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Bologne ne tourne pas au Super

Bologne ne tourne pas au Super

Quinzième du dernier exercice, les dirigeants des Rossoblù ont misé sur un jeune technicien revanchard, en la personne de Filippo Inzaghi. Mais pour le moment, l’aîné de la fratrie Inzaghi ne connait pas une réelle réussite (18ème) sur le banc du Renato Dall’Ara. Le déclic pourrait venir mardi prochain avec la réception d’un club bien connu de Super Pippo : l’AC Milan. Analyse. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection 

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De retour en Serie A 

Avant de prendre en main les Rossoneri lors de la saison 2014/15, Inzaghi fait ses premières armes avec les équipes de jeunes du club lombard. Dans un premier temps, il prend en charge les Allievi Nazionali (U17) en 2012. En parallèle, dès décembre 2012, il commence à Coverciano son cursus pour obtenir son diplôme d’entraîneur pro. Il parvient à atteindre les phases finales de la catégorie mais perd en demi-finale contre Empoli. La saison suivante (2013/14), il monte de catégorie. Il dirige donc la Primavera (U19). Il connait le succès en remportant le Tournoi de Viareggio.

Après le départ de Massimiliano Allegri et l’échec Clarence Seedorf, c’est au tour de Super Pippo de prendre en main la destinée du Diavolo. L’expérience n’est pas très concluante. En effet, le Milan de cette époque est exsangue. L’investissement sur le marché des transferts est quasi nul. Le seul véritable achat intervient le dernier jour du mercato avec l’arrivée de Giacomo Bonavertura en provenance de l’Atalanta pour 7M€. Les autres renforts sont soit des joueurs en fin de contrat ou soit des arrivées en prêt. Pourtant, le début de saison n’est pas mauvais. Au contraire, son équipe est dans le coup. Mais ensuite, les mauvais résultats plombent la fin de la saison. L’objectif européen s’éloigne définitivement (10ème). Et malgré encore une année de contrat, Inzaghi est licencié.

Filippo ne reste pas longtemps inactif. Dès 2016, il s’engage avec l’ambitieuse équipe de Venezia. Le club de la lagune vient d’être promu en Lega Pro. Mais veut retrouver le Serie A. Pour sa première année sur le banc, et après douze ans d’absence, il parvient à faire monter en Serie B. Lors de la saison suivante, les Arancioneroverdi manquent de peu une troisième promotion consécutive en échouant en demi-finale de Play-Off contre Palerme. Cependant, Inzaghi s’est fait remarquer par des clubs de Serie A pour la qualité de jeu de son équipe. Et à l’été 2018, il démissionne de son poste à Venise pour rejoindre l’élite et Bologne.

« Ces deux dernières années ont été merveilleuses, je ne vous oublierai jamais. Nous nous sommes battus ensemble et nous avons fait de notre mieux, mais maintenant chacun suivra son propre chemin. » Filippo Inzaghi après sa démission de Venezia

Un début de saison raté

Arrivé en remplacement d’un autre ex-milanista : Roberto Donadoni, Pippo Inzaghi a pour mission d’améliorer le classement des années précédentes. À 44 ans, il n’est plus un néophyte, comme lors de sa précédente expérience sur un banc de Serie A. Depuis, il a dirigé Venise pendant deux ans. Il a connu une promotion et reste sur une très belle saison en Serie B avec une cinquième place au classement général. Pas mal pour un double promu.

Pour mener à bien sa mission, Inzaghi et le directeur sportif Riccardo Bigon ont recruté le portier polonais Łukasz Skorupski (Roma) en remplacement de Antonio Mirante (Roma), Federico Mattiello (Atalanta) en remplacement de Adam Masina (Watford), Danilo (Udinese) en remplacement de Alex Ferrari (Sampdoria), Mitchell Dijks en remplacement de Vasilīs Torosidīs (fin de contrat). Mais également Mattias Svanberg (Malmö), Federico Santander (Copenhague) et Diego Falcinelli (Sassuolo) pour compenser les départs de Simone Verdi (Napoli), Federico Di Francesco (Sassuolo) et Bruno Petković (Dinamo Zagreb).

