Share
Lazio : candidat à la Champion’s League ?

Lazio : candidat à la Champion’s League ?

Pour sa troisième saison à la tête des Biancocelesti, Simone Inzaghi espère bien ramener le club romain sur le devant de la plus grande scène européenne : la Champion’s League. Un objectif manqué de peu en 2017/18. Pour y parvenir, la Lazio peut s’appuyer sur son buteur : Ciro Immobile. Mais il faudra compter sur toutes les forces en présence pour réussir cette mission délicate. Décryptage.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

 

 

Ciro Immobile, le finisseur

Atout n°1 de l’attaque romaine, Ciro Immobile est une menace permanente pour toutes les défenses de Serie A. Une résurrection pour le napolitain. Car avant d’enfiler les buts comme des perles dans la capitale, il a d’abord dû digérer son passage raté en Allemagne sous les couleurs jaunes et noires du BVB Dortmund. Et pour se relancer, après une courte escapade espagnole (six mois) au FC Séville qui ne restera pas dans les mémoires (8 matches, 2 buts), Don Ciro a choisi de se ressourcer au pays. Il opte pour un club qu’il connait bien : le Torino.

Sous le maillot granata, Immobile a retrouvé ses sensations dans un club où il avait brillé par le passé. En effet, avant de partir à l’étranger, au Signal Iduna Park, Immobile avait réalisé l’une des meilleures saisons de sa carrière avec vingt-deux buts marqués en trente trois rencontres disputées. Capocannoniere 2012/13, il devient le premier joueur du Toro à décrocher ce titre honorifique depuis les années 70. Mais également le treizième joueur à remporter le classement des buteurs dans les deux divisions (Serie A et Serie B avec Pescara).

«La Lazio s’appuie sur Immobile et joue pour lui.» Zdeněk Zeman, son ex-coach à Pescara

Sous les ordres d’Inzaghino, un ancien buteur, Immobile a retrouvé son niveau de la saison 2012/13. Et il l’a même dépassé. Ainsi, en un peu plus de deux saisons, il compte 76 buts (toutes compétitions confondues) en 102 matches sous le maillot biancocelesto. Désormais, sixième meilleur buteur de l’histoire du club, il est surtout le vrai leader de la Lazio. Capable d’occuper seul tout le front de l’attaque, son sens du but allié à sa puissance physique (1M85 pour 85kg) font de lui un danger continuel pour les défenses. Si sa technique n’est pas hors norme, il possède néanmoins des qualités intéressantes de dribble dans les petits espaces. Doté d’une lourde frappe, il tire souvent en première intention et dans toutes les positions. Habile des deux pieds, il est également redoutable dans le jeu aérien. Un vrai poison.

A la recherche de Sergej Milinković-Savić

Depuis son arrivée en 2015 dans la péninsule, en provenance de Genk, le milieu de terrain serbe a connu une progression fulgurante au sein de l’effectif laziale. Milieu moderne box to box, capable de récupérer le ballon, de le distribuer et également de marquer, SMS est vite devenu indispensable dans l’entrejeu romain. Son volume de jeu impressionnant a tapé dans l’œil de nombreuses écuries européennes de très grand standing. Cependant, Claudio Lotito a repoussé fermement toutes les offres le concernant lors du dernier mercato estival. Et le «Sergent» a même récemment prolongé son contrat jusqu’en 2023 avec un salaire doublé de plus de 3M€ annuels, selon la presse italienne.

En 2017, ses bonnes prestations ont convaincu le nouveau sélectionneur serbe Mladen Krstajić de lui offrir sa première cape contre la Chine (victoire serbe 0-2). Ses trente-cinq matches de Serie A, douze buts inscrits et trois passes décisives en ont fait un candidat naturel à la liste des vingt-trois joueurs présents pour disputer la Coupe du Monde en Russie. Une première pour la nation des Balkans depuis le Mondial Sud-Africain 2010. Malgré une étiquette de joueur à suivre, Sergej n’a pas réussi ni à influer ni à peser sur le jeu de son équipe nationale. La Serbie a donc été logiquement éliminée lors de la phase de groupe.

