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Beppe Signori : renaissance à Bologne

Au crépuscule de sa carrière, Giuseppe Signori va connaître une seconde jeunesse sous les couleurs de Bologne. Très vite, « Beppe » devient le leader de l’attaque des Felsinei. Retour sur son passage remarqué en Emilie-Romagne.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Le départ de la Lazio

Après cinq saisons passées dans la capitale, où Beppe est devenu un vrai bomber *, la belle histoire entre les deux parties s’achèvent brutalement en décembre 1997. Sven-Göran Eriksson, fraîchement nommé entraîneur en remplacement de Dino Zoff, ne compte plus sur l’attaquant de poche (1M71 pour 68 kg) et capitaine du club. Dans un premier temps, Signori trouve une porte de sortie à Gênes.

« Moi, je serais resté à vie à la Lazio. » – Giuseppe Signori

Mais l’expérience avec la Sampdoria n’est pas concluante. En six mois, il ne marque qu’à trois reprises et dix-sept apparitions. L’été suivant, Bologne obtient son prêt avec option d’achat. Signori quitte définitivement son club de cœur. Même si le Lombard n’a gagné aucun titre avec les Biancocelesti, il a activement participé à la montée en puissance du club romain et, malgré son départ, il demeure l’un des chouchous des tifosi.

Seconde souffle à Bologne

Quand il arrive à Bologne, Beppe vient tout juste d’atteindre la trentaine. Il a déjà quinze saisons pros dans les jambes depuis ses débuts à seize ans en 1984. Avant de connaître la renommée à Rome, Signori s’est fait remarqué avec le Foggia de Zdeněk Zeman. C’est la période de la Zemanlandia. Beaucoup pensent que Giuseppe est sur la pente descendante. Mais dès sa première saison, son pied gauche chirurgical fait parler la poudre. Pour retrouver la forme, Signori s’astreint à un entrainement sévère et perd sept kilos.

« Avec sa rapidité d’exécution, c’est impossible d’arrêter ses penaltys. » – Luca Marchegiani *

Sous la direction de Carlo Mazzone, qui lui concocte un rythme adapté à son âge, Bologne et Signori se qualifient via la Coupe Intertoto pour la Coupe de l’UEFA. Si leur parcours en championnat est moyen (9ème), ils atteignent la demi-finale de la compétition européenne sortis par Marseille dans un match retour électrique (bagarre générale à la fin de la partie). Signori marque vingt-trois buts (toutes compétitions confondues) et Bologne lève l’option d’achat. Kennet Andersson fait le chemin inverse.

Giuseppe Signori devient rapidement le fer de lance de l’attaque bolognaise. Plusieurs fois meilleur buteur du club, il brille également en Europe. Pendant les six ans de son aventure en Emilie-Romagne, Beppe devient quatrième au classement général des buteurs de Bologne en Coupe d’Europe avec 14 buts. Attaquant de petite stature, rapide, très doué techniquement, Signori est surtout connu pour sa redoutable frappe de balle. Comme un certain Gigi Riva.

L’idole du Renato Dall’Ara

Son tir du gauche enroulé au deuxième poteau devient sa marque de fabrique. Signori est également un fantastique tireur de coup de pied arrêté : coup franc direct ou penalty. Sa course d’élan sur un pas aux onze mètres devient caractéristique et un calvaire pour les gardiens adverses. Avec Siniša Mihajlović, il est le seul joueur à avoir marqué trois coups francs en un match de Serie A. Même si deux buts de « Beppegol » étaient des coups francs indirects.

« Je vous garantis que c’est un garçon en or. » – Carlo Mazzone

Pour devenir un virtuose, Beppe affine son geste technique pendant les séances d’entraînement. Il plaçait des murs « jusqu’à deux mètres de haut » à une distance plus courte que celle prévue dans le match et essayait de les franchir. Au total, Signori passe six années à Bologne. Sa plus grande expérience en club après la Lazio. Son bilan est très bon. Avec 84 buts en 178 matchs dont 68 en Serie A, « Beppegol » a vécu une seconde jeunesse à Bologne. Une renaissance. Avant de connaître une fin de carrière plus exotique.

« Usé » et « sur le déclin » lors de son départ de la Lazio, Giuseppe Signori a prouvé qu’il avait encore assez d’essence sous le capot pour faire les beaux jours de Bologne. En Emilie-Romagne, « Beppegol » a connu les « 30 Glorieuses » et une fin de carrière dorée pour un gaucher fantastique.

*Trois titres de capocannoniere en 1993 (26 buts), en 1994 (23 buts) et en 1996 (24 buts)

*Lors de la saison 1993/94, Thierry Cros (qui m’a confié cette anecdote) avait réalisé un reportage au centre d’entraînement de Tor di Quinto pour France Football avec Luca Marchegiani, Alen Bokšić, Beppe Signori et Dino Zoff. Lors de ce reportage, une séance de tirs au but avait été improvisée. Le gardien de la Lazio avait alors déclaré qu’il était impossible pour un gardien de stopper les tentatives de Signori car ce dernier avait une rapidité d’exécution exceptionnelle.