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Boxing Day : une tradition soooo British (Part 2)

Boxing Day : une tradition soooo British (Part 2)

A l’occasion du traditionnel Boxing Day, l’équipe de la rédaction de ZoneMixte vous propose un zoom en deux parties sur ce rendez-vous incontournable pour bon nombre de britanniques. Pour cette seconde partie, nous allons vous montrer toute l’importance sportivement parlant de cette période des fêtes inaugurée par le fameux Boxing Day comprenant trois matches consécutifs en seulement quelques jours. Avec neuf points en jeu en trois matches, cet enchaînement dans le calendrier de Premier League est bien souvent décisif. Si ce n’est pas à cette période que le titre se gagne, c’est là qu’il peut se perdre. Let’s go !

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Une importance capitale

Alors que les transports publics tournent au ralenti ou font carrément relâche, la FA perpétue la tradition du premier Boxing Day de l’histoire à privilégier les derbies pour éviter les longs trajets aux supporters. Ainsi les équipes du Nord du Royaume vont s’affronter tandis que celles de Londres vont se déplacer dans le Sud ou évoluer à domicile. Cette saison, le programme nous offre un Manchester United-Burnley, un Liverpool-Swansea ou encore Tottenham-Southampton. La perspective de s’opposer à un rival rajoute un peu de piment supplémentaire à la liste des ingrédients qui font l’essence même de cette journée.

Mais en plus de la tradition et du folklore, l’enjeu sportif est bel et bien réel. Avec trois matchs en six jours et neuf points en jeu, le classement peut vite évoluer en fonction des événements. Aussi bien à la hausse qu’à la baisse. En quelques jours, une équipe peut descendre de quatre ou cinq places au classement. Ou inversement, un club peut être sixième le 26 décembre et troisième le 1er janvier. D’ailleurs, l’enchaînement est assez usant physiquement. Rarement une équipe fait neuf points en trois matchs. Les entraîneurs ne se préparent pas à une seule rencontre mais à trois. La gestion de l’effectif est essentielle pour négocier au mieux cette série.

Et dans cette équation, avec le nombre de joueurs étrangers peuplant l’élite anglaise, il faut aussi tenir compte de l’aspect mental dans la préparation de cette époque de l’année. Pour les Anglais, c’est tout à fait normal. Ils sont habitués. Certains joueurs étrangers connaissent un temps d’adaptation. D’habitude, à ce moment, les autres championnats s’arrêtent plus ou moins longtemps pour recharger les batteries et pour se changer les idées. Là, les joueurs doivent rester focus de la reprise en août jusqu’en mai. C’est une nouveauté qu’il faut prendre en compte pour ceux qui débarquent outre-Manche. Et il faut quelques saisons pour vraiment bien intégrer ce phénomène. Pour performer dans le sport en général et dans le football en particulier, il faut autant être bien physiquement que mentalement.

Exemples célèbres 

Certaines équipes traversent mieux que les autres ce raz de marée de matches. Ainsi Manchester United reste l’équipe la plus performante lors du Boxing Day. Depuis le début de Premier League (en février 1992), les Red Devils affichent le glorieux bilan de dix-neuf victoires, trois nuls et seulement 2 défaites. Arsenal et Liverpool sont les autres «spécialistes». Les Gunners et les Reds affichent seize succès pour le même nombre de matches que MU.

A contrario, Aston Villa possède un triste record. Avec douze défaites en vingt rencontres, et seulement trois victoires, les Villans ne se transforment pas en Père Noël pour leurs fans. Ils sont les plus mauvais élèves de Premier League. Newcastle n’est guère plus brillant. Les Magpies se sont inclinés à onze reprises lors des dix-neuf matches disputés un 26 décembre.

Comme nous l’avons évoqué dans l’introduction, si le titre ne se gagne pas lors du Boxing Day et de la période des fêtes il  peut en revanche se perdre. Ainsi depuis le début de l’ère Premier League, seulement la moitié (50 %) des équipes en tête à Noël ont finalement remporté la ligue. Liverpool (trois fois), Newcastle, Arsenal et Manchester United (tous à deux reprises) étaient tous à la tête de Noël lors de différentes saisons. Mais toutes ces équipes n’ont pas terminé sur la plus haute marche du podium au mois de mai. Voici quelques exemples dans l’histoire de la Premier League :

