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Liverpool FC : objectif titre

Liverpool FC : objectif titre

29 ans. En mai prochain, cela fera exactement 29 ans. Que vous soyez scousers ou pas, vous connaissez bien sûr la date du dernier titre de champion d’Angleterre. C’était en 1990. Une éternité. John Aldridge, John Barnes, Peter Beardsley, Kenny Dalglish, Bruce Grobbelaar, Ronny Rosenthal, Ian Rush, Steve Staunton et cie attendent des successeurs. Et pourquoi pas cette saison ? Analyse.

Par Nicolas Wagner – Twitter @friulconnection

 

 

Un effectif renforcé

Quatrième de Premier League et finaliste malheureux de Champion’s League, l’exercice 2017/18 a été productif pour les Reds. Mais encore une fois, aucun titre n’est venu s’ajouter à la prestigieuse collection (51 titres majeurs) accumulée depuis la création du club en 1892. Pour tenter de ramener la couronne de champion sur les bords de la Mersey, Klopp a réalisé un mercato coûteux (161M£) mais intelligent composé seulement de quatre éléments : Alisson Becker, Fabinho, Naby Keïta et Xherdan Shaqiri.

Déjà la saison écoulée, Jürgen Klopp avait voulu s’inscrire dans une certaine continuité. Il n’avait pas chamboulé son effectif. Il avait plutôt ciblé des postes clés à renforcer pour permettre à son équipe de franchir un palier. Ainsi Alex Oxlade-Chamberlain, Andrew Robertson, Mohamed Salah puis en janvier, après un long feuilleton digne d’un soap opéra mexicain, Virgil van Dijk avaient rejoint Melwood. D’ailleurs, si l’arrivée du néerlandais a été longue à se dessiner, elle répondait parfaitement à une carence qualitative et quantitative de l’effectif liverpuldien. En effet, seuls Dejan Lovren, Joël Matip ou Ragnar Klavan pouvaient composer la charnière centrale. Sans oublier le jeune Joe Gomez.

« Il a une grande personnalité. Il a faim, la volonté de se surpasser, et après le football, il est un milieu de terrain complet. Il est bon avec la balle, il court et dribble très rapidement avec le ballon, mais il aime aussi prendre ses responsabilités sur le terrain. Parfois, il peut jouer comme numéro 6, mais je le vois plus comme un 8. Je pense qu’il peut jouer devant le milieu qui dirige et être proche des trois attaquants devant afin de trouver l’espace et de peser offensivement. Il peut avoir ce rôle pour trouver l’espace et être là-haut. Donc c’est une bonne signature. » Xabi Alonso, site officiel Liverpool FC

Le technicien allemand a compensé le départ de Emre Can (fin de contrat) à la Juventus par les arrivées de Fabinho et Naby Keïta. Le transfert du malien, ancien joueur du FC Istres, était déjà prévu de longue date. En effet, un accord avait été conclu avec le RB Leipzig dès fin août 2017. Débordant d’activité dans l’entrejeu, ce milieu box to box, souvent comparé à N’golo Kanté, semble déjà s’être parfaitement acclimaté à la Premier League. Avec le N°8 (Stevie G.) sur les épaules, ses prestations vont être scrutées avec attention à Anfield.

Un gardien solide

Alisson Becker est l’autre recrue estivale de poids du mercato des Reds. Arrivé en provenance de la Roma contre un chèque de 67M£, gardien le plus cher de l’histoire, le portier brésilien doit permettre au club du nord-ouest du Royaume de retrouver une certaine stabilité à un poste très exposé, toujours en quête d’un successeur à Pepe Reina depuis le départ de l’ibère pour le Napoli en 2013.

Ni Simon Mignolet, ni Loris Karius, malgré chacun certaines qualités, n’ont réussi à devenir un titulaire incontournable, incontestable dans les buts de Liverpool. Que ce soit le belge ou l’allemand, chacun a commis des erreurs assez énormes. Capables de coups d’éclats ou d’arrêts improbables, les deux portiers n’ont pas eu la régularité nécessaire aux plus grands spécialistes du poste. Pourtant, Karius semblait avoir pris le dessus sur Mignolet. Mais ses deux erreurs en finale de Champion’s League ont eu raison de son aventure anglaise. Barré par l’arrivée de Alisson, l’ex-gardien de Mayence est parti se refaire une santé à Istanbul : au Beşiktaş.

