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Kevin Keegan : from Liverpool to Newcastle

En ouverture de la J5 de Premier League, les Reds accueillent les Magpies à Anfield. ZoneMixte retrace le parcours de Kevin Keegan : joueur de légende avec Liverpool, manager iconique à Newcastle et véritable trait d’union entre les deux villes du nord de l’Angleterre.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Liverpool FC : 1971/77

Recommandé par le chef scout Geoff Twentyman, et sur l’approbation de Bill Shankly, Keegan arrive sur les bords de la Mersey en provenance de son club formateur Scunthorpe United évoluant alors en Fourth division. Il a seulement 20 ans et évolue encore comme milieu droit. Très rapidement, lors des entrainements de pré-saison, sa propension à l’attaque et son manque de discipline tactique pour tenir son poste incitent Shankly à repositionner sa nouvelle recrue plus haut sur le terrain. Kevin profite d’une opposition entre l’équipe première et la réserve pour marquer quatre buts et valider l’idée de son entraineur. Désormais associé à John Toshack, l’aventure est lancée. Et les débuts sont fracassants avec un but dès la 12′ minute pour son premier match à Anfield contre Nottingham Forest.

Très vite, son incroyable technique individuelle couplée à une rapidité de mouvement et une grande vitesse d’exécution séduisent le Kop. Si sa première saison se solde par une place sur le podium (3ème), la seconde est couronnée de succès avec l’obtention du titre devant Arsenal et le Leeds United de Don Revie. Sept ans après le dernier trophée en First division. Liverpool découvre aussi les joies de la victoire en Europe avec un succès en Coupe UEFA 1973 contre le Borussia Mönchengladbach de Rainer Bonhof, Jupp Heynckes, Günter Netzer, Allan Simonsen et Berti Vogts. Si ensuite les Reds perdent leur couronne au profit de Leeds malgré les nombreuses réalisation de KK, il remporte la FA Cup 1974 contre … Newcastle. D’ailleurs, Keegan se signale en demi-finale en lobant astucieusement le grand Peter Shilton.

« La seule chose que je crains, c’est de manquer un but ouvert devant le Kop. Je mourrais si cela arrivait. Quand ils commencent à chanter « You’ll Never Walk Alone », mes yeux se mettent à pleurer. Il y a eu des moments où j’ai pleuré pendant que je jouais. » – Kevin Keegan

Après une nouvelle saison blanche en 1975, Liverpool devient ensuite injouable pour leurs adversaires. Les Reds s’adjugent deux nouveaux titres nationaux (1976 et 1977), une coupe UEFA (1976) gagnée contre Bruges et la première Coupe des Clubs Champions du club (1977) contre le Borussia Mönchengladbach où Keegan retrouve Berti Vogts. Composée de Ray Clemence, Phil Neal, Ray Kennedy, Terry McDermott et dirigée par Bob Paisley, l’équipe des Reds compte de nombreux talents. Cependant, les Scousers manquent un triplé historique en perdant la finale de la FA Cup contre … MU, leur meilleur ennemi. Comme il l’avait annoncé au cours de la saison 1976/77, il quitte Liverpool avec 323 matchs et 100 buts au compteur pour tenter l’aventure à l’étranger.

Submergé par les offres venues de toute l’Europe, il choisit Hambourg. Les allemands dépensent £500 000. Transfert record pour la Buli. Son remplaçant vient du Celtic et se nomme … Kenny Dalglish. Après avoir connu la fortune et la gloire en RFA, avec notamment un titre de Bundesliga (1979) et deux Ballon d’Or en 1978 et en 1979, l’international anglais rentre au pays avec des passages à Southampton et à Newcastle. Keegan guide les Magpies jusqu’à la promotion en 1984. A 33 ans, Kevin décide de ranger définitivement les crampons après une dernière pige en Australie avec Blacktown City. Parti vivre en Espagne et quitte le monde du football pendant huit ans. Un long break avant de replonger dans le bain pour prendre la direction de … Newcastle.

