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Aston Villa : grand d’Angleterre

Club parmi les membres fondateurs de la Football League en 1888 et quintuple vainqueur de la ligue lors de la première décennie d’existence du championnat, Aston Villa est un grand nom du football anglais. De retour en Premier League après trois ans d’absence, Zone Mixte vous propose de revenir sur la dernière période de succès de ce club mythique.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Les premiers titres …

Après avoir participé à la création du championnat d’Angleterre sur l’impulsion d’un des membres de son comité directeur : William McGregor, lassé des annulations à répétition dont Villa est victime, après avoir dominé la première décennie de compétition avec cinq titres de champion entre 1888 et 1900 et trois FA Cup entre 1887 et 1897, après avoir encore remporté des trophées au début du XX ème siècle (1 titre en 1910 et 3 FA Cup en 1905, 1913 et 1920), le club de Birmingham traverse ensuite une longue traversée du désert.

Durant cette période, Aston Villa se console avec une nouvelle FA Cup en 1957 et leur première League Cup en 1961. Mais les Lions chutent aussi en deuxième division en 1937, en 1960 et en 1968. Et même connaissent un passage en troisième division en 1971. Le retour s’amorce lors de la saison 1974/75 avec la nomination sur le banc de Ron Saunders. Lors de sa première saison aux commandes, cet ancien attaquant, passé notamment par Portsmouth, parvient à ramener Villa en première division en terminant à la seconde position derrière Manchester United.

Ron Saunders

Et suite à leur victoire en League Cup contre Norwich City (1-0, but de Graydon), ils sont même qualifiés pour la coupe de l’UEFA. Mais ils chutent au premier tour contre Antwerp (4-1 / 1-0). Pour leur retour au top niveau, Villa assure le maintien (16ème). L’équipe progresse nettement la saison suivante avec une très belle quatrième place couplée à une nouvelle victoire en League Cup (la seconde en trois ans) contre Everton. Cette finale a la particularité d’avoir été disputée en trois actes (0-0, 1-1 ap et 3-2) pour déterminer la vainqueur.

… et 71 ans d’attente

De 1977 à 1980, les Villans terminent dans le top 10 (8ème, 8ème et 7ème) sans parvenir à bouleverser la domination de Liverpool (5 titres dans les années 70). Le style de management pragmatique de Saunders va porter ses fruits. Il savait motiver les joueurs, maintenir leur rythme de travail et était très exigeant. Lors de la saison 1980/81, un peu à la surprise générale, Villa remporte le championnat aux dépends de Liverpool (5ème), de Arsenal (3ème) et de Ipswich Town (2ème). Sans titre national en première division depuis 1910, Aston Villa redécouvre le chemin du succès.

« A la mi-temps, même si vous aviez marqué le but de la saison, il pouvait venir nous dire : « Vous n’avez fait que six tacles ». » – Tony Morley, à propos de Ron Saunders

Pour construire ce succès, Villa s’est appuyé sur deux longues périodes d’invincibilité de douze et dix parties répartie dans la saison dont une précieuse victoire 2-0 contre les Reds de Liverpool alors que les deux équipes étaient à égalité en tête du classement. Et même quand le destin semblait ne plus être en leur faveur, la chance leur a sourit. Comme lors de la dernière journée de championnat où Ipswich ne profite de la défaite des Villans à Arsenal (2-0). Pourtant à la mi-temps, les Tractor Boys menaient 0-1 avant de s’effondrer à Middlesbrough (2-1).

Lors de cette saison historique, Saunders n’a utilisé que quatorze joueurs tout au long de l’année dont sept (Jimmy Rimmer, Kenny Swain, Kenny McNaught, Dennis Mortimer, Des Bremner, Gordon Cowans et Tony Morley) présents à tous les matchs. Gary Shaw, Allan Evans et Peter White ont disputé respectivement 40, 39 et 36 rencontres (sur 42). Le même Peter White est sacré meilleur buteur avec 20 réalisations. Ce grand gaillard était un attaquant puissant et imposant, dangereux dans le jeu aérien et doté d’une excellente couverture de balle.

Le Graal européen

Qualifié pour la première fois de leur histoire en Coupe d’Europe, Villa débute son parcours continental par une opposition contre les Islandais de Valur. Une formalité (7-0 sur l’ensemble des deux matchs) avec notamment une victoire à domicile 5-0 (doublé de White et Donovan). Le second tour leur propose le Dynamo Berlin, club est-allemand. Les anglais s’imposent à l’extérieur 1-2 mais concèdent une défaite 0-1 au Villa Park. Sans conséquence. Cependant, un coup de tonnerre va s’abattre sur Birmingham. Après huit ans de service, Ron Saunders démissionne au mois de février 1982.

« Mon but en finale ? Je l’ai frappé à moitié avec mon pied et à moitié avec mon tibia. » – Peter White

Seulement quelques semaines avant le quart de finale contre le Dynamo Kiev de Valeriy Lobanovskiy et de Oleg Blokhin. Les raisons de ce divorce sont les mauvais résultats en championnat (15 ème place) et un désaccord contractuel avec le président Ron Bendall. Son adjoint, Tony Barton, le remplace. Après un bon nul en Union Soviétique, Villa assure sa qualif en gagnant 2-0 à domicile. Anderlecht est le dernier obstacle avant la finale. Malgré Franky Vercauteren et Tomislav Ivić sur le banc, les Belges cèdent (1-0 / 0-0) face aux Lions. L’ogre bavarois, triple vainqueur de la compétition, de Paul Breitner et Karl-Heinz Rummenigge est un adversaire de poids pour cette 27ème finale de C1 disputée à Rotterdam.

Et dès la 10′, le gardien titulaire de Villa Jimmy Rimmer se blesse à l’épaule et cède sa place à un Nigel Spink infranchissable. Dans une rencontre à sens unique et dominée par le Bayern de Augenthaler, Villa montre une solidarité exemplaire malgré les nombreuses tentatives adverses dont un magnifique retourné de Rummenigge à l’entrée de la surface. De peu à côté. En seconde période, les anglais réussissent à trouver la faille sur une superbe action collective conclue aux 5,5 par Peter White, bien servi par Morley. Dieter Hoeneß, le frère de Uli, pense égaliser. Mais il est hors jeu. Aston Villa devient le quatrième club anglais à remporter la C1 et c’est le sixième sacre consécutif pour les britanniques.

La saison suivante, Villa remporte la Super Coupe d’Europe contre le Barça (1-0 / 3-0) mais chute face à Peñarol pour la Coupe Intercontinentale (2-0). Par la suite, le club de Birmingham va rentrer dans le rang et descendre lentement vers la relégation en 1987. Ils retrouvent l’élite la saison suivante et retrouvent même le podium (2ème) lors de la première année de Premier League. Avant des saisons plus compliquées début 2010. Avec le retour de Villa en PL, le foot anglais retrouve un pensionnaire de prestige et à la riche histoire.