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SPAL Ferrara : tout faire pour rester dans l’élite

SPAL Ferrara : tout faire pour rester dans l’élite

Dans la zone rouge pendant un tiers de la saison passée, les Spallini ont finalement conservé leur place dans l’élite italienne. Cette année, Ferrara flirte encore avec la relégation. Mais les Émiliens possèdent une petite marge de sécurité (5 points) sur Bologne (18ème). Suffisante pour décrocher un nouveau maintien ? Décryptage.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

 

Une SPAL renforcée

Après environ un demi siècle (49 ans) d’absence au plus niveau national, l’équipe retrouve enfin la première division lors de l’exercice 2017/18. Une ascension très rapide. Après une faillite en 2012, la SPAL renaît de ses cendres l’année suivante sous l’impulsion du maire de la ville : Tiziano Tagliani avec la fusion de la Real Spal (ancienne dénomination) et la Giacomense. En trois saisons, ils passent de la Lega Pro à la Serie A. Le staff, composé de Davide Vagnati (DS), Giacomo Laurino (cellule recrutement) et Leonardo Semplici (entraîneur), apporte de l’expérience à un effectif sans trop de repères à ce niveau.

Pour leur deuxième saison consécutive en Serie A, le staff continue dans cette voie. L’effectif de la SPAL enregistre donc plusieurs renforts dans différents secteurs de jeu. En défense, Johan Djourou * (32 ans) vient densifier l’axe central. Le milieu est la zone avec les plus d’arrivées. Simone Missiroli et Mirko Valdifiori (33 ans chacun) offrent autant de nouvelles solutions pour l’entraîneur. Enfin, Andrea Petagna (23 ans) représente l’avenir en attaque pour épauler les deux vétérans italiens : Mirco Antenucci (34 ans) et Sergio Floccari (37 ans).

« Nous avons des ambitions, nous voulons nous améliorer. Mais le terrain nous dira à quel point nous pouvons le faire. L’objectif est toujours le maintien, mais les garçons montrent qu’ils croient en mes idées et celles du staff. » Leonardo Semplici

L’apport de ses nouvelles recrues amène de l’expérience supplémentaire en Serie A. La moyenne d’âge du groupe atteint 27,8 ans contre moins de 26 ans lors de la saison précédente. Une maturité nécessaire pour viser un nouveau maintien. D’ailleurs, le technicien italien ne s’y trompe pas. Antenucci, Felipe et Missiroli sont parmi les joueurs les plus utilisés depuis le début de la saison avec 23 apparitions. Mais la fraîcheur et la réussite offensive de Andrea Petagna sont également des atouts précieux. L’international transalpin a inscrit 10 buts, soit près de la moitié du total du club (22 buts). Il est, et de loin, le meilleur buteur de son équipe.

Leonardo Semplici, de l’Excellence à la Serie A

Quand la SPAL débarque en Serie A, Leonardo Semplici est à la tête de l’équipe depuis quatre ans. Mais il est encore novice à ce niveau. Après une modeste carrière semi-professionnelle de footballeur, Semplici se lance comme éducateur sur le banc de San Gimignano en 2004. Les Toscans évoluent en Excellence régionale. Et ses débuts sont prometteurs avec une montée en Serie D. En dépit de cette promotion, il décide de poursuivre en Excellence avec Figline. Là bas, il accomplit un véritable miracle sportif en remportant trois championnats en quatre ans. Pour la première fois de son histoire, Figline atteint le niveau professionnel.

Après quatre saisons fructueuses, il rejoint Arezzo. L’expérience est nettement moins réussie. Malgré de bons résultats, il est viré. Le club est pourtant troisième. Rappelé suite au limogeage de son successeur, il revient pour les trois derniers matchs. Mais il est à nouveau remercié suite à une défaite (2-0) en Play-Off. Engagé par Pise, son bail ne dure que trois mois. Quand il est viré, l’équipe est pourtant classé à la seconde place Lega Pro Prima Divisione. Après ses deux échecs, il prend du recul en s’engageant avec la Primavera de la Fiorentina. Pendant trois saisons, il fait du bon travail et participe à l’éclosion de plusieurs joueurs tels que Federico Bernardeschi, Leonardo Capezzi, Pietro Iemmello, Cristiano Piccini et Haris Seferović.

