Share
Manchester City : peuvent-ils conserver leur couronne ?

Manchester City : peuvent-ils conserver leur couronne ?

Après une première saison (2016/17) mitigée, Pep Guardiola et City ont rendu une copie bien plus aboutie à l’issue du précédent exercice. Champions avec une pléiade de records battus (100 points sur 114 possibles, 18 victoires consécutives …), les Skyblues ont placé la barre très haute. Tous les ingrédients semblent en place pour remettre le couvert une seconde année consécutive. Cependant, l’objectif européen et la concurrence seront autant d’obstacle sur la route des Cityzens. Analyse.

Par Nicolas Wagner – Twitter @friulconnection

Un effectif inchangé

A quelques jours du début de la compétition, mais également de la fin du mercato estival, la squad list de City n’a pas connu beaucoup de mouvements lors de cette intersaison. Hormis les départs de deux joueurs emblématiques des premières années du renouveau des Cityzens : Joe Hart (2006/18) et Yaya Touré (2010/18), Guardiola n’a enregistré aucune autre sortie. Côté renfort, la seule arrivée notable est celle de l’international algérien en provenance de Leicester City : Riyad Mahrez. Si l’effectif n’a connu que peu de mouvements, le technicien catalan pourra s’appuyer sur un groupe déjà rodé à ses exigences et ses préférences tactiques. (pressing haut, repli défensif rapide dès la perte de balle, transition rapide entre la défense et l’attaque …)

« Les gens me demandent est-ce que vous pouvez faire mieux que 100 points et je réponds non car nous ne sommes pas là pour faire ça. Cependant, les joueurs, d’un point de vue individuel, peuvent s’améliorer. Ils peuvent améliorer leur pied droit, leur pied gauche, il y a plein d’exemples. Mais cela dépend de la tactique et de la qualité des joueurs » Pep Guardiola, SkySports

Du coup, pour la première rencontre officielle de la saison : le Community Shield, remporté 2-0 contre le Chelsea de Sarri, City a déjà fait preuve d’une réelle maîtrise héritée de la saison dernière. Une grande différence entre les deux équipes, ayant connu des trajectoires diamétralement opposées pendant la trêve, a été visible. Pourtant lors de la préparation estivale du club mancunien effectuée aux USA dans le cadre de l’International Champions Cup, les résultats n’ont pas été exceptionnels (1V, 2D). Cependant, les résultats sont à nuancer par l’absence de nombreux internationaux en repos après la Coupe du Monde.

Pour cette première compo, Guardiola n’a pas hésité à intégrer des éléments issus de l’Academy dans son groupe. Titularisé dans l’entrejeu, le jeune et talentueux Phil Foden a fait forte impression. Âgé de 18 ans seulement, le champion du monde anglais U17 aura très certainement plus de temps de jeu (5 apparitions en 2017/18).

«Il était prêt la saison dernière. Maintenant il a un an de plus, il est plus mature » Pep Guardiola, BBC

La présence de Brahim Díaz (19 ans), Lukas Nmecha (19 ans) dans le groupe et le recrutement du français Claudio Gomes (18 ans) en provenance du PSG illustrent bien cette volonté de donner progressivement plus de temps de jeu à cette nouvelle génération. Le tout en étant encadré par de nombreux joueurs aguerris et expérimentés comme Kun Agüero, Kevin De Bruyne, Fernandinho, Vincent Kompany ou bien David Silva.

 

 

L’objectif européen

Depuis le rachat du club par le fonds d’investissement Abu Dhabi United Group en 2008, la volonté du cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan a toujours été de jouer les premiers rôles tant au niveau national qu’européen. Si depuis Man City a remporté de nombreux titres anglais : trois PL (2012, 2014 et 2018), une FA Cup (2011), trois League Cup (2014, 2016 et 2018) et deux Community Shield (2012 et 2018), l’équipe du Nord-Ouest du Royaume ne parvient pas à en faire de même en Champion’s League.

Déjà, et malgré les sommes investies, le club a mis du temps à décrocher sa qualification en CL (2011/12). D’ailleurs, cette première expérience tourne court. En dépit d’une bonne campagne (10 points sur 18 possibles) dans un groupe relevé (Bayern, Napoli et Villarreal), les Cityzens basculent en Europa League. L’édition suivante est encore pire avec une quatrième place éliminatoire. Pendant deux saisons, ils atteignent les seizièmes de finale. Mais par deux fois, Barcelone se dresse sur leur chemin. Finalement, après quatre épisodes européens, City parvient à atteindre le dernier carré de la compétition en 2016. L’obstacle du Real Madrid fût trop élevé en dépit d’un score étriqué (0-0/1-0). Ça n’aura été qu’une étincelle sans lendemain. Monaco puis Liverpool stoppent les Skyblues lors des deux saisons suivantes respectivement en seizième puis en quart.

