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Bayer Leverkusen-RB Leipzig : une superbe pub pour la Bundesliga

Après Tottenham-West Ham, Fulham-QPR et Southampton-West Ham pour le Boxing Day, la rédaction de Zone Mixte continue d’explorer les stades européens. Cette fois, direction l’Allemagne et la Bundesliga. L’ambiance survoltée des supporters, des buts en abondance et des jeunes talents spectaculaires : willkommen in Deutschland !

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Avant-match

Comme vous le savez peut-être, Leverkusen n’est pas une destination touristique très prisée. Notamment à cause des nombreuses usines Bayer à proximité. La première étape du week-end est donc Köln. Traversée par le Rhin, la quatrième ville la plus peuplée du pays est déjà plus sympa pour passer un agréable moment et y siroter une Kölsch bien fraîche (avec modération). Principale attraction, le Kölner Dom (cathédrale) et la Altstadt. Si vous voulez en savoir plus sur cette ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, nous vous conseillons l’excellent guide réalisé par Fußball Meister. Ensuite pour la seconde étape de ce road trip, nous avons découvert Düsseldorf. Localisée plus au nord. Les bords du Rhin sont particulièrement agréables pour se promener. Mention spéciale à la traditionnelle Altstadt et la königsallee, grande avenue commerçante avec un canal en son centre.

Köln

Située à mi-chemin entre Cologne et Düsseldorf, Leverkusen est une ville allemande née de la révolution industrielle. Indissociablement associée au géant chimique et pharmaceutique Bayer, cette cité abrite l’équipe du TSV Bayer 04 Leverkusen. Sous l’impulsion de Wilhelm Hauschild et de 170 employés co-signataires, une lettre est rédigée (en 1903) à leur employeur pour demander la création d’un club de sport. En 1904, le Turn- und Spielverein Bayer 04 Leverkusen voit le jour. Et en 1907, une section football est créée. L’équipe d’entreprise évolue en Bundesliga depuis 1979 sans interruption. Vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1988 et finaliste de Champion’s League en 2002, Michael Ballack, Ulf Kirsten, Jens Nowotny, Rudi Völler (actuel DS du club) ou Zé Roberto ont porté le maillot des Werkself. Mais le club le plus populaire du coin est le 1.FC Cologne, leader de la Buli 2.

La programmation de cette 28ème journée propose un choc avec la réception du troisième du classement : le RB Leipzig. Les Rotten Bullen, emmenés par Emil Forsberg et Timo Werner, viennent avec de grandes ambitions. Le départ pour le stade commence à la Hauptbahnhof de Cologne. Après vingt minutes de S-Bahn (train express urbain, le RER allemand), nous traversons un parc arboré avant d’entrevoir la BayArena. D’une capacité de 30210 spectateurs, l’affiche du jour a drainé 28 845 personnes. Le stade abrite des salles de conférence, un restaurant avec vue sur la pelouse et également un hôtel attenant à la tribune nord. Avant de pénétrer dans l’enceinte, des portraits géants des anciennes gloires de l’équipe locale s’affichent sur les murs. Il est temps de pénétrer dans l’arène. La fouille est minutieuse. La rigueur germanique.

Match

Bayer Leverkusen XI : Hradecky; Weiser, Tah, S. Bender, Wendell; Baumgartlinger, Aranguiz, Brandt; Havertz, Volland, Bailey Remp. Alario, Paulinho (entrés en jeu) Manager : Peter Bosz

RB Leipzig XI : Gulacsi; Klostermann, Konaté, Orban, Halstenberg; Sabitzer, Laimer, Kampl, Haïdara; Werner, Forsberg Remp. Cunha, Demme, Mukiele (entrés en jeu) Manager : Ralf Rangnick

Comme souvent en Bundesliga, le match débute sur un rythme élevé. Le Bayer attaque fort avec son quatuor offensif composé de Bailey, Brandt, Havertz et Volland. Le premier but intervient rapidement (11′). Suite à une touche, Brandt lance Volland en profondeur. À la lutte avec Orban, le N°31 crochète le défenseur. Le Hongrois est en retard et fauche l’attaquant. Penalty. L’occasion est facilement transformée par le petit surdoué du Bayer : Kai Havertz (1-0). Le RB Leipzig est dans le dur. Après une nouvelle combinaison entre Havertz et Brandt, l’international allemand lance parfaitement Volland. Un tête à tête manqué par le gaucher. Mais une vilaine faute de Aranguiz (averti par M.Weltz) donne l’opportunité aux visiteurs de revenir dans le match. Forsberg et Sabitzer sont à la manœuvre. Finalement, l’autrichien se charge de l’exécution. Le coup franc direct est magistralement réalisé avec puissance et précision (17′). Il trompe un Hradecky impuissant (1-1).