« Ce n’est pas un déplacement facile. Lors des six derniers matchs, la Spal n’a jamais perdu. À domicile, ils mettent leurs adversaires en difficulté. » Stefano Pioli, entraîneur de la Fiorentina

En décembre 2014, il remplace Oscar Brevi à la SPAL. La situation n’est pas bonne. La tension avec les tifosi est exacerbée. Mais Semplici redresse la barre. Quand il prend ses fonctions, Ferrara flirte avec la zone de relégation. Elle atteint la quatrième position. La saison suivante, après 23 ans d’absence, la SPAL atteint la Serie B. Pour sa première année en deuxième division, Semplici tâtonne. Entraîneur aux multiples facettes, le toscan sait adapter son module tactique. Partisan du 4-3-3 et 4-3-1-2 au début de sa carrière, il alterne son schéma en utilisant parfois la défense à trois (3-5-2 et 3-4-1-2). Les Spallini réussissent une meilleure deuxième partie de saison et s’emparent de la tête de la Serie B. Promus, ils redécouvrent la A depuis la saison 1967/68. Malgré son inexpérience, Semplici parvient à conserver sa place dans l’élite. Une nouvelle performance pour ce coach au parcours inhabituel.

L’ambition de se maintenir durablement

Comme beaucoup d’équipes sevrées de Serie A pendant des décennies, la SPAL veut s’implanter durablement dans le paysage footballistique transalpin. Encore plus quand ce même club a failli disparaître définitivement à plusieurs reprises. Sauvé par le consensus trouvé entre le maire et les frères Colombarini (Francesco et Simone), Ferrara a vite rebondi. Comme nous l’avons évoqué dans le premier paragraphe, l’ascension fulgurante a permis de retrouver la première division. Pas question de retomber dans l’anonymat des divisions inférieures.

« Ce stade est un symbole de la ville. Nous devons aller vers les besoins des fans pour qu’ils puissent suivre SPAL avec leurs familles. L’idée est d’investir. » Walter Mattioli, Président du club

Souvent pointé du doigt dans la péninsule, l’état des infrastructures (notamment les stades) fait débat. Les dernières réfections datent, en général, de 1990 lors de l’organisation de la coupe du Monde. Plusieurs clubs ont compris la nécessité de pouvoir compter sur une enceinte nouvelle ou rénovée. L’exemple de la Juventus est un modèle pour les autres équipes. De nouveaux projets fleurissent un peu partout. Comme à Bologne, Cagliari ou Rome. A contrario, la situation du San Paolo de Naples est très inquiétante. L’état du stade napolitain restreint les possibilités économiques du club.

Pour augmenter ses recettes, Ferrara a donc misé sur la rénovation de son stade. Historiquement, c’est le cinquième stade le plus ancien d’Italie parmi ceux en activité (1928). Après des années de travaux, en plusieurs phases, des modifications significatives ont porté sa capacité à plus de 16 000 spectateurs : nouvelles portes d’entrée incluant des tourniquets, suppression des barrières architecturales, relifting extérieur, amélioration de l’éclairage, renforcement système de surveillance vidéo. Un stade à l’« anglaise ». Nominé pour l’élection du stade de l’année 2018, et entièrement couvert, le nouveau Paolo Mazza a coûté 8M€. La facture est répartie entre la mairie et le club.

Positionnée dans la seconde partie du classement, la SPAL fait néanmoins du bon travail avec des moyens limités. Encadrés par des trentenaires expérimentés en Serie A, les jeunes talents du club font leur apprentissage du haut niveau. Malgré quinze ans d’activité comme entraîneur, Leonardo Semplici découvre également la première division. Et le technicien toscan apprend vite. Avec un nouveau maintien en perspective, la SPAL pourrait bien réussir sa greffe au plus haut niveau italien.

* Le défenseur suisse a résilié son contrat en janvier dernier.