« Dans les autres compétitions, la Coupe d’Angleterre et la Ligue des champions, nous pouvons faire mieux. Si je pensais que la messe était dite et que nous n’avions plus de marges de progression, je ne serai plus là » Pep Guardiola, avant-match Community Shield

Les dirigeants de City ont recruté Guardiola dans l’optique d’atteindre leur objectif européen. En effet, le coach espagnol a remporté deux CL avec le Barça en 2009 et 2011. Pour le moment, Pep n’a pas encore trouvé la bonne formule pour remporter le Graal. Maintenant, nous connaissons tous les difficultés rencontrées par toutes les équipes, même les meilleures, pour performer sur plusieurs tableaux. Rares sont les clubs à réussir à briller à la fois dans leur championnat domestique et en Europe. Et d’ailleurs, City devra s’attendre à une concurrence encore plus forte en Premier League. Voyons les forces en présence.

La concurrence

 

  • Man United : dauphin lors du dernier exercice, United connait un mercato assez calme. D’ailleurs, cette relative quiétude agace José Mourinho. Le technicien portugais a vu arriver le milieu brésilien Fred et le jeune latéral droit Diogo Dalot. Pas suffisant pour le Mou. Ed Woodward, directeur exécutif du club, ne semble pas enclin à faire de folies. Néanmoins, les Red Devils devraient encore jouer le top 4.

 

  • Tottenham : le club londonien, en instance de déménagement vers le très coûteux mais magnifique new White Hart Lane, est également inactif. Aucune arrivée. Aucun départ. La presse anglaise évoque un intérêt pour le milieu anglais de 22 ans Jack Grealish (Aston Villa). Mais à seulement quelques heures de la fin du mercato, les Spurs devraient commencer la saison avec les mêmes têtes qu’en 2017/18. Un effectif très satisfaisant mais qui aurait nécessité quelques retouches.

 

  • Liverpool : Par contre, les Reds ont fait chauffé la carte bleue. £161,250,000 pour recruter Naby Keita (RB Leipzig), Fabinho (Monaco), Xherdan Shaqiri (Stoke City) et Alisson Becker (Roma). Emre Can s’est envolé vers Turin et la Juventus. Jürgen Klopp a grandement étoffé son effectif avec des renforts de poids à des postes clés. Un sérieux concurrent à la première place.

 

  • Chelsea : un changement de coach tardif (mi-juillet), une seule arrivée (Jorginho), un proprio moins généreux que par le passé, l’intersaison de Chelsea n’a pas été un long fleuve tranquille. Maurizio Sarri pourra quand même compter sur un groupe de qualité renforcé par quelques jeunes talents issus de l’Academy. L’arrivée de Kepa (Athletic Bilbao) laisse la porte ouverte pour un départ de Courtois. En attendant celui de Eden Hazard ?

 

  • Arsenal : An I après AW, Unai Emery succède au manager français sur le banc de l’Emirates. Mais ce n’est pas seulement la fin d’un cycle sur le banc. Ainsi des joueurs emblématiques comme Santi Cazorla ou Jack Wilshere ont également migré vers d’autres cieux. Les performances du Basque seront forcément scrutées de près. Pour mener à bien sa mission, l’ancien coach du PSG pourra compter sur de nouvelles têtes comme le vétéran Stephan Lichtsteiner (Juventus), la gardien allemand Bernd Leno (Bayer Leverkusen), le stoppeur grec Sokratis Papastathopoulos (Borussia Dotrmund), le milieu relayeur uruguayen Lucas Torreira (Sampdoria de Gênes) ou encore le prometteur milieu français Mattéo Guendouzi (Lorient).

Sans trop s’avancer, Manchester City sera l’un des favoris à sa propre succession. En effet, l’effectif a peu changé. De plus, Guardiola pourra compter sur l’apport de sang neuf avec des jeunes de l’Academy. Cependant, la quête de la Champion’s League et la concurrence d’autres membres du Big 6 seront autant de raisons valables pour empêcher les Cityzens de faire la passe de deux. En cas de succès, ils seraient les premiers à réussir cette prouesse pour la première depuis … Manchester United (2006/07 et 2007/08).