant faire face au fait qu’il n’a aucune expérience à ce niveau et il devra donc bien s’entourer. » – Arsène Wenger

En dépit de ses soucis physiques, Arsenal et Wenger ont conservé leur confiance en lui. La prolongation de contrat d’un an signée au début de la saison 2015/16 en est la preuve. Cependant, son temps de jeu reste anecdotique. Aligné à douze reprises, il est remplaçant lors de l’ultime journée de championnat. Dernier match de sa carrière, une de ses frappes est repoussée par la transversale. Le gardien de Villa, Mark Bunn, lui fait un cadeau d’adieu en propulsant son tir dans ses filets. A l’issue du match, les supporters lui offrent une standing-ovation.

Quelques jours plus tard, Mikel annonce officiellement la fin de sa carrière et le début de sa nouvelle. Dès l’été 2016, il rejoint le staff de Pep Guardiola à City pour apprendre le métier. Et il n’a pas choisi le plus mauvais professeur avec le Catalan. Après trois et demi d’apprentissage, Arteta s’apprête à devenir N°1. Reste à savoir si le Basque a bien retenu les leçons de son mentor.