« Le résultat n’est pas bon, cela tient aussi à notre efficacité et à nos chances. Encore une fois aujourd’hui, nous avons la chance de faire 2-0, mais nous ne l’avons pas utilisé et avons plutôt concédé l’égalisation. Cela nous arrive trop souvent. » – Peter Bosz

Cependant, le Bayer ne se laisse pas abattre par cette égalisation. Sur un corner mal repoussé par la défense (23′), Kai Havertz déclenche une splendide volée du gauche en pivot et en déséquilibre arrière rentrant avec l’aide du montant (2-1). Avec ce but, Havertz (19 ans et 299 jours) est devenu le troisième plus jeune joueur de l’histoire à inscrire 12 buts lors d’une même saison de Bundesliga. Le plus jeune depuis Ditmar Jakobs en 1973 (RW Oberhausen) La mi-temps s’achève sur ce score logique en faveur du Bayer. Les joueurs de Bosz ont dominé le premier acte (possession 67/33, total passes 357/176, total tirs 6/4, cadrés 4/1).

Après la pause, le RB Leipzig montre un autre visage. Pourtant, Leon Bailey pense donner un plus large avantage à son équipe. Mais sa réalisation est justement annulé par la VAR. Ensuite, suite à une belle percée et un bon décalage sur le côté gauche de Forsberg (64′), Timo Werner efface avec une déconcertante facilité Weiser avant de placer une frappe chirurgicale dans le petit filet opposé (2-2). Le Bayer vient de prendre un coup sur la tête. Et ce n’est pas fini. Konaté part dans un rush dans l’axe du terrain, décale sur la droite Laimer. Son centre arrive au second poteau. Il est remisé du gauche par Halstenberg. Weiser est sur la trajectoire. Dans un premier temps, l’arbitre ne signale rien. Quelques instants plus tard, il arrête le jeu et se dirige vers son écran de contrôle. Alerté par la VAR (71′), il accorde un penalty (chacun pourra se faire son idée ci-dessous) transformé par Forsberg (2-3). La rencontre a totalement changé de physionomie. Après une très belle première période, Leverkusen s’est effrité. Leipzig a réussi une belle remontée au score. Peter Bosz tente d’inverser la tendance avec l’entrée de Alario.

« Nous avons dominé la deuxième mi-temps, montrant nos forces et révélant les faiblesses de Leverkusen. En fin de compte, nous n’avons pas gagné sans raison. C’est une grande victoire pour nous ! » – Ralf Rangnick

Le coaching est presque payant. Sur un centre de Wendell, le buteur argentin place une tête croisée. Juste à côté du poteau droit d’un Gulacsi battu. Quelques minutes plus tard, la partie tourne au fiasco pour le Bayer. Entré juste après la pause (46′), le brésilien Cunha nous gratifie du but du week-end. Et pourtant, ceux de Havertz et de Sabitzer étaient déjà magnifiques. Sur un long dégagement, Sabitzer dévie pour Werner. Le N°11 lui remet instantanément. Sabitzer le ressert immédiatement sur le flanc gauche. Werner tente un petit ballon dans l’axe. Toute l’action se joue en une touche de balle. Sven Bender est pris de court. Cunha en profite pour prendre de vitesse son adversaire. Wendell accourt à son encontre. Le duel de brésiliens tourne à l’avantage de l’attaquant. Il mystifie son compatriote d’une splendide roulette à l’entrée de la surface. Cunha se retrouve alors devant Hradecky. Il continue son festival en piquant son ballon au dessus du gardien finlandais (2-4). Merveilleux. L’effondrement du Bayer se caractérise par cette stat : aucun tir cadré en seconde période. C’est la troisième défaite consécutive pour Leverkusen. Leipzig prend un peu d’avance sur l’Eintracht Francfort dans la course à la troisième position (55 vs 52 pts).

Bilan

Le but de Sabitzer

Pour une première expérience en Allemagne et en Bundesliga, cette rencontre a été une merveilleuse publicité pour ce championnat. Un stade moderne, bien rempli et à taille humaine, une vraie ambiance de football avec un kop énergique et la présence massive de supporters adverses, des buts en quantité et de qualité, du suspens, des retournements de situation. Tous les ingrédients étaient réunis pour passer une excellente après-midi. Seul bémol, le système de carte pour régler les boissons ou bratwurts. Intéressant pour les habitués. Moins pour les spectateurs d’un jour. Le bilan est plus que positif. Les découvertes de Köln et Düsseldorf ont aussi été enthousiasmantes. Le dépaysement est garanti. Et une autre virée en Allemagne est même envisagée avant la fin 2019.

Cette affiche de la 28ème journée a tenu toutes ces promesses. Nous avons passé un très bon week-end mixant visites touristiques et événement sportif. La Bundesliga est un championnat attractif, avec des tarifs intéressants, une réelle volonté offensive, l’émergence de jeunes talents dans différents clubs et des supporters passionnés. Si vous n’y êtes pas encore allés, un seul conseil : Foncez !