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Hellas Verona : les joueurs clés du titre

En 2020, le Hellas Verona fêtera le 35 ème anniversaire du premier et unique Scudetto de son palmarès. Face aux géants de l’époque : la Juve de Platini, l’Inter d’Altobelli, la Roma de Pruzzo et le Napoli de Maradona, le club vénitien écrit l’histoire. Retour sur deux joueurs majeurs de ce succès inédit.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Même si le Hellas est l’un des plus vieux club d’Italie, les Gialloblù ont passé l’essentiel de leur histoire en Serie B. Et même si, depuis leur retour parmi l’élite en 1982, Verona étonne par son parcours, personne n’imagine voir ce « petit » club s’ajouter à la longue liste des Campioni.

Hans-Peter Briegel

A l’époque, la Serie A est très concurrentielle. Nous sommes à une période où les meilleurs étrangers évoluent dans la Péninsule. Verona réalise deux superbes coups sur le marché des transferts en attirant dans la cité de Roméo et Juliette le rugueux défenseur ouest-allemand : Hans-Peter Briegel. Champion d’Europe avec la RFA en 1980, ce joueur athlétique âgé de 29 ans quitte son club formateur (le FC Kaiserslautern) où il a évolué pendant pratiquement une décennie.

« Une force de la nature, qui ratissait et qui, en plus, a marqué plusieurs buts importants. Il nous a amené l’expérience qui nous manquait. » – Silvano Fontolan, stoppeur de Verona de 1982 à 1988

Ce mouvement en Italie est un aboutissement de défenseur d’un mètre quatre-vingt-huit. Très expérimenté, Hans-Peter est recruté pour consolider le secteur défensif et également apporter son allant offensif grâce à ses montées rageuses balle au pied. Cet ancien athlète de haut niveau (triple saut, saut en longueur et même décathlon) pendant son adolescence s’impose régulièrement dans le jeu aérien défensif et … offensif. Avec neuf buts au compteur lors de cette saison, Briegel sait aussi se montrer décisif.

La perspective d’affronter un défenseur aussi redoutable que Briegel ne devait pas enchanter les meilleurs attaquants du monde présents en Serie A. D’ailleurs, en dépit de cette pléiade de buteurs redoutables, Verona et Briegel ont réussi à conserver leur but inviolé à seize reprises sur trente possibles. Ils ne concèdent que deux défaites (contre Avellino et le Torino). Et ils terminent meilleure défense du championnat avec dix-neuf buts concédés. Une performance de très haut niveau dont le défenseur Ouest-Allemand est l’un des principaux acteurs.

Preben Elkjær-Larsen

Membre de la «Danish Dynamite», Preben Elkjær-Larsen débarque en Italie en provenance du club belge de Lokeren. Au plat pays, le danois est surnommé de Den Gale Mand fra Lokeren (le fou de Lokeren). Aussi bien pour son sens du but que pour goût de la fête. Mais même si Elkjær-Larsen sort en boîte et fume beaucoup, il donne tout sur le terrain. Buteur puissant et vif, le danois possède un style peu orthodoxe mélangeant le combat physique et un sens du dribble particulièrement efficace grâce à un changement de rythme qualifié de dévastateur.

« Un grand déconneur, un mec extra hors du terrain, mais quand il enfilait le maillot, il se transformait. Il nous apportait beaucoup de profondeur et était très rapide. » – Silvano Fontolan

Dès son arrivée, Preben se fait adopter par les tifosi véronais. Sa détermination et sa puissance plaisent. Lors de la cinquième journée de Série A, Elkjær-Larsen marque un but mythique à la Juventus (2-0). Suite à une remise en jeu (5,5 m) effectuée par son défenseur, le Bison récupère le ballon sur le côté gauche aux alentours de la ligne médiane. Il percute sur l’aile, dépose son adversaire, résiste à sa charge désespérée et efface un dernier défenseur avant d’ajuster le portier turinois.

Dans sa folle course, Elkjær-Larsen perd sa chaussure droite mais cela ne l’empêche pas de marquer … du droit. Cette réalisation reste comme l’un des buts historiques de la Série A. Avec huit buts en vingt-trois apparitions, le danois est loin des meilleurs buteurs de la saison (Platini est le capocannoniere avec 18 réalisations). Cependant, son impact offensif est indéniable lors de ce sacre incroyable pour un club dirigé d’une main de maître par le technicien Osvaldo Bagnoli.

Si Briegel n’est resté que deux ans en Vénétie avant de rejoindre la Samp pour y terminer sa carrière en 1988, il reste un des héros de ce Scudetto improbable. Elkjær-Larsen, lui, passe quatre ans à Verona. Mais l’histoire d’amour continue encore entre le danois et sa ville d’adoption. Si les tifosi voulaient le voir à la tête de la mairie quand il portait le maillot Gialloblù, le premier magistrat de Verona l’a nommé citoyen honoraire. Une belle reconnaissance pour le Bison.