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Arsenal-Chelsea : plus qu’une simple rivalité

Arsenal-Chelsea : plus qu’une simple rivalité

Si le North London Derby est bien plus clivant, l’opposition entre Arsenal et Chelsea a pris une nouvelle dimension avec l’arrivée de Roman Abramovitch à la tête des Blues. L’émergence d’un nouveau concurrent direct pour le titre a réveillé une rivalité datant des années 30. Décryptage.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Un peu d’histoire

Remontons le temps et retournons au début du XX ème siècle. Nous sommes le 9 novembre 1907 et Stamford Bridge est le théâtre de ce premier duel entre les deux équipes londoniennes. 65 000 spectateurs s’entassent pour assister à ce match. Chelsea sort vainqueur de cette partie en l’emportant sur le score de 2-1. Ce derby a toujours attiré les foules. Et si nous exceptons les matches disputés à Wembley, la plus forte affluence est enregistrée en 1935. Toujours au Bridge. 82 905 spectateurs sont présents pour assister au partage des points (1-1) entre Blues et Gunners. Il s’agit de la deuxième plus grande fréquentation pour un match du championnat anglais.

Dans les années 1960, Chelsea domine le duel avec un bilan global de quatorze victoires, deux nuls et seulement deux défaites au cours de la décennie. Mais l’intensité de cette rivalité historique va croître au début des années 2000. Depuis l’arrivée de Arsène Wenger, Arsenal a pris une nouvelle dimension. Ils remportent le titre et la FA Cup en 1998 et en 2002. Londres est sous domination des Gunners. L’acquisition de Chelsea par Roman Abramovitch va changer la donne. Chelski, dénommé ironiquement par les autres fans, devient un concurrent sérieux pour le titre. Et après deux ans de mandat, les efforts du magnat russe sont récompensés par le sacre de 2005. Une première depuis 1955.

« Je pense que Wenger est l’une de ces personnes que l’on appelle un voyeur. Il aime regarder les autres. Il y a quelques types qui, quand ils sont chez eux, ont un gros télescope pour voir ce qu’il se passe dans les autres familles. Il parle, il parle et il parle de Chelsea. » José Mourinho

Par la suite, plusieurs évènements vont alimenter ce regain de rivalité entre les deux clubs. En 2006, le transfert de Ashley Cole (de Arsenal vers Chelsea) fait couler beaucoup d’encre. Puis en 2007, lors de la finale de la League Cup, plusieurs incidents se déroulent tout au long de la partie. Notamment en fin de match, quand une bagarre entre Frank Lampard, Cesc Fàbregas et d’autres joueurs éclate et nécessite de nombreuses sanctions administratives. Adebayor, Obi Mikel et Kolo Touré sont exclus. Enfin, lassé des provocations du manager portugais José Mourinho, Arsène Wenger perd son flegme « britannique » et bouscule son homologue. En 2009, dans un sondage réalisé par Football Fans Census, après leurs rivaux traditionnels de Tottenham, les fans de Arsenal ont désigné Chelsea comme le club qu’ils n’aimaient pas le plus. Et en 2014, un article du Bleacher Report classe Arsenal au deuxième rang des rivaux les plus détestés de Chelsea.

 

 

Palmarès 

Le bilan global des rencontres entre les deux équipes est à l’avantage de Arsenal avec 75 victoires contre 63 pour Chelsea et 58 nuls (au 18 août 2018). Le 29 novembre 1930, Arsenal remporte une victoire record écrasant Chelsea 5-1 à Stamford Bridge. Le 22 mars 2014, Chelsea s’est vengé en étrillant les Gunners 6-0 à domicile (record pour les Blues) pour la 1000e apparition de Wenger sur le banc de Arsenal. Le 11 novembre 1998, Chelsea avait déjà inscrit cinq buts contre Arsenal à Highbury. Mais surtout le 29 septembre 2012, Chelsea devient la première équipe à battre Arsenal à trois reprises à l’Emirates avec une victoire 2-1 à l’extérieur. Didier Drogba détient le record du plus grand nombre de buts du derby avec treize buts dans toutes les compétitions.

« C’est l’un des pires matches de ma carrière. Après 20 minutes, le match était fini. Ensuite, c’est long. On ne se prépare pas pour ce genre d’expérience. » Arsène Wenger après le match opposant Chelsea à Arsenal (6-0).