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Newcastle United : 1992/97 et 2008

A l’issue de son immense carrière de joueur, Keegan déclare ne jamais vouloir devenir manager. Installé en Espagne, il est consultant occasionnel pour la télévision britannique. Cependant, la situation sportive très compliquée de son ancien club : Newcastle, à la lutte pour ne pas descendre en Troisième division, l’oblige à revenir sur sa décision. Le maintien est assuré à la dernière journée de championnat avec une 20 ème position (sur 24). Le pire classement de l’équipe du nord-est du Royaume. Kevin obtient alors du président John Hall une enveloppe conséquente pour renforcer l’effectif. Et la saison suivante est une totale réussite. Avec les arrivées de John Beresford et Barry Venison, plus Andy Cole en février 1993 (auteur de 12 buts lors de ses 12 premiers matchs), Newcastle survole la nouvelle Division One, décroche la promotion et le titre.

Promu en Premier League, Keegan rapatrie Peter Beardsley six ans après son départ de Newcastle pour Everton. Sur leur lancée, les Magpies réalisent une super saison avec une troisième place, synonyme de qualification européenne, pour la première fois depuis les 70’s. Le duo Andy Cole / Peter Beardsley est étincelant. Cole claque 34 buts en 40 matchs (41 TCC un record). Philippe Albert et Marc Hottiger arrivent au mercato estival suivant. Et Newcastle poursuit sa bonne série avec des débuts canons en championnat. Mais le départ de Andy Cole pour MU en janvier 1995 conjugué à la très bonne forme de Blackburn et Manchester United, à la lutte pour le titre, rabaisse les ambitions du club (6 ème). Temporairement.

« Les deux personnes qui peuvent sauver Newcastle sont en train de se parler, vous avez la passion et j’ai l’argent. » – Sir John Hall à Kevin Keegan

Grâce à un investissement massif pour l’époque (£16M au total), Keegan améliore encore son squad avec les transferts de Faustino Asprilla, Warren Barton, David Batty, Les Ferdinand, David Ginola et Shaka Hislop au cours de la saison 1995/96. L’excellent début de saison valide ces fortes dépenses sur le marché des transferts avec une avance de +10 au 23 décembre 1995 et même +12 au 04 février 1996 au classement. Mais la belle machine s’enraille à partir de la défaite concédée face à West Ham. Par la suite, les Magpies lâche du terrain et voit dans son rétroviseur revenir un Manchester United déchaîné. Les Red Devils viennent même s’imposer à St James’ Park (0-1, but de Cantona) dans un duel au sommet. A égalité (76 pts) à deux journées de la fin, Newcastle n’empoche qu’un point et laisse le titre à son rival.

Touché mais pas (encore) coulé, le manager s’offre Alan Shearer, double meilleur buteur en titre de Premier League. Son impact est immédiat en dépit de la lourde défaite (4-0) inaugurale contre MU lors du Charity Shield. Newcastle parvient même à s’installer en tête de la ligue pendant cinq journées. Mais, à la surprise générale, Keegan démissionne de son poste en janvier 1997 estimant ne pas pouvoir emmener l’équipe plus haut. Et comme 20 ans plus tôt, lors de son départ de Liverpool, Kenny Dalglish prend sa succession sur le banc de Newcastle. Après plusieurs expériences (Fulham, Angleterre, Man City), « King Kev » revient en 2008 pour jouer les pompiers de service. Après huit matchs sans victoires, le trio offensif Obafemi Martins, Michael Owen et Mark Viduka lui permet de faire une série positive (4 V, 3N) et d’assurer le maintien. L’expérience tourne court. Keegan démissionne après des divergences avec sa direction à l’aube de la saison 2008/09.

Joueur de légende à Liverpool et manager à succès, malgré l’absence de titre, à Newcastle, Kevin Keegan symbolise parfaitement ce trait d’union entre ces deux clubs. Aussi bien sur le terrain que sur le banc, il a su écrire les plus belles pages de l’histoire des ces deux institutions.