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Billy Bonds : une légende de West Ham United

A l’instar de Bobby Moore ou de Trevor Brooking, William « Billy » Bonds est une véritable légende des Hammers. Peut-être même le joueur préféré des supporters de West Ham. Retour sur la carrière de Bonzo.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Les débuts

Billy Bonds débarque à West Ham en 1967 contre une indemnité de £50,000 pour son ancien club de Charlton. Repéré au sud de Londres par l’entraîneur des Hammers de l’époque (et futur sélectionneur anglais entre 1977 et 1982) Ron Greenwood, Bonds débute sous ses nouvelles couleurs au poste d’arrière latéral droit. Billy occupe cette position pendant trois saisons. Omniprésent au cours des saisons 1968-1969 et 1969-1970, il dispute 124 matchs de championnat consécutifs avant de devoir interrompre cette incroyable série en octobre 1970 à cause d’une blessure.

« C’était un leader. Il montrait l’exemple, il avait le cœur sur la main et tu ne pouvais pas faire autrement que de réagir à la façon dont il jouait le match. » – Sir Trevor Brooking, coéquipier de Billy Bonds pendant 17 saisons.

Au début de la saison 1970/71, Greenwood le replace au milieu du terrain. Ce repositionnement est stratégique. Il s’agit pour le coach londonien d’équilibrer ce secteur de jeu avec un élément défensif comme Bonds afin de laisser plus de liberté à Trevor Brooking, joueur élégant et créatif. Mais ce nouveau poste n’empêche pas Billy de se montrer dangereux sur le plan offensif comme en témoigne ses 13 buts lors de la saison 1973/74 dont un hat trick contre Chelsea lui assurant (temporairement) la tête du classement des buteurs.

Les succès

Hammer of the Year (titre honorifique de meilleur joueur du club) en 1971, il récidive en 1974 et 1975. Et pour cause, les 70’s sont sûrement l’apogée de la carrière de Bonzo. Quand l’emblématique Bobby Moore quitte West Ham pour Fulham après seize années passées au club, les Irons sont à la recherche d’un nouveau capitaine pour la première fois depuis 12 saisons. La responsabilité est énorme. Succéder au capitaine de l’équipe d’Angleterre, victorieuse en 1966, n’est pas une mince affaire. Pourtant, sans hésiter, Billy prend le brassard.

« Ce que Billy représente dans ce club de football, non seulement pour les joueurs qui signent pour nous, mais pour tous les fans, ce sont les performances, le travail acharné, le courage et la détermination avec lesquels il a joué. Il incarne ce club. » – Mark Noble, formé au club et capitaine de West Ham.

Et avec ce bout de tissu autour du bras gauche, le vaillant milieu de terrain va guider son équipe vers le succès avec deux victoires en FA Cup 1975 contre Fulham (2-0) et 1980 contre Arsenal (1-0). D’ailleurs, en 1980, West Ham évolue en deuxième division. A ce jour, aucune autre équipe venant d’une division inférieure à la Premier League n’a plus remporté cette compétition. A cette occasion, il devient le seul capitaine de West Ham à avoir soulevé deux fois la Cup. Le triomphe aurait pu être encore plus significatif avec cette finale de Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe 1976 perdue contre Anderlecht (2-4).

Une loyauté à toute épreuve

Comme nous venons de le voir, West Ham est relégué à l’issue de la saison 1977/78. Suite à cette descente en deuxième division, aucune vague de départ massif n’est enregistrée. Au contraire, Bonds est au centre d’un noyau de joueurs qui décide de rester au club pour l’aider à remonter au plus vite parmi l’élite. Ce choix démontre tout l’attachement envers leur club et leurs couleurs. Leurs efforts sont récompensés en 1981 avec l’accession à l’étage supérieur. Repositionné en défense centrale depuis 1977, Billy Bonds fait merveille alliant solidité et relance propre.

« Je dois beaucoup non seulement à Ron Greenwood et John Lyall parce qu’ils se sont occupés de moi, mais je dois beaucoup aux fans parce qu’ils m’ont donné un si grand soutien. » – Billy Bonds

Parfois même en s’autorisant des chevauchées vers l’avant depuis sa moitié de terrain. Joueur de devoir, il dépasse le record de Bobby Moore en 1982. Deux ans plus tard, Bonzo prend sa retraite. Enfin, pas pour longtemps. En août 1984, soit trois mois plus tard, il reprend du service pour palier à une hécatombe de blessés. Bonds, lui-même handicapé par plusieurs blessures, poursuit néanmoins son aventure pendant quatre ans. Hammer of the Year 1987, il met un terme définitif à son immense carrière un an plus tard à l’âge de 41 ans et 226 jours.

Avec 799 matchs sous le maillot Claret et Blue, Bonds détient le record d’apparition pour le club de l’East London. Peut-être moins majestueux que Bobby Moore, moins élégant que Trevor Brooking mais certainement l’un des meilleurs joueurs de West Ham.