Depuis leur fondation, Arsenal a conquis treize titres de champion d’Angleterre (1930–31, 1932–33, 1933–34, 1934–35, 1937–38, 1947–48, 1952–53, 1970–71, 1988–89, 1990–91, 1997–98, 2001–02, 2003–04). Cependant, leur dernier titre commence à dater. Après un premier trophée remporté en 1955, Chelsea a connu une longue période de disette (50 ans) avant de retrouver le chemin du succès. Mais depuis, les Blues se sont bien rattrapés avec cinq couronnes (2004–05, 2005–06, 2009–10, 2014–15, 2016–17). Arsenal détient le record de victoires en FA Cup avec treize succès. Chelsea en compte huit. C’est le tenant du titre.

Mais si Arsenal domine Chelsea sur le terrain national, Chelsea devance son rival au plan continental avec un succès en Champion’s League (2012), en Europa League (2013), en Coupe des vainqueurs de coupe de l’UEFA (1971, 1998) et même en Super Coupe d’Europe (1998). Contre seulement une victoire en Coupe des vainqueurs de coupe de l’UEFA en 1994 contre Parme. Pourtant, Arsenal a eu les opportunités pour remporter d’autres compétitions européennes. D’abord en 1980, ils échouent en finale de la Coupe des vainqueurs de coupe contre Valence (0-0, 5-4 tab). Puis en 1995, encore dans cette même compétition, ils perdent de nouveau contre une équipe espagnole. Cette fois, c’est face au Real Saragosse de Gus Poyet (1-2 ap) En 2000, ils échouent en finale de la Coupe de l’UEFA contre Galatasaray (0-0, 4-1 tab). Davor Šuker et Patrick Vieira ratent leur tentative. Puis en 2006 au Stade de France, malgré une bonne entame de match contre le Barça, l’expulsion de Lehmann change la donne. Pourtant, Sol Campbell ouvre la marque. Mais, après une belle résistance, Arsenal cède à deux reprises. Finalement, les catalans l’emportent 2-1.

Ils ont porté les deux maillots

George Graham  (Chelsea 1964/66, Arsenal 1966/72 et 1986/95) :

Après avoir débuté sous le maillot de Aston Villa, Chelsea le recrute en juillet 1964 pour 5 000 £. Avec les Blues, Graham marque 35 buts en 72 matches. Il remporte la League Cup 1965. Puni par son entraîneur (Docherty), avec sept coéquipiers, pour avoir enfreint le couvre-feu d’avant-match, il rejoint Arsenal. Meilleur buteur du club en 1967 et 1968, Graham migre sur l’aile après l’arrivée de John Radford. Malgré des échecs en finale de League Cup 1968 et 1969, il remporte la Coupe des Villes de Foires (l’ancêtre de la ligue Europa). Et il réalise le doublé en 1971 (FA Cup / Championnat). L’arrivée d’Alan Ball en 1971 réduit son temps de jeu. Graham part pour Manchester United en décembre 1972.

Mais son aventure avec les Gunners n’est pas terminée. Reconverti comme manager, il prend en charge son ancien club en 1986. Lors de son arrivée, il permet l’émergence de jeunes talents comme Tony Adams, Steve Bould, Lee Dixon ou Nigel Winterburn. Ils deviendront les tauliers du club pendant plus d’une décennie. Réputée comme une équipe défensive, Arsenal s’appuie néanmoins sur des joueurs offensifs plutôt doués (Merson, Rocastle, Alan Smith).

Pendant son règne, les Gunners renouent avec le succès. Sans titre depuis l’obtention de la FA Cup en 1979, Arsenal dépoussière son armoire à trophée en remportant la League Cup 1987. Puis en 1989 en gagnant leur premier titre de champion d’Angleterre depuis 1971, date du dernier titre remporté par le club avec un certain George Graham sur le terrain. Le palmarès s’enrichit d’un nouveau titre de champion en 1991, d’un Charity Shield (partagé) en 1991, d’une FA Cup en 1993, d’une League Cup en 1993 et d’une Coupe des vainqueurs de coupe en 1994. Son aventure sur le banc de Highbury se termine par un scandale. Banni un an par la FA, il est reconnu coupable d’avoir accepté un paiement illégal de 425 000 £ de la part d’un agent de joueur pour l’achat de deux de ses clients.

