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Napoli : Ancelotti pour passer un cap ?

Napoli : Ancelotti pour passer un cap ?

Principal opposant à la Juve dans la course au Scudetto 2018, le Napoli n’a pas réussi à stopper l’hégémonie bianconera. Pour y remédier, Aurelio De Laurentiis a rapatrié un entraineur au palmarès très fourni : Carlo Ancelotti. Sa mission ? Enrayer la dynamique juventina et mieux figurer en Europe. Décryptage.

Par Nicolas Wagner – Twitter @friulconnection

Retour au pays

Après un tour d’Europe de huit ans, Carlo Ancelotti retrouve (enfin) un banc de Serie A. D’abord, pressenti pour devenir le futur sélectionneur de la Nazionale, Carletto a préféré décliner l’offre pour atterrir au San Paolo. Le rôle de CT, assez éloigné des terrains au quotidien, n’est pas (encore) fait pour lui. Là, il s’offre un défi à sa mesure.

« J’ai refusé des clubs européens et la sélection italienne pour le Napoli » Carlo Ancelotti

Un défi de taille. Et surprenant tant l’association entre le pragmatique coach et la volcanique ville du Sud parait improbable. De plus, Ancelotti nous avait habitué à prendre en main les meilleures équipes européennes (Chelsea, PSG, Real, Bayern) avec des budgets très importants. Là, il rentre dans son pays natal pour un club en pleine croissance mais de standing moindre que ses précédentes équipes.

Si Ancelotti a été choisi par ADL, c’est parce qu’il a toujours gagné partout où il est passé. Son palmarès s’est enrichi de plusieurs titres nationaux (Allemagne, Angleterre et France), continentaux (Champion’s League, Super Coupe d’Europe) et même mondiaux (Coupe du monde des clubs). Et dans des environnements complexes avec des patrons exigeants comme Roman Abramovich, Nasser Al-Khelaïfi ou Florentino Perez.

Pour l’aider dans sa mission, son fils Davide et son gendre Mino Fulco intègrent le staff. Et sa mission consiste à faire passer un cap aux Partenopei. Comment ? En remportant le scudetto. Mais également en donnant à Naples des lettres de noblesse au niveau continental. Avec Ancelotti, le Napoli s’offre un coach habitué à l’Europe et … à gagner, ce qui manquait cruellement ces dernières saisons.

 

Un mercato trop calme ?

Premier gros coup du mercato estival, l’arrivée de Carletto a fait naitre beaucoup d’espoirs chez les tifosi. La presse s’est empressée de lier au Napoli plusieurs joueurs anciennement passés sous les ordres du coach italien comme Karim Benzema, David Luiz ou Arturo Vidal. Mais aucun de ces joueurs n’a rejoint la Campanie.

Finalement, aucune star mais un mercato intéressant. Alex Meret (35M€), grand espoir italien au poste de gardien, dans la plus grande tradition de l’école frioulane, est arrivé pour succéder à Pepe Reina (fin de contrat). Malheureusement, à l’entrainement, lors d’une collision avec Mezzoni, le jeune portier de 21 ans s’est fracturé le cubitus. Malgré la présence du grec Karnezis, débarqué cet été de l’Udinese, Davide Ospina est arrivé en prêt à la fin du mercato.

Kévin Malcuit (11M€), Fabián Ruiz (30M€), Simone Verdi (25M€) et Amin Younes (libre) arrivent pour renforcer l’effectif. Le casting est sympa mais pas de grands noms comme évoqués plus haut. De quoi susciter l’interrogation ou l’irritation chez les tifosi. D’ailleurs, certains ne se sont pas gênés pour le faire savoir à la direction. De Laurentiis a donc fait une sortie savoureuse dont il a le secret :

« Les tifosi veulent qu’on dépense des millions pour signer des joueurs mais eux achètent des faux maillots et fraudent pour rentrer au San Paolo. Ils me contestent mais je les conteste aussi. » Aurelio De Laurentiis

Côté départ, en dépit de nombreuses sollicitations (Hamšík, Koulibaly, Mertens), seul Jorginho est parti rejoindre Maurizio Sarri à Londres. Le club est parvenu à conserver la même ossature. Un avantage indéniable. Il ne devrait pas y avoir de temps d’adaptation tant les joueurs ont l’habitude de jouer ensemble. L’intégration des petits nouveaux et l’assimilation de la tactique de Ancelotti devraient être ainsi plus rapides.

Dans la continuité … mais à la sauce Ancelotti

Pour la première journée de championnat, le calendrier a offert aux Napolitains un court déplacement un peu plus au nord. Direction la capitale et l’Olimpico pour y affronter la séduisante Lazio de Inzaghino. Une belle affiche.

« J’espère qu’il nous donnera un coup de main pour faire de gros matchs, c’est un grand coach. Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Notre président a quelques coups d’avance. C’est un grand coup » Lorenzo Insigne

Les nombreuses combinaisons, mouvements ou encore l’égalisation dans le temps additionnel de la première mi-temps – long centre d’Insigne, remise de Callejón au second poteau pour le buteur polonais – rappellent curieusement la méthode Sarri.

Cependant, si Ancelotti va s’appuyer sur les fondamentaux acquis par son nouveau groupe, le technicien va apporter sa touche comme il a déjà pu le faire lors de ces précédents postes. Plusieurs exemples illustrent cela : au Milan, il décide d’installer Andrea Pirlo au poste de N°6. L’ancien N°10 prend alors toute sa dimension à ce nouveau poste et devient l’Architetto. Au Real, il hérite d’un 4-2-3-1 avant de trouver la bonne formule avec un 4-3-3 plus adapté et le repositionnement de Di María en milieu relayeur gauche.

Au Napoli, son idée est de faire reculer d’un cran Hamšík pour le placer en regista, meneur de jeu reculé devant la défense. Le slovaque récupère le poste dévolu à Jorginho les saisons précédentes. Ses qualités techniques, sa précision dans le jeu court ou long et sa vision du jeu lui permettent d’évoluer à cette place. De plus, cette redistribution des rôles libère une place où pourront alterner Allan, Marko Rog, Fabián Ruiz et Zieliński.

Si l’idée de perdre Sarri avait plongé Naples dans le doute, l’arrivée d’un entraineur du calibre de Carletto ouvre de nouvelles perspectives et montre la nouvelle attractivité du club. Les Partenopei veulent désormais franchir un cap en remportant ce Scudetto qui les fuit depuis 1990 et également briller sur la scène européenne. Un challenge à la fois excitant et périlleux.