«Milinković et Luis Alberto, faux talents à la chasse à l’argent» banderole des tifosi de la Lazio

Éreinté par une longue saison (48 matches avec la Lazio) et sans préparation physique estivale complète, Milinković-Savić connait un début de saison plus que discret à l’instar d’autres internationaux à travers l’Europe. Ses stats personnelles sont en chute libre. Après douze journées de championnat, le serbe (onze apparitions) n’a trouvé les chemins des filets qu’à une seule reprise et n’a délivré qu’une seule assist. Des prestations mal vécues par certains tifosi. Ces derniers n’ont pas hésité à déployer une banderole au vitriol (voir ci-dessus) pour dénoncer le faible rendement de leurs deux leaders techniques. Igli Tare, directeur sportif du club, a défendu son joueur en tentant une explication dans une interview récente à La Repubblica :

«Pour Sergej, c’est avant tout une question de condition physique. Il est rentré tard à cause du Mondial et il n’a pas eu de préparation complète, quelque chose d’essentiel pour un costaud comme lui. Peut-être aussi que ce « je pars ou je reste ? » qui a duré tout l’été a pu avoir une influence. Il est resté et il doit seulement trouver la forme»

De bons résultats … sauf contre les gros

Le calendrier n’a pas souri aux romains. Avec la réception du Napoli et le déplacement à la Juventus au programme des deux premières journées, on peut difficilement faire pire. Et le pire est arrivé avec deux défaites consécutives (1-2, 2-0). Pas de quoi lancer au mieux une saison. Mais la Lazio a vite redressé la tête en enchainant quatre succès consécutifs (Frosinone, Empoli, Genoa et Udinese) avant de rechuter lors du derby de Rome. Ce nouveau coup d’arrêt n’empêche pas de signer deux nouveaux succès (Fiorentina et Parme). Et encore une fois cette saison, la visite d’un concurrent direct au top 4 s’est soldé par un échec (0-3).

Néanmoins, l’équipe dirigée par Simone Inzaghi a de la ressource. Elle ne gamberge pas longtemps. A nouveau, elle s’est remise dans le sens de la marche en gagnant contre la SPAL (4-1) et en obtenant un point du déplacement à Sassuolo (1-1). Pourtant, si cette formation veut décrocher un sésame pour la lucrative et prestigieuse Champion’s League pour la première fois depuis la saison 2007/08 *, elle devra hausser son niveau de jeu et obtenir de meilleurs résultats contre les grosses écuries lors de la phase retour.

Pour cela, Inzaghi peut s’appuyer sur un effectif renforcé lors du mercato estival. Si Acerbi et Proto remplacent numériquement les départs du néerlandais de Vrij et de Marchetti (fin de contrat), le technicien romain a vu débarquer Milan Badelj (ex-Fio), Valon Berisha (ex-Salzbourg), Joaquín Correa (ex-FC Séville) et Riza Durmisi (ex-Betis) pour compenser l’envol de Felipe Anderson (West Ham United) et Filip Djordjevic (fin de contrat). L’investissement estival est donc conséquent avec 39M€ dépensés mais amorti par la seule vente de l’ailier brésilien en Angleterre (38M€). Avec des moyens engagés en hausse, une pression supplémentaire pèse sur Inzaghi. Un nouvel échec serait mal vécu par les tifosi et par le tumultueux président Lotito.

«Les objectifs ne doivent pas être déclarés, ils doivent être centrés. Nous avons mis en place une équipe pour rivaliser avec tout le monde, nous espérons que les résultats confirmeront le travail effectué, ainsi que la qualité et le bien-fondé de l’équipe.» Claudio Lotito, Corriere dello Sport

Actuellement quatrième, à seulement quelques points (3) du troisième, la Lazio est bien placée dans la course aux places européennes. En dépit de la méforme de certains leaders techniques (SMS, Luis Alberto), Inzaghino peut compter sur l’efficacité intacte de leur bomber : Ciro Immobile pour s’immiscer dans le top 4. Mais pour ne pas revivre la même déception (qualification pour la CL ratée lors de la dernière journée) que la saison précédente, les Laziali doivent compter sur toutes les forces vives de leur effectif. A suivre ce week-end avec la réception d’un AC Milan en embuscade (cinquième à un point seulement).

* NDLA : la Lazio s’est qualifiée pour le tour de barrage de la Champion’s League en terminant troisième à l’issue de la saison 2014/15. Cependant, en dépit d’une victoire 1-0 à l’Olimpico, les italiens ont échoué à atteindre la phase de groupes en concédant une lourde défaite 3-0 en Allemagne contre le Bayer Leverkusen, au match retour.