Nicolas Anelka (Arsenal 1997/99, Chelsea 2008/12) :

Débauché du PSG (son club formateur) par Arsenal à l’âge de 17 ans pour 500 000 £, Anelka est considéré comme un futur grand. Utilisé avec parcimonie à son arrivée à Londres, il bénéficie de la longue blessure de Ian Wright pour faire son trou dans le XI. En novembre 1997, il marque son premier but contre Man United. Et ensuite, il joue un rôle clé dans l’obtention du doublé (FA Cup / championnat). Ses qualités de vitesse et de finition lui valent le titre de meilleur buteur (17 buts) du club en 1998/99.

« Je suis toujours resté en relation avec Nicolas, parce que je l’aime bien et que je continue de croire au fond de moi qu’il n’a jamais perdu contact avec Arsenal. Je crois qu’il aime toujours ce club. » Arsène Wenger

Cependant, l’aventure londonienne tourne court. Très courtisé par de nombreuses écuries européennes, les fans lui reprochent son manque d’enthousiasme. Lors de l’intersaison, il manifeste clairement son désir de quitter le club. Et après de longues tractations, il rejoint le Real Madrid pour un montant de 22,3M£. Quasiment dix ans après, et plusieurs transferts (retour au PSG, Liverpool, Man City, Fenerbahçe et Bolton), il opte pour Chelsea.

Arrivé en janvier 2008, son adaptation est difficile. Lors de la finale de Champion’s League à Moscou, il voit sa tentative de tir au but détournée par Edwin van der Sar. Cet échec offre la coupe à United. Pourtant, Anelka rebondit. Il profite de la blessure de Drogba pour gagner ses galons de titulaires. Puis, il trouve régulièrement le chemin du but. En 2009, il remporte à nouveau le doublé (FA Cup / championnat). Cependant, malgré un ratio intéressant (59 buts en 184 matches au total), Villas-Boas le pousse vers la sortie en le mettant à disposition de l’équipe junior pour les séances d’entrainement. Anelka part en Chine avec un salaire mirobolant de 175 000 £ par semaine.

Emmanuel Petit (Arsenal 1997/00, Chelsea 2001/04) :

Emmanuel Petit débute sa carrière pro à 18 ans sur le Rocher. Près d’une décennie plus tard, il rejoint son mentor (Arsène Wenger) à Londres. Associé à Patrick Vieira au milieu de terrain, le duo français devient rapidement très complémentaire. Et amène Arsenal vers le succès en coupe et en championnat dès leur première saison. Après trois saisons avec les Gunners, le normand tente l’aventure catalane avec le Barça. C’est un échec total. Et seulement un an après son départ de la capitale anglaise, il revient à Londres.

Mais cette fois, il enfile le maillot des Blues. Sa première saison est décevante même si l’équipe parvient en finale de la FA Cup contre … Arsenal (défaite 2-0). À partir de la saison 2002/03, il reforme un nouveau duo dans l’entrejeu. Cette fois, l’association payante est composée avec Frank Lampard. Cependant, une série de blessures au genou l’oblige à passer la majeure partie de sa dernière année sur la touche. Non prolongé et laissé libre à l’été 2004, Petit annonce officiellement sa retraite sportive en janvier 2005.

« Je n’ai vraiment pas aimé la façon dont cela s’est terminé dans le vestiaire, avec le personnel médical et le président (Abramovich) à Chelsea. J’étais même dégoûté. C’est pour ça que je suis parti et que je ne leur ai plus donné de nouvelles de moi après ça. » Emmanuel Petit

 Ashley Cole (Arsenal 1999/06, Chelsea 2006/14) :

Pur produit de la formation des Gunners, Ashley Cole est rapidement considéré comme un grand espoir à son poste de latéral gauche. Et Wenger n’hésite pas à le mettre sur le terrain. Il n’a que 18 ans quand il débute en pro mais il ne signe son premier contrat professionnel que trois mois plus tard. D’abord en concurrence avec Sylvinho, Cole bénéficie d’une blessure du brésilien pour devenir le titulaire indiscutable du poste. Avec Arsenal, il gagne deux titres de champion (2002 et 2004) et trois FA Cup (2002, 2003 et 2005).

