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Newcastle : un retour difficile

Newcastle : un retour difficile

Mis en vente en octobre dernier par son propriétaire, le fantasque Mike Ashley, Newcastle peine à retrouver son lustre d’antan. Après un passage éclair d’une saison en Championship, Newcastle a aussitôt retrouvé l’élite. Mais malgré la présence à sa tête de l’expérimenté technicien espagnol : Rafa Benitez, les Magpies sont englués en fin du classement (18ème) de Premier League. Pire, ils restent même sur une inquiétante spirale négative de neuf matches sans victoires dont huit défaites. Le déplacement à Londres, pour aller défier des Hammers revigorés par le changement d’entraîneur et l’arrivée de David Moyes, s’annonce périlleux. Et le Boxing Day trois jours plus tard encore plus. En effet, le club du Nord Est du Royaume aura l’honneur de recevoir le leader invaincu de la ligue : Manchester City. Un (trop) gros morceau, peut-être indigeste, en cette période de fêtes ?

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

L’exigence de la PL

Si l’exercice 2015/16 a été assez désastreux pour Newcastle avec un triste bilan, ponctué par un changement de coach en cours de saison mais également avec le maintien des rivaux honnis : Sunderland à leurs dépens puisque les deux clubs étaient au coude à coude dans la lutte pour la 17 ème place. La saison suivante a été bien meilleure. Les Magpies ont survolé le Championship finissant en tête avec 94 points, avec le titre de champion en poche et en prenant une petite revanche sur le destin en laissant leur place en D2 aux … Black Cats.

Cependant, cette éclaircie ne fut que de courte durée. La dure réalité de la Premier League a vite repris ses droits. Deux défaites inaugurales lors des deux premiers matches de la saison suivies par une élimination contre Nottingham Forest en Carabao Cup (League Cup) ont plombé le retour parmi l’élite. Les joueurs de Rafa Benitez ont alors fait preuve de caractère pour enchainer trois victoires consécutives contre West Ham, Swansea et Stoke City. Mais Newcastle est stoppé dans son élan. Renversés (1-0) par les promus de la côte sud : Brighton, ils partagent les points avec Liverpool (un bon résultat en soi) et Southampton. Nous pensions alors que la victoire contre Crystal Palace allait présager d’un nouveau cycle victorieux mais c’est tout le contraire.

Newcastle traverse alors une zone de turbulences de quatre défaites consécutives contre Burnley, Bournemouth, Manchester United et Watford. Le nul obtenu sur le terrain de WBA n’est qu’un répit de courte durée. L’équipe replonge en apnée avec une nouvelle série de quatre défaites consécutives face à Chelsea, Leicester, Everton et Arsenal. Série en cours.

Les causes

Avec un total famélique de seize buts, soit moins d’un but par match, Newcastle est au quinzième rang des meilleures attaques. Le déficit dans ce secteur de jeu se fait sentir dans les stats individuelles. En effet, le meilleur buteur du club se trouve bien loin de Mo Salah ou de Harry Kane. Dwight Gayle n’a fait trembler les filets qu’à … trois reprises. Cependant, l’équipe surprise de Burnley possède la même attaque (16 buts) mais sa défense est moins perméable que celle des Magpies.

Néanmoins, et c’est bien là le paradoxe, le bilan défensif à cette (presque) mi-championnat n’est pas si catastrophique. Avec 27 buts encaissés, Newcastle se classe quatorzième sur vingt. Des équipes comme Everton, Huddersfield ou encore Watford, toutes devant les hommes de Benitez, ont pris plus de buts. Ainsi si le club a déjà perdu à onze reprises sur dix-huit matches disputés, beaucoup de ces revers (sept au total) n’ont été concédés que par le plus petit des écarts. Seulement quatre défaites l’ont été par 2 buts ou plus.

La faillite individuelle de certains joueurs conjuguée à un collectif précaire expliquent aussi les mauvaises résultats. Plusieurs cadres connaissent des baisses de régime prolongées. Shonjo Shelvey fait parti des joueurs dont nous pouvons légitiment attendre plus sur la phase retour. Son attitude (trop) agressive sur le terrain lui a déjà valu 4 cartons jaunes et 2 rouges cette saison. Loin de rayonner sur l’entrejeu, l’ancien espoir anglais a même récemment fait un tour sur le banc. Ayoze Perez déçoit aussi. Avec un seul but et une seule assist au compteur, le jeune espagnol ne parvient pas à faire la différence. Positionné en meneur de jeu dans le 4-2-3-1 de Rafa, il ne pèse pas assez sur le jeu de son équipe. Avec une moyenne de 17 passes par matches, il n’a créé qu’une seule occasion en dix sept apparitions.

L’espoir

Si certains joueurs ne performent pas autant que leur statut le voudrait, d’autres ont pris de l’ampleur au sein de l’effectif. C’est le cas de Jamaal Lascelles. Promu capitaine, actuellement le plus jeune de PL, le défenseur central anglais a étoffé son jeu. Avec plus de duels gagnés (50) que perdus (35), deux buts à son actif, Lascelles est un rouage important du secteur défensif. L’ailier écossais Matt Ritchie tient son rang. L’international a déjà délivré cinq assists. Il est évidemment le meilleur passeur de son équipe.

Autre motif d’espérer, la probable future vente pourrait permettre au club de s’inscrire durablement dans l’élite. L’ère Ashley ne restera pas dans les mémoires. Ou alors pour se souvenir des mauvais résultats accumulés lors de sa décennie de présidence. Selon la presse anglaise en général, et la BBC en particulier, Amanda Staveley (business woman) représentant la firme financière PCP Capital Partners, aurait récemment émis une offre de rachat à Mike Ashley. Si un désaccord concernant le montant de l’offre entre l’acheteur et le vendeur est encore à l’ordre du jour, les positions pourraient se rapprocher prochainement. La bonne gestion financière avec des comptes positifs lors des derniers exercices, la remontée en PL et la potentielle revalorisation des droits TV sont autant d’atouts pour négocier au mieux la vente du club.

Mais avant de peut-être changer de pavillon, Benitez voudra très certainement renforcer son groupe pour sécuriser une place dans la plus haute strate nationale. Et plus précisément dans le secteur offensif. Ces derniers temps, un nom revient avec insistance. Celui d’Islam Slimani. L’international algérien, en manque de temps de jeu à Leicester, pourrait rebondir à Newcastle. Cependant, la concurrence sur ce dossier est importante tant avec des offres provenant d’Angleterre (Everton, Watford …) que celles venant de l’étranger (Nantes, Sporting …). Si le mercato sera une étape importante pour redessiner les contours d’un effectif en mal de confiance, il faudra aussi faire plus d’efforts individuels et collectifs pour cette seconde partie de saison. Et comme dit le proverbe : après la pluie vient le beau temps … même à Newcastle.