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Du foot version US

La saison dernière, Zone Mixte vous a emmené en Angleterre pour le Boxing Day et en Allemagne pour la J28 de Bundesliga. Cette fois, nous vous emmenons aux USA pour découvrir l’ambiance d’un match de Major League Soccer. Come On !

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

A la découverte de la MLS

Avant de porter notre choix sur le soccer, il faut savoir qu’en cette période de l’année (fin juin / début juillet) le sport est en stand-by aux USA. Les sports majeurs tels que le basket, le foot US ou le hockey sur glace sont terminés. En fait, seuls le baseball (également sport majeur) ou la MLS restent au programme. Si la perspective d’une rencontre de MLB (Major League Baseball) m’enthousiasmait, elle n’égayait pas mon cousin. Peu friand des bunts et des homeruns. Le soccer s’est vite imposé comme une évidence.

En examinant le calendrier, nous avions le choix entre les New York Red Bulls ou le New York City Football Club. L’ancienne franchise de Thierry Henry évolue dans le New Jersey à la Red Bull Arena située à Harrison. Pour y parvenir, il faut compter environ une heure en transport en commun. Finalement, nous avons opté pour le NYCFC et le Yankee Stadium. Lors des rencontres à domicile, l’ancienne équipe de Andrea Pirlo ou David Villa s’installe dans ce temple du baseball reconverti (temporairement) pour l’occasion en terrain de foot.

Situé dans le Bronx, à seulement 30 minutes de métro de son domicile, le Yankee Stadium a connu un relifting complet entre 2006 et 2009. D’une capacité totale de 50291 places en configuration baseball, elle est réduite à 30321 spectateurs pour le football. L’ambiance autour du stade est bonne. Un groupe de supporters new yorkais tape sur des tambours pour faire grimper la température. Le tempo est entrainant. Au milieu du groupe, nous distinguons un fan avec un maillot du Pérou. La Copa America est encore en cours au moment du match.

Dans le stade

En arrivant dans les coursives, nous découvrons le portrait de légendes des Yankees comme Joe DiMaggio ou Babe Ruth. Le merchandising est omniprésent avec plusieurs boutiques aux couleurs des clubs locaux (baseball ou foot). Le commerce marche à plein régime. D’ailleurs, les tarifs sont assez élevés. Une bière coûte 14$, un sandwich 20$. Business is business. Après avoir acheté un tee-shirt « souvenir », nous pénétrons dans notre tribune. Grâce à un site spécialisé dans la revente de tickets, nous avons trouvé des sièges très bien placés pour seulement … 9$. Nous sommes derrière les buts, un peu excentré vers le poteau de corner. Mais très près du terrain. L’échauffement est en cours.

Petit à petit, les tribunes se remplissent. Le groupe de supporters rencontré avant d’entrer dans le stade a pris place dans la fan zone, située en face de nous, assurant une atmosphère très latino. Le troisième étage de la prestigieuse enceinte n’est pas ouvert pour l’occasion. Les gens viennent en famille, entre amis pour voir le show. De temps en temps, nous entendons quelques encouragements. Mais surtout c’est l’occasion d’échanger et de bavarder avec son voisin. Parfois même au détriment du match.

Peu avant le coup d’envoi, des pompiers en tenue de cérémonie forment une haie d’honneur avec des écharpes aux couleurs du club. Les joueurs locaux y passent dessous avant d’entrer sur la pelouse. D’autres soldats du feu portent fièrement le drapeau américain. L’hymne national résonne. « The Star-Spangled Banner » est chanté a capella par une jeune fille. Comme avant chaque rencontre ici. Puis, les deux équipes se partagent le rectangle vert. Elles se mettent en place tranquillement. Le match peut commencer.