Dès 2005, son transfert vers Chelsea devient une saga pour les tabloïds. Reconnu coupable d’avoir pris contact avec Chelsea sans en informer Chelsea. Ashley Cole écope d’une amende de la part de la PL. Finalement, après des mois de négociations entre les deux clubs, le transfert est acté le dernier jour du mercato estival. Les fans de Arsenal vivent mal ce mouvement vécu comme une trahison. Lors de la première rencontre entre les deux équipes, ils impriment et agitent des faux billets de 20£ à l’effigie de Cashley (nouveau surnom du joueur auprès de ses anciens fans).

« Je pardonne à Arsenal, Je pense qu’ils ne m’ont pas respecté comme je pensais que je le méritais à Arsenal. Pour moi, c’est une question de respect. J’ai tout donné avec mon cœur à Arsenal et j’étais honnête quand j’étais là bas. Les gens pensent que je suis quelqu’un sans principes, mais je suis quelqu’un qui veut vraiment gagner des titres. » Ashley Cole

Durant son passage avec Chelsea, Cole connait de graves blessures (genou et cheville cassée) l’éloignant des terrains peu après ses début au club. Mais surtout, il remporte de nombreux trophées : un titre de champion en 2009, quatre FA Cup en 2007, 2009, 2010 et 2012, une League Cup en 2007, un Community Shield en 2009, une Champion’s League en 2012 et une Europa League en 2013. Grand animateur offensivement du flanc gauche de son équipe, Cole délivre également de nombreuses passes décisives grâce à ses centres millimétrés. Après huit saisons, il est laissé libre en 2014 et s’engage avec la Roma.

William Gallas (Chelsea 2001/06, Arsenal 2006/10) :

Recruté en 2001 par Chelsea à Marseille, Gallas est rapidement associé à Marcel Desailly puis à John Terry. Avec le défenseur anglais, ils signent une série de 16 matches sans encaisser le moindre but. Sous les ordres de Mourinho, il remporte le titre et la League Cup en 2005. Il démontre, un peu à contrecœur, toute sa polyvalence en suppléant Bridge au poste de latéral gauche malgré le recrutement de Asier Del Horno (gros flop). Il marque des buts décisifs à Tottenham Hotspur, Liverpool et Manchester United pour la conservation de leur couronne.

« Je suis surpris et choqué par ces propos. Je n’ai bien entendu jamais dit que je marquerais contre mon camp si je devais rejouer avec Chelsea. J’ai été très ferme dans ma volonté de partir, ça c’est clair. » William Gallas

Son refus de prolonger son contrat (expirant en juin 2007) marque la fin de son épopée avec Chelsea. Surtout que l’arrivée de Boulahrouz bloque son horizon dans l »axe central. Inclus dans le deal avec Ashley Cole, il migre pour Arsenal. Nommé capitaine dès son arrivée à l’Emirates, il inscrit le but de la victoire contre ses anciens coéquipiers. Cependant, en dépit de bonnes prestations avec son nouveau club, il ne parvient pas à enrichir son palmarès.

Après quatre ans, il ne parvient pas à trouver un accord avec sa direction. Peter Hill-Wood lui reproche de demander un salaire trop important. Il reste dans le nord de la capitale. Et endosse le maillot des Spurs. Premier joueur à évoluer pour Chelsea, Arsenal et Tottenham, Gallas marque de son empreinte l’histoire de la Premier League.

Cesc Fàbregas (Arsenal 2003/11, Chelsea 2014/19) :

Pur produit de la formation catalane, Cesc quitte (à seulement 16 ans) son cocon espagnol pour terminer sa formation à l’Academy de Arsenal. Bien que son adaptation à la vie britannique soit compliquée, il ne tarde pas à démontrer son immense potentiel. Dans un premier temps, Wenger lui donne du temps de jeu en League Cup. Plus jeune joueur d’Arsenal à débuter en équipe première à l’âge de 16 ans et 177 jours et plus jeune buteur de l’histoire d’Arsenal en marquant contre les Wolves (5-1), il bénéficie des blessures de Patrick Vieira, Gilberto Silva et Edu pour faire ses premières apparitions en Premier League.