  • Lors du Boxing Day de 2013, Liverpool était en tête de la Premier League. Mais après deux défaites consécutives (2-1) contre Manchester City et Chelsea, ils sont sortis du podium échouant à la quatrième à l’aube de l’année 2014. Finalement, City a remporté le championnat. Le dernier en date pour les Citizens. Les Reds ont terminé second après une glissade devenue célèbre de Stevie G. contre Chelsea (0-2) et un nul concédé (3-3) face à Palace alors qu’ils menaient 0-3.
  • Liverpool avait déjà connu pareille mésaventure en 2008/09. A l’époque, l’équipe dirigée par Rafa Benitez et composée par des joueurs tels que Steven Gerrard, Javier Mascherano, Xabi Alonso ou encore Fernando Torres était en tête. Mais leur avance a fondu comme neige au soleil après quatre nuls et une défaite lors de la phase retour. Finalement, ils échouent encore une fois à la seconde place laissant Manchester United conserver leur titre de champion.
  • A la suite du départ de Thierry Henry au Barça, Arsenal 2007/08 entrait dans une nouvelle ère. Leaders depuis mi-septembre, après les fêtes les Gunners laissent Manchester reprendre la tête. Une lutte pour la première place s’engage avec plusieurs chassés-croisés entre les deux rivaux. Mais Manchester United s’échappent après une série de cinq matches sans victoire (4N et 1D) entre la mi-février et la mi-mars pour les londoniens. Chelsea les devance même à la seconde place du podium.
  • L’équipe de Sir Alex était le solide leader au soir du Boxing Day. Ils venaient de se défaire d’Everton (3-2). Mais le début de l’année 2004 n’est pas du même acabit. Les Red Devils partagent les points à cinq reprises et concèdent six défaites dont un humiliant 4-1 lors du Derby de Manchester. Le mercato estival avec les signatures de David Bellion, Eric Djemba-DjembaDong Fangzhuo, Kleberson et un jeune débutant portugais Cristiano Ronaldo n’aura donc pas suffi. Arsenal et ses Invincibles décrochent le treizième sacre de son histoire.
  • Encore une fin de cycle pour Arsenal version 2002/03 avec les fins de carrière pour deux monuments Tony Adams et Lee Dixon. Cette fois, les londoniens laissent échapper plus de points dans la phase aller que dans celle retour. Si les Gunners occupent de nombreuses semaines la place de leader, ils ne peuvent tenir le rythme diabolique imposé par les Mancuniens.
  • Alors que Newcastle était bien parti pour remporter leur premier titre depuis 1927 grâce aux performances d’Alan Shearer et de Laurent Robert, le club du Nord-Est s’est pris les pieds dans le tapis. L’effondrement post-Noël des Magpies avec des défaites contre Manchester United, Chelsea, Liverpool et Arsenal met fin au rêve de sacre de Sir Bobby Robson. Arsenal est sacré à l’issue de cette 103ème édition.
  • Pour cette fin de décennie 90, Leeds version 1999/00 avait une belle tête de champion. Avec dans ses rangs des joueurs tels que Ian Harte, une charnière Radebe-Woodgate, un Lee Bowyer réussissant l’exploit de récolter dix-neuf avertissements sans jamais être expulsé et un magicien australien dénommé Harry Kewell. Néanmoins, les huit défaites suivant le 26 décembre ont hypothéqué l’avance accumulée précédemment. Leeds décroche tout de même une qualification en Champion’s League comme lot de consolation.
  • La vente de Dwight Yorke à Manchester United était censée laisser Villa vulnérable. Mais Julian Joachim et Dion Dublin ont propulsé l’équipe de John Gregory jusqu’au plus haut sommet du championnat. Cependant, le rythme a sévèrement baissé dans la deuxième moitié de saison. Sept défaites en huit matchs après Noël ont fait chuté Villa jusqu’à la sixième place. Loin du titre dévolu à United.
  • Sous le règne de Fergie, Manchester United a bien souvent imposé un rythme d’enfer post-Noël à ses rivaux pour le titre. Mais après son succès contre Everton lors du Boxing Day, United a perdu trois des quatre matches suivants. Malgré cette mauvaise forme, Manchester a conservé la tête jusqu’à quatre matchs avant la fin de la saison. Finalement, doublé sur le fil par Arsenal, ils laissent le titre 1998 pour un petit point.
  • L’émergence de Michael Owen associé à Robbie Fowler, il n’en fallait pas plus pour mettre sur orbite Liverpool. Mais comme souvent sur les bords de la Mersey, si l’équipe possède une attaque de feu la défense n’est souvent pas aussi efficace pour colmater les brèches. Et l’édition 1996/97 n’échappe à cette règle. Pour couronner le tout, ce sont les meilleurs ennemis : les Red Devils qui sont titrés à la fin de la saison.
  • Première équipe de l’ère moderne de la Premier League à arriver en tête à la mi-saison, Norwich n’était pas prévu à cette place. 18 ème la saison écoulée, les Canaries se sont hissés suite aux nombreux buts de Mark Robins. Ils terminent à la troisième place laissant filer Aston Villa et surtout Manchester United à la conquête de la première place. Deux saisons plus tard Norwich sera relégué en Championship.

Cette saison, le Manchester City de Pep Guardiola semble intouchable. Non seulement, ils sont encore invaincus. Mais ils ont assez d’avance (+13) sur le second (United) pour se prémunir d’un éventuel retour. De plus, le calendrier leur est favorable avec deux déplacements à Newcastle, Crystal Palace et la réception de Watford. Il serait donc étonnant de voir City perdre des points lors de la période des fêtes. Si Manchester City laisse échapper des points lors de la suite de la saison, ce sera sûrement suite à un bon parcours en Champion’s League, compétition énergivore physiquement et mentalement. Cependant, avec un effectif conséquent Pep peut voir l’avenir très sereinement. Et augmenter la statistique des 50% d’équipes en tête à Noël réussissant à être sacrées en mai.