Le match

NYCFC : Stuver; Tinnerholm, Ibeagha, Ring, Chanot, Sweat; Tajouri, Moralez, Parks, Mitrita; Castellanos Remp. D. Bedoya, Ofori et Torres Entraîneur : Torrent

Phillie Union : Freese; Gaddis, Elliott, Trusty, Wagner; A. Bedoya, Medunjanin; Ilsinho, Monteiro Alvangera, Picault; Przybylko Remp. Fabian et Santos Entraîneur : Curtin

Philadelphie se déplace à New York City avec la casquette de leader de la Conférence Est. Le club local est dans la zone qualificative pour les Play-Offs. C’est une belle affiche. Et les visiteurs se mettent rapidement en évidence. Dès la 7′, sur une attaque placée, Picault est servi dans la surface d’un subtil ballon aérien de Monteiro. Ring manque son interception de la tête et Chanot est trop loin pour intervenir. L’enchaînement amorti poitrine et tir en pivot du droit, dans le petit filet, ne laisse aucune chance à Stuver : 0-1. En dépit de ce début de match compliqué, NYCFC ne se résigne pas et repart de l’avant.

L’équipe new yorkaise domine, elle a davantage la possession du ballon. Sur un long ballon en profondeur, Tinnerholm s’infiltre dans la surface côté droit. Il crochète deux défenseurs et tente sa chance du gauche. Le gardien est battu mais c’est dégagé sur sa ligne par Elliott. La menace se rapproche. Puis, sur un long ballon anodin (finalement plus un grand dégagement transformé en assist) de Moralez, Castellanos échappe à la charnière centrale. Il file vers le but, il élimine son défenseur d’un petit crochet mais ce dernier le met à terre. L’arbitre accorde logiquement un penalty, facilement transformé à la 23′ par Moralez : 1-1. Le public est ravi mais Union réplique quelques minutes plus tard et reprend l’avantage.

« Je travaille très dur tous les jours pour être prêt (…). Je me prépare et je veux être utile au groupe. » Valentín Castellanos

A la 30′, Przybylko envoie une superbe demi-volée à l’entrée de la surface sur une belle action initiée côté droit par Ilsinho. On note l’astucieuse remise en retrait de Monteiro sur le centre du brésilien : 1-2. C’est le score à la pause. Au retour des vestiaires, New York reprend sa domination territoriale. Castellanos récupère un ballon errant devant la surface, il pénètre dans la boîte et il est bousculé illicitement par Bedoya. Nouveau penalty, même tireur et même punition : 2-2 à la 55′. Sur une nouvelle action des locaux à la 71′, l’ancien joueur de Bergame et meneur de jeu du NYCFC décale son compatriote Castellanos. L’argentin déclenche très rapidement une frappe croisée précise à l’entrée de la surface pour le 3-2

Pour enfoncer le clou et assurer la victoire, le duo sud américain combine une nouvelle fois dans l’axe et dans les 20 derniers mètres. Le une-deux parfaitement exécuté permet à Castellanos de se présenter devant Freese, de le tromper d’un merveilleux petit piqué de l’exter du droit et de s’offrir un beau doublé en quelques minutes (78′) : 4-2. Le score n’évolue plus. NYCFC se paie le leader dans un match disputé devant 24 451 spectateurs. Malgré cette défaite, Union conserve la tête du classement. New York confirme sa place dans la course aux Play-Offs.

« Particulièrement aujourd’hui, c’est très important quand vous jouez contre le leader de notre conférence, d’avoir pu revenir au score et obtenir un résultat. C’est très important, même pour l’avenir, pour nous parce que si vous êtes capables de revenir dans ce genre de match, vous pouvez gagner un autre match quand vous avez des problèmes. » Dome Torrent, entraîneur du NYCFC

Très bonne expérience pour ce premier match de MLS. La majesté du lieu et la rencontre avec beaucoup de buts y ont beaucoup contribué. L’ambiance n’était pas forcément exceptionnelle mais l’affluence était plus que correcte. En conclusion, nous avons passé une très bonne soirée à la découverte du soccer aux USA en attendant la reprise de la saison sur le continent européen.