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Burnley : retour à l’ordinaire

Burnley : retour à l’ordinaire

Équipe surprise de l’édition 2017/18, Burnley a complètement manqué son début de championnat. Un retour à l’ordinaire après une parenthèse enchantée. Des rêves européens au spectre de la relégation, il peut parfois n’y avoir qu’un pas. Explications. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

 

 

Un début de saison inhabituel

1967. À l’époque, la Ligue Europa se dénomme Coupe des villes de foire. Et c’est également la date de la dernière participation du club du Lancashire à une compétition continentale. Leurs adversaires, l’Eintracht Francfort, s’imposent (1-1/1-2). Après 51 ans d’attente et d’absence, Burnley regoûte enfin aux rencontres européennes. Qualifiés pour le second tour préliminaire de l’Europa League grâce à leur septième place, les joueurs de Sean Dyche ont permis aux spectateurs du Turf Moor d’assister à cette prestigieuse compétition.

Afin de bien se préparer pour cette épreuve, les Clarets connaissent donc une trêve estivale écourtée. Une situation nouvelle pour un club peu habitué à disputer l’Europe. Un véritable parcours du combattant pour un club aux moyens limités. Avec les rencontres amicales (6 parties), un total de six matches les opposant à Aberdeen, à Basaksehir et à l’Olympiacos complètent cette intersaison estivale. Et si l’Europe peut parfois booster un effectif en cas de succès, elle peut également avoir des conséquences néfastes en cas d’échec.

« Nous avons eu un bon départ l’année dernière mais il y a eu probablement plus d’attente sur nous. » James Tarkowski

Malheureusement pour les anglais, leurs espoirs européens sont stoppés par l’équipe grecque, plus coutumière aux joutes continentales. Cette courte expérience européenne aura coûté beaucoup d’énergie. Pour arriver au dernier tour préliminaire, Burnley a connu deux prolongations. Soit soixante minutes supplémentaires dans les jambes. Et aussi des problèmes de santé. Nick Pope a ainsi rejoint l’infirmerie suite à la dislocation de son épaule contre Aberdeen. Un véritable coup dur. Cette répétition de matches n’est pas la meilleure façon de préparer la nouvelle saison. D’ailleurs, le début de saison raté en est l’illustration.

Une fébrilité défensive

L’an dernier, Burnley a bâti ses succès en s’appuyant sur plusieurs facteurs : un collectif bien huilé, un jeu old school mais efficace et une défense de fer. Avec seulement 39 buts encaissés en 38 matches de PL, soit une moyenne d’environ un but par match, le back four des Clarets n’avait rien à envier aux grosses écuries de la ligue. Ainsi, à titre d’exemple, Chelsea et Liverpool ont quasiment pris le même nombre de buts sur toute la saison (38).

« C’est un championnat très, très difficile. À chaque fois qu’une équipe atteint un nouveau pallier, le club et les supporters en attendent tout de suite plus. Pour certains clubs, l’idée de faire partie du milieu de tableau n’a rien d’excitant, mais croyez-moi que ça l’est pour nous et pour nos supporters. » Sean Dyche, Sky Sports

Cette saison, la défense n’est plus aussi hermétique. Elle a déjà cédé lors de six journées sur sept pour un total de onze buts encaissés. Mais ce n’est pas le principal. Lors de l’exercice précédent, Burnley n’avait réellement pris l’eau qu’à trois reprises contre Arsenal (5-0), Manchester City (3-0) et Tottenham (0-3). Des cadors. Hors depuis la reprise, l’arrière garde a encaissé trois et quatre buts. Mais contre Watford (1-3) et … Fulham (4-2), un promu. Les Clarets ont également concédé des défaites contre Manchester United (0-2) et Wolverhampton (1-0), un autre promu. Les coéquipiers de James Tarkowski semblent avoir perdu leur solidité, synonyme de leur réussite passée.

Et cela peut poser de gros problèmes. En effet, l’imperméabilité défensive est la base tactique de Dyche. Le « Mourinho roux » a besoin d’une défense et d’un milieu de terrain compacts pour endiguer les assauts adverses. Pour ensuite mieux exploser en contre en s’appuyant sur un jeu long et direct vers l’unique attaquant de pointe. Cependant, cette déficience (temporaire ?) défensive pourrait être compensée par une avalanche de buts. Hors ce n’est pas vraiment le cas ! Seulement quatorzième attaque du championnat précédent (36 buts marqués), Burnley avait pris l’habitude de remporter ses succès par un but d’écart douze victoires sur quatorze : six fois 1-0 et six fois 2-1. La récente victoire 4-0 contre Bournemouth est anachronique. Avec une moyenne avec 9 buts inscrits en sept journées de PL, les Clarets semblent être repartis sur le même base que la saison dernière.

De nouvelles attentes ? 

Malgré la perspective de disputer l’Europe, Burnley a gardé les pieds sur Terre. D’ailleurs, l’investissement estival sur le marché des transferts a été vraiment sobre. Le recrutement ciblé. L’équipe enregistre les arrivées de Ben Gibson, de Joe Hart et de Matěj Vydra. Après être monté en Premier League en 2016, le projet du club est toujours de s’installer durablement parmi l’élite. Sean Dyche l’explique bien dans les colonnes du Guardian :

« Nous aimerions nous établir en tant qu’équipe régulière de la Premier League, une équipe à laquelle vous allez de vous habituer, année après année, et nous n’y sommes pas encore. Nous ne sommes pas assez grands ni audacieux pour faire des déclarations grandioses sur ce que nous allons faire. Rester en Premier League est toujours notre point de départ. Seulement un point de départ, cependant. Nous aimerions continuer à progresser et vous devez faire attention à ne pas fixer vos objectifs trop bas. »

Mais la très bonne saison 2017/18 a amené de nouvelles attentes. De nombreux observateurs et supporters s’attendaient à voir l’équipe rééditer leur bonne performance. Ces nouvelles attentes ont sûrement ajouté une pression supplémentaire sur les épaules d’un effectif peu habitué à jouer les premiers rôles. Le retour à la réalité est plutôt brutale. Quatre défaites au compteur. Seulement un point en cinq journées. En comparaison la saison dernière, l’équipe comptait déjà huit points en ayant affronté Chelsea (au Bridge), Tottenham (à Wembley) et Liverpool (à Anfield). Le jour et la nuit.

Après avoir redressé la tête contre Bournemouth (4-0), Burnley a signé une seconde victoire consécutive contre le promu Cardiff (1-2). Un succès à l’arraché malgré une domination galloise. Un succès similaire à ceux enregistrés la saison précédente. Et enfin un succès au réalisme implacable. Deux frappes cadrées, deux buts. Le fantasque Sean Dyche a donc stoppé l’hémorragie et redressé la barre. Un regain de forme et de confiance nécessaire pour éviter de vivre une saison cauchemar.

Après deux victoires de rang, Burnley espère continuer sa bonne série en rencontrant une équipe en très grosse difficulté : Huddersfield. Un match piège face à un adversaire en quête de points. L’occasion de se replacer dans le ventre mou du classement, de s’éloigner un peu plus de la zone de relégation et de rentrer dans le rang.