Pourtant, malgré toutes ces nouvelles têtes et un calendrier très favorable lors des premières journées, Bologne va sérieusement patiner au démarrage. Un point après seulement quatre journées de championnat. On a connu de meilleurs débuts. Mais surtout, hormis la réception de l’Inter (0-3), les autres adversaires étaient largement à la portée des Felsinei (SPAL 0-1, Frosinone 0-0 et Genoa 0-1). L’équipe ne connait sa première victoire en battant la Roma (2-0) que fin septembre. Le seul autre succès est remporté face à l’Udinese (2-1). Les deux fois contre le cours du jeu. Ils ont partagé les points contre le Torino, Sassuolo, le Chievo (2-2 à chaque fois) et la Fiorentina (0-0). Bologne a déjà enregistré huit défaites. L’équipe prend beaucoup de buts (24) et ne marque pas beaucoup (13). En dépit d’une victoire en coupe d’Italie contre Crotone (3-0), ils n’ont plus gagné depuis huit matches. La pression va s’accentuer sur les épaules de Inzaghi.

« J’ai exprimé ma préoccupation face à la dynamique de l’équipe qui traverse une période négative depuis un certain temps. J’attendais plus de toutes les composantes: gestion, coaching et équipe. Désormais, tout le monde a besoin d’un effort maximum pour obtenir les points qui nous séparent dès la fin du premier tour. Permettez-nous d’abandonner cette position au classement, je suis désolé pour tous ceux qui s’intéressent à Bologne, mais je suis sûr que grâce au soutien de nos supporters et à l’engagement d’Inzaghi et des joueurs, nous surmonterons ce moment difficile. » Joey Saputo, Corriere dello Sport

Un projet intéressant

Bologne est un club historique de Serie A. Racheté en 2014 par un duo de businessmen nord-américain, Joe Tacopina (désormais propriétaire de … Venezia) et Joey Saputo, le club romagnol bascule définitivement dans le giron du canadien Saputo après un désaccord entre les deux hommes. Homme le plus riche du Québec, Saputo est à la tête d’une entreprise familiale pesant 18 milliards d’€. Son projet est ambitieux. Il veut replacer Bologne en haut de la carte du paysage footballistique italien.

Pour se faire, il a entrepris de multiplier les revenus de son club en misant sur des partenariats avec des entreprises locales telles que la FAAC (firme spécialisée dans les portes automatiques), Granarolo (entreprise agro-alimentaire coopérative), Illumia (secteur de l’énergie), IMA (fabricant de machines automatiques pour le traitement et l’emballage de produits pharmaceutiques, cosmétiques, alimentaires, tabac, thé et café),Lavoro Più (agence d’intérim) et Macron (équipementier sportif).

Autre source pour augmenter ses revenus : devenir propriétaire de son stade. Et pour maximiser ses chances de remplir les caisses, la rénovation de son stade s’impose, suivant le modèle de la Juve avec l’Allianz Stadium ou de l’Udinese avec la Dacia Arena. Lors de son arrivée au club, Joey Saputo avait promis une modernisation du Dall’Ara. Le projet est en cours mais ne devrait pas débuter avant 2019. Après les travaux, le stade sera couvert. Les curve seront rapprochées du terrain. Mais on n’oublie pas le passé en conservant la mythique torre di Maratona.

« Saputo, avant le stade restructure le club » tifosi Bolognais près de la Curva Andrea Costa

Sous tension pour la réception de son ancien club (AC Milan) et de son ex-coéquipier (Rino Gattuso), Pippo Inzaghi doit obtenir un bon résultat. Bologne doit retrouver le chemin de la victoire. Faire le plein de « Super » pour enfin décoller au classement.