Ensuite, malgré un physique assez léger, son apport au milieu du terrain ne cesse de prendre de l’ampleur. Inspiré par Pep Guardiola et Patrick Vieira, Cesc démontre une grande maturité. Doté d’une vision du jeu, d’une technique et d’un sens de la passe au dessus de la moyenne, il devient la principale force créatrice comme en témoignent ses nombreuses offrandes décisives. Incontournable et indiscutable, il devient le capitaine de l’équipe en 2008. La fin de son aventure avec les Gunners est marquée par de nombreuses blessures réduisant son temps de jeu. Régulièrement courtisé par des clubs de toute l’Europe, il choisit de revenir dans son club formateur : le Barça.

« Cesc Fabregas portera certes le maillot de Chelsea aujourd’hui, mais, à mes yeux, il sera toujours en rouge. J’ai déjà entendu qu’il n’aura pas un super accueil de la part des supporteurs d’Arsenal, mais je serai l’un de ceux qui l’applaudiront. » Thierry Henry

Trois saisons plus tard, il retourne à Londres. Mais plus à l’ouest. Direction le Bridge. Mourinho le place en position de meneur de jeu avec pour mission d’alimenter son compatriote et buteur Diego Costa. Objetcif atteint avec dix-huit passes décisives pour le n°4 des Blues. Épaulé par Nemanja Matić, spécialisé dans la récupération des ballons, Fàbregas dicte le tempo de l’équipe. Et dès la première saison, Chelsea remporte le titre de champion. Après une année marquée par l’éviction de Mourinho, Chelsea récupère sa couronne avec Antonio Conte comme chef d’orchestre. Cesc est utilisé dans la rotation suite à l’arrivée du français N’golo Kanté. Mais avec douze assists, il joue un rôle important dans la course au titre. Ensuite, comme après le sacre de 2015, Chelsea n’arrive pas à enchainer. L’arrivée de Sarri sur le banc, de Jorginho et de Kovačić le condamne à jouer les seconds rôles. Début 2019, il s’engage avec Monaco.

Petr Čech (Chelsea 2004/15, Arsenal 2015/19 ?) :

Si Petr Čech n’a que 22 ans quand il arrive à Chelsea, le jeune portier a déjà fait ses preuves dans son pays. Mais également en Ligue 1 avec Rennes. En concurrence avec Carlo Cudicini, le tchèque bénéfice de la blessure au coude de son homologue pour prendre la place de titulaire. Il ne quittera plus les buts jusqu’à l’arrivée effective de Thibaut Courtois en 2014. Čech confirme les attentes placées en lui depuis son plus jeune âge et devient vite l’un des meilleurs portiers

Son sens du placement, sa concentration, son timing et son physique (1M96) pour s’imposer sur les centres ou lors des sorties dans les pieds de l’attaquant sont ses principaux atouts. Son seul « défaut » est une légère imperfection dans son jeu au pied par rapport à la nouvelle génération. Un choc violent à la tête lors d’une sortie périlleuse dans les pieds de Stephen Hunt l’oblige à porter en permanence une protection. Cet accessoire indispensable devient un signe distinctif. Spécialisé dans les clean sheets (il détient le record avec 202 matches sans encaisser de but), Čech joue un rôle primordial dans la conquête des nombreux titres glanés avec Chelsea. Mais après plus d’une décennie au Bridge, le gardien recherche de nouveaux défis. Il choisit Arsenal pour se relancer.

« L’été dernier, les choses ont changé et j’ai compris que je n’étais plus le gardien de but n°1, mais j’ai senti que ce n’était pas le bon moment pour moi de partir. Au cours de la saison, il est devenu évident que ma situation ne s’améliorerait pas et, comme je sais que je n’en suis pas au stade de ma carrière où je veux être sur le banc, j’ai pris la décision de partir et de chercher de nouveaux défis. »Petr Čech

Ses prestations avec les Gunners lui valent de devenir l’unique gardien à remporter le titre des Golden Glove (VF Gants Dorés) de PL avec deux clubs différents. Malgré la concurrence, Čech continue d’aligner les perfs. Pourtant, hormis une place de dauphin en 2016, Arsenal ne parvient pas à se mêler dans la course au titre. Les Gunners se consolent avec le Community Shield (2015 et 2017) et la FA Cup (2017). L’âge avançant (36 ans), le départ de Wenger combinés aux arrivées de Emery et de Leno réduisent ses apparitions. Sous contrat jusqu’en juin 2019, la carrière du tchèque pourrait s’interrompre après 18 ans de services.