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Southampton-West Ham : au cœur du Boxing Day

Southampton-West Ham : au cœur du Boxing Day

Pour bien terminer cette année 2018, riche en événements et émotions footballistiques, rien de tel qu’être en Angleterre pour vivre le Boxing day. Véritable institution et tradition familiale, ce match programmé le lendemain de Noël a une saveur bien particulière. Découverte. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Préparatifs

Si vous me lisez avec attention, vous avez déjà suivi mes précédentes excursions anglaises à la découverte de Wembley pour le derby londonien entre Spurs et Hammers en janvier et de Craven Cottage pour un autre derby londonien entre Fulham et QPR en mars dernier. A l’occasion de Tottenham-West Ham, l’opportunité de vivre un match du Boxing Day était déjà présente. Mais, comme vous le savez peut-être, une carte de membre payante (environ 20£ par an et par personne) est souvent obligatoire pour obtenir son ticket. Et le calendrier 2017/18 n’était pas très favorable pour récupérer un billet en General Sale (Vente Générale). L’idée d’assister à un match du Boxing Day était donc dans mon esprit depuis quelques temps. Cette année, toutes les planètes étaient alignées.

La saison dernière, nous vous décryptions (en deux parties) l’histoire de cette tradition anglaise en retraçant les origines et le sportif depuis l’apparition de ce match si particulier en Grande Bretagne. Lors de la parution du calendrier 2018/19, un rapide coup d’œil sur le programme de la 19 ème journée permet un premier choix. Si le Watford-Chelsea apparaît sympa, les tarifs s’envolent pour ce match de gala. Finalement, l’option Southampton-West Ham est retenue. Pour booker sa place, pas besoin de carte de membre. Les prix (32£ pour un adulte) sont abordables pour la Premier League et le Boxing Day. En effet, le taux de remplissage des stades tourne entre 95 et 100 %. Et la perspective de visiter une nouvelle ville et un nouveau stade valide définitivement ce choix.

Direction le Hampshire et la côte sud de l’Angleterre. Après quelques embouteillages sur les autoroutes britanniques, j’arrive enfin à destination. Je pars donc à la découverte de la ville. Le centre-ville est assez concentré. Seulement quelques minutes de marche depuis notre hôtel. Ville portuaire, située au fond d’un estuaire baptisé Southampton Water dont l’embouchure se trouve derrière l’île de Wight et à la confluence des fleuves Test et Itchen, Southampton a conservé beaucoup de monuments médiévaux malgré les nombreux bombardements allemands lors de la Seconde Guerre Mondiale. D’ailleurs, d’anciens remparts ceinturent encore le cœur de la cité.

Avant match

Situé à proximité de notre hôtel, je prends la direction du St Mary’s Stadium. Cette belle enceinte récente, inaugurée en 2001, a remplacé le vétuste (et plus petit en capacité : 15200 vs 32689) The Dell, ancien stade des Saints depuis 1898. Sur le chemin, nous sommes noyés dans un flot de supporters des Hammers. Déjà très motivés par le match, ces derniers entonnent de nombreux chants dont leur célébrissime : I’m forever blowing bubble. Je traverse un long couloir où les exploits du club et d’anciennes icônes tapissent les murs. Au passage, Gareth Bale et Tottenham en prennent pour leur grade.

Dès la sortie du tunnel, le St Mary’s se dresse devant nous. Nos chemins divergents. Pendant que les fans visiteurs se dirigent vers leur tribune, je continue en direction de la nôtre. Je me trouve dans un zone réservée aux familles. Mais avant de pénétrer dans l’arène, je me dirige vers la boutique pour ramener un petit souvenir de cette journée. En faisant le tour, je vois des attractions destinées pour les enfants. Le store est bien rempli. Les produits dérivés estampillés au blason des Saints s’arrachent comme des petits pains.

L’heure du coup d’envoi se rapproche. Il est temps de rentrer et de prendre place à l’intérieur du stade. Comme souvent dans les enceintes anglaises, il faut passer l’épreuve du tourniquet. D’ailleurs, il faut avoir la ligne pour y pénétrer. Ils sont majoritairement très étroits. Cet élément vintage fait partie du charme des stades britanniques.

 

Le St Mary’s Stadium est conforme à mes attentes. C’est une enceinte « à l’anglaise » (normal !), avec les tribunes très proches de la pelouse, une pelouse parfaite au passage malgré l’époque de l’année. Comme prévu, l’affluence est au rendez-vous : 31 654 spectateurs. Avant l’entrée des joueurs, un petit spectacle son et lumière fait monter l’ambiance. La lumière alterne avec l’obscurité. Des colonnes de feu et de la pyrotechnie illuminent le ciel. Après quelques minutes, les 22 acteurs font leur apparition. Place au match.