« Au cours des dernières semaines, l’occasion de signer l’un des meilleurs gardiens de but au monde s’est présentée. La réflexion n’a pas été longue, il fallait juste en parler avec les propriétaires. Ils étaient très excités (à l’idée de faire signer Alisson), alors nous l’avons fait. Le prix n’est très pas important, ce n’est pas nous qui décidons du prix, c’est le marché, c’est ainsi et nous n’y penserons pas beaucoup. » Jürgen Klopp

Et si Liverpool a mis le paquet pour recruter le gardien de la Seleção, son très bon parcours avec la Roma n’y est pas étranger. Dans un premier temps, le brésilien est mis en concurrence avec Szczęsny. Doublure du polonais, titulaire en Serie A, Alisson s’illustre en coupes. Nationale et continentale. Quand l’ancien Gunner rejoint Turin, les dirigeants romains lui confient tout naturellement le poste. Ils ne vont pas le regretter. A la tête de la deuxième meilleure défense du championnat (28 buts encaissés) et auteur de 17 clean sheets, ce gardien alliant le physique et l’agilité, “ O Goleiro Gato ” combine également une bonne technique du poste et un excellent instinct.

Malgré une stature imposante (1M93 pour 91 kg), il possède néanmoins une grande réactivité comme le prouvent les 79% d’arrêts effectués en Serie A. Très à l’aise dans le jeu au pied, comme vous avez pu le voir contre Brighton, il peut se défaire facilement du pressing adverse par un dribble. Parfois, cela peut se révéler risqué comme contre Leicester. Cependant, ses qualités balle au pied font de lui également un excellent relanceur.

Et toujours un trio d’enfer

Pour la première fois depuis la création de la Premier League en 1992, les Reds comptent quatre victoires au compteur en autant de journées. Le bilan est déjà élogieux. Avec neufs buts inscrits pour un seul pris, Liverpool marche sur les traces de la saison écoulée. Le potentiel offensif de l’équipe est important. Le trio Firmino, Mané et Salah est déjà bien affûté.

Chaque membre de ce trio infernal compte déjà au moins un but à son actif. Dans le détail, élu joueur du mois d’août en Premier League, Mané est le top scorer avec quatre réalisations. Salah le talonne avec deux buts et une assist. Firmino, lui, est plus généreux dans l’offrande que dans la finition avec un but pour deux passes décisives. La ligne d’attaque est renforcée par le retour d’une vieille connaissance : Daniel Sturridge. Revenu de son (court) prêt à WBA, l’international anglais pourrait idéalement jouer le rôle de super sub. A condition d’être (enfin) débarrassé de ses multiples et récurrents pépins physiques le handicapant depuis plusieurs saisons.

« La Premier League est notre principal objectif, mais aussi l’Europe, après avoir atteint la finale contre le Real Madrid et avoir chuté la saison dernière. Cela nous a laissé une saveur amère en bouche dans nos bouches, mais nous devons être patients et prendre match par match pour atteindre ce que nous voulons vraiment cette fois-ci. » Roberto Firmino

Co-leaders avec le Chelsea de Sarri et l’étonnant club de Watford, Liverpool se rend à Londres en ouverture de la 5ème journée de championnat pour un déplacement périlleux contre un autre membre du Big 6 : les Spurs de Tottenham. Une rencontre importante pour les deux équipes avant le début de la campagne européenne. D’ailleurs, nul doute que Liverpool sera sur ses gardes. En effet, les Reds restent sur une lourde défaite (4-1) contre Tottenham lors de leur dernière visite dans la capitale du Royaume.

Un effectif renforcé avec des joueurs de qualités, une défense imperméable, un milieu créatif et travailleur et une attaque flamboyante, Liverpool fait figure de sérieux prétendant pour la course au titre. Klopp a réussi à retoucher son équipe sans la dénaturer. Juste en améliorant les secteurs de jeu déficitaires en qualité. Pour toutes ces raisons, il faudra compter sur les Reds toute la saison. Et pourquoi pas ramener enfin la couronne à Anfield.