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Lazio : la filière argentine

Arrivé en 2018, l’attaquant Joaquín Correa s’inscrit dans la grande tradition des Albiceleste à avoir séjourné dans la capitale italienne. La rédaction de ZoneMixte vous propose cinq argentins emblématiques de la Lazio.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Matías Almeyda (1997/00)

Milieu défensif tenace, dynamique et endurant malgré sa petite stature, Almeyda s’inscrit dans la lignée des joueurs argentins à la grinta légendaire. Mais il serait réducteur d’enfermer ce joueur dans le rôle du récupérateur agressif. Si Matías savait se faire apprécier grâce à son leadership, sa intelligence tactique et sa capacité à presser ses adversaires, il possédait également une très bonne qualité de passes et pouvait initier des offensives après avoir gratté le ballon.

« Quand j’étais à la Lazio, je partageais le terrain avec Veron et Mancini. Et je devais courir pour nous trois. » – Matías Almeyda

Le natif de Azul, dans la banlieue de Buenos Aires, se distingue particulièrement en 1999 lors de la victoire en Coupe des Coupes (dernière édition) et en 1999/00 où il remporte le doublé (Scudetto / Coppa Italia). Il en profite pour inscrire son seul but de la saison contre Gianluigi Buffon d’une reprise de volée explosive de 35 mètres. Sven-Göran Eriksson aimait l’associer à son compatriote Juan Sebastián Verón (voir plus bas) dans un système en 4-4-2. Les deux compatriotes animaient l’entrejeu romain, Verón apportant la créativité et Almeyda la force.

Juan Sebastián Verón (1999/01)

Juan Sebastián Verón arrive à Roma avec l’étiquette de meilleur milieu relayeur de Serie A. La Lazio est son troisième club transalpin après des expériences avec la Sampdoria et Parme. Il se distingue par sa capacité de dicter le rythme de jeu de son équipe. Véritable maître à jouer d’une Lazio conquérante, sa vision et sa créativité sont des atouts indéniables dans la conquête du Scudetto 2000. Son palmarès ne se résume pas à ce titre. Lors de son séjour dans le Latium, Juan ajoute également une Super Coupe de l’UEFA, une Coupe d’Italie, une Super Coupe d’Italie.

« La Lazio est l’endroit où j’ai eu la plus grande constance. Deux ans toujours au top, sans chute. » – Juan Sebastián Verón

Verón s’appuie aussi sur une lourde et précise frappe de balle. D’ailleurs, pour sa première saison, il marque huit buts. Sa capacité à jouer long est une véritable arme pour cette Lazio, très habile dans l’art de la contre-attaque. Impliqué, avec son agent Elena Tedaldi, dans la polémique sur l’octroi de faux passeport italien pour éviter la législation sur les joueurs non communautaire (finalement blanchi en 2007 mais son agent est condamné à 15 mois d’emprisonnement), il quitte l’Italie pour l’Angleterre et Manchester United explosant le record de transfert à l’époque (28M€).

Diego Simeone (1999/03)

Arrivé à Rome dans le cadre du transfert de Bobo Vieri à l’Inter, El Cholo arrive au bon moment dans cette équipe dirigée par Sven-Göran Eriksson. Pour le centenaire du club, la Lazio réalise une saison exceptionnelle. D’abord en guise d’apéritif, une Super Coupe d’Europe. Puis comme plat de résistance un Scudetto arraché à la Juve lors d’une dernière journée dantesque. Et enfin en dessert, une Coppa Italia remportée contre … l’Inter. Un triplé magnifique pour les Biancocelesti

« Deux années auparavant, j’avais disputé un match similaire face à la Juve avec l’Inter. Ils étaient premiers, nous étions deuxièmes. Il y avait eu tout un bordel avec ce penalty non sifflé sur Ronaldo, et nous avions perdu 1-0. J’avais retenu une chose de ce match : dans une telle rencontre, tu auras toujours une occasion. Et celle-là, il faut la mettre  » – Diego Simeone sur son but décisif inscrit face à la Juventus

Avec Matías Almeyda, Roberto Sensini et Juan Sebastián Verón, ils complètent la colonie argentine présente à Rome. Redoutable meneur d’hommes, sa grinta légendaire fait des étincelles à l’Olimpico. Cependant, il ne peut empêcher son éternel rival : la Roma s’emparer du Scudetto 2001. Diego connait aussi une grave blessure au genou en 2001/02. Par la suite, la Lazio ne parvient plus à réellement se mêler dans la course au titre. Et après six années dans le calcio, Simeone retrouve son ancien club : l’Atlético de Madrid.

Hernán Crespo (2000/02)

Après avoir sévi pendant quatre saisons en Émilie-Romagne sous les couleurs de Parme, Hernán Crespo débarque à Rome avec la réputation de serial buteur. Attaquant axial rapide, puissant et complet, il se révèle rapidement grâce à un sang-froid exceptionnel face au gardien. Lors de sa première saison, Crespo enfile les buts comme des perles et rafle le titre de capocannoniere 2001 avec 26 réalisations (cinquième joueur dans l’histoire du club à remporter cette récompense). Capable de scorer des deux pieds ou de la tête, son jeu sans ballon avec des déplacements tranchants donne également des maux de têtes aux défenseurs de Serie A.

« Crespo était extraordinaire, il savait tout faire. Sa meilleure qualité était certainement la finition mais il avait une caractéristique : où il était, le ballon arrivait. » – Roberto Mancini sur le placement de Crespo.

Suite à cette bonne saison marquée par la victoire en Super Coupe d’Italie, l’exercice suivant est plus compliqué pour les Biancocelesti. Si l’efficacité devant le but du bomber argentin ne faiblit pas avec encore 20 buts (toutes compétitions confondues) en dépit de quelques blessures musculaires, la Lazio n’en profite pas et glisse dans la hiérarchie du classement avec une sixième place. Engluée dans les problèmes financiers, la Lazio (déjà orpheline de Nedvěd et de Verón) doit se résoudre à vendre son goleador à l’Inter Milan pour la somme de 36M€ (très gros transfert à l’époque).

Claudio López (2000/04)

Après quatre saisons à Valence ponctuée par une finale de Champion’s League perdue (3-0) contre le Real Madrid, El Piojo s’engage avec la Lazio à l’été 2000. Pour ses débuts sous ses nouvelles couleurs, le nouveau n°7 romain se signale par un doublé inscrit en cinq minutes chrono contre l’Inter en Super Coupe d’Italie (victoire 4-3). Mais en novembre, une grave blessure au genou contractée face à Brescia le laisse sur le carreau pour de long mois.

« C’est ce fou de Corradi, il voulait faire ces choses. J’ai marqué trois buts contre l’Inter (un coup du chapeau en 35′ en 2002) et nous avons fait la danse d’Aserejé. » – Claudio López

De retour sur les terrains après une longue convalescence, Claudio démontre enfin ses grandes capacités offensives. Attaquant polyvalent, pouvant évoluant sans difficulté dans l’axe ou sur une aile, très rapide, technique, dribbleur et doté d’une puissante de frappe du pied gauche, l’argentin réalise un bon passage avec notamment deux saisons complètes (10 et 15 buts). Malgré les graves problèmes économiques, il ne quitte pas le navire, gagne le cœur des tifosi et remporte la Coppa Italie 2004.

Plusieurs grands noms du football argentin ont porté les couleurs biancocelesti de la Lazio. Peut-être en rapport avec celles du maillot de la sélection sud-américaine ? Et avec la présence de Joaquín Correa dans l’effectif actuel de l’équipe de Simone Inzaghi, la tradition est respectée.