La partie 

Cette rencontre entre Southampton et West Ham affiche de belles promesses. Les Saints viennent de changer d’entraîneur. L’autrichien, et ex-coach de Leipzig, Ralph Hasenhüttl a succédé à Mark Hughes. Depuis sa nomination, Southampton a retrouvé le chemin de la victoire (vs Arsenal et Huddersfield) mais reste dans la deuxième partie de tableau (16 ème). Après un début de saison raté, West Ham a redressé la barre pour se retrouver dans le ventre mou du classement (9 ème). Les premiers chants d’encouragement descendent vers la pelouse :  » Oh, when the Saints go marching in …  »

Hasenhüttl aligne un 3-4-2-1 avec : McCarthy dans les buts, une défense composée de Bednarek, Vestegaard et Yoshida, Romeu, Lemina pour la récupération, Armstrong et Redmond pour la création, Targett et le jeune français Yann Valéry (19 ans) sur les ailes et Danny Ings en pointe. Pour sa composition, Manuel Pellegrini a modifié son 4-4-2 en 4-2-3-1 avec Łukasz Fabiański aux cages, un back 4 constitué de Michail Antonio (ancien Saint en 2009/10), Issa Diop, Ogbonna et Cresswell, Obiang et Rice comme duo de milieu défensif, Diangana, Snodgrass et Felipe Anderson pour animer le jeu et Lucas Pérez en attaque.

Contrairement aux rencontres précédentes, Soton ne parvient pas à mettre son adversaire en danger. West Ham maîtrise la partie comme en atteste les stats de la première période (59/41 de possession, 7/3 tirs au but …). Hormis une incursion de Danny Ings à la 3′ et une frappe trop enroulée de Armstrong à la 21′, les Saints peinent dans la construction du jeu. D’ailleurs, sur un débordement côté gauche, Lucas Pérez est idéalement trouvé par Cresswell au point de penalty. Mais l’espagnol manque le cadre. Les Hammers dominent et exploitent en contre les moindres espaces libres laissés par les offensives des Saints. Une frappe de Snodgrass (45′) non cadrée fait passer un frisson dans le dos des fans. 0-0 à la mi-temps dans un match agréable à suivre.

Tout s’accélère en début de seconde période. D’abord avec l’ouverture du score des locaux par Redmond à la 50′. L’action du but est vraiment confuse. Lemina centre dans la boîte. Le ballon, dégagé par la défense, atterrit dans les pieds de Armstrong. Sa frappe contrée revient sur Romeu qui tire à son tour. Son tir arrive sur Redmond, isolé dans la surface mais couvert par Diangana. L’anglais arme mais Fabiański repousse. Romeu tente un petit piqué. Fabiański est encore là. Il ne peut rien sur la troisième tentative de Redmond. Southampton pense avoir fait le plus dur. Mais le pire reste à venir pour les Saints.

Le show Felipe Anderson

Quelques minutes après le but de Redmond, le brésilien entame son show. Pas le temps de douter pour les visiteurs. Sur une touche, il combine avec Cresswell. Le capitaine de West Ham centre. C’est dégagé par la défense. Mais le ballon revient sur Felipe Anderson. Un peu décalé sur le côté gauche de la surface, il déclenche une magnifique frappe tendue du droit au premier poteau d’un McCarthy gêné visuellement par ses défenseurs devant lui. 1-1 à la 53′.

Soton et Armstrong testent Fabiański de loin. Le polonais se détend et éloigne le danger. Mais sur une nouvelle tentative de l’Écossais bloquée par Issa Diop, West Ham part en contre. En seulement deux passes dont celle décisive de Antonio, les londoniens en surnombre (5 vs 3) remontent presque tout le terrain. Felipe Anderson est le premier sur le ballon. Et après deux touches, il ajuste parfaitement un McCarthy sans défense. La tribune away fête son double buteur comme il se doit. En moins de 6 minutes, West Ham a retourné le score. Sur un nouveau déboulé de Anderson sur le flanc gauche, le brésilien sert merveilleusement Lucas Pérez d’un subtil exter du droit. Mais la tentative de l’Ibère est contrée en catastrophe par la défense.

À la 75′, Fabiański se couche au sol pour détourner en corner une belle opportunité de Lemina. L’ancien marseillais, bien trouvé par Redmond, avait l’occasion d’égaliser. Et, en dépit des entrées de Charlie Austin et Shane Long, le scoresheet n’évolue plus. Southampton manque l’occasion de remporter un troisième succès consécutif, de remonter au classement et de faire plaisir à son public venu massivement dans les gradins.

Comme nous étions venus au St Mary’s Stadium en famille, pas de troisième mi-temps cette fois. Mais j’ai passé une très bonne soirée, dans un stade très bien garni à l’ambiance sympa, à voir un match avec des buts et du suspens. L’esprit du Boxing Day était au rendez-vous. Une super expérience.

NDLA : un très grand remerciement à Gabin, Community Manager de @SouthamptonFCFR pour nos nombreux échanges préparatoires. Ses conseils m’ont été très précieux pour la visite de la ville, me rendre au stade et apprécier à sa juste valeur l’ambiance du St Mary’s.