Share
Retour sur le dernier France – Belgique en Coupe du Monde

Retour sur le dernier France – Belgique en Coupe du Monde

À deux jours de la demi-finale tant attendue France – Belgique, la rédaction de Zone Mixte s’est amusée à se remémorer les confrontations entre ces deux équipes. Les Diables Rouges, premiers adversaires des Bleus dans l’Histoire, ont très souvent joué contre l’Equipe de France. Mardi, les deux pays s’affronteront pour la 74ème fois de l’Histoire. Si le dernier en date remonte au 7 juin 2015 et une victoire Belge au Stade de France (3-4), nous allons nous concentrer sur le dernier match entre la Belgique et les Bleus lors d’une Coupe du Monde. Focus sur ce 28 juin 1986, où Français et Belges s’étaient retrouvés lors de la rencontre comptant pour la troisième place du Mondial Mexicain. Les « coiffeurs » des Bleus avaient gagné 4-2. On espère le même dénouement mardi.

Par Théophile Rémon

Contexte

France

La France a réalisé une excellente Coupe du Monde 1986, avec une montée en puissance au fil des matches. Lors de la phase de groupes, elle termine deuxième derrière l’URSS, avec cinq points (victoire à deux points). Victoire contre le Canada (1-0), nul contre l’URSS (1-1), puis victoire contre la Hongrie (3-0). En huitièmes de finale, les Bleus affrontent l’Italie, Championne du Monde quatre ans plus tôt. L’Equipe de France, tout en maîtrise, s’impose 2-0, grâce à des buts de Platini et Stopyra sur deux passes décisives de Rocheteau. En quarts de finale, les Français éliminent le Brésil de Zico, après une rencontre exceptionnelle de qualité et au scénario intenable (1-1 4tab3).

L’épopée de l’Equipe de France se termine en demi-finale contre l’Allemagne de l’Ouest. Quatre ans après Séville, les Allemands s’imposent finalement sans grande difficulté (2-0). Les Bleus, en panne d’imagination et privés de Rocheteau, blessé (qui avait distillé quatre passes décisives dans les trois matches précédents) et sans doute diminués physiquement par leur très beau parcours, butent sur la rigueur et le réalisme des Allemands. Le match pour la troisième place contre les Belges est l’occasion de ressortir la tête haute de ce tournoi.

Belgique

Du côté de la Belgique, personne ne pensait réaliser une Coupe du Monde de cette envergure. Dans un groupe composé de l’Irak, du Mexique, et du Paraguay, les Diables Rouges s’en sortent bien. Malgré trois petits points : défaite 2-1 contre le pays hôte, victoire contre l’Irak (2-1), nul contre le Paraguay (2-2), la Belgique est repêchée parmi les meilleurs troisièmes. Les Belges héritent de l’URSS (un des favoris du Mondial) en huitièmes de finale, et se voient déjà éliminés. Mais l’incroyable se produit. Malgré un triplé de Belanov, futur Ballon d’Or 1986, la Belgique élimine l’URSS suite à un match fou (4-3 a.p.).

Cet exploit connaît un retentissement considérable en Belgique, un pays toujours marqué par le scandale du Standard de Liège-Waterschei (en 1982, capitaine du Standard, Eric Gerets soudoie les joueurs de Waterschei pour lever le pied lors du dernier match de la saison et à quatre jours de la finale de la Coupe des coupes face au Barça. Le Standard l’emporte 3-1 et devient Champion de Belgique. En 1984, la suspension de Gerets est ramenée de trois à deux ans en appel, Gerets peut donc jouer le Mondial Mexicain). La Belgique est également endeuillé par le drame du Heysel. Côté terrain, le rêve continue en quarts contre l’Espagne (1-1 5tab4). Mais en demi, les Diables Rouges s’inclinent face à l’Argentine (0-2), future Championne du Monde.

Compositions

France : Rust – Bibard, Le Roux (Bossis 56ème), Battiston (cap), Amoros – Tigana (Tusseau 84ème), Genghini, Vercruysse, Ferreri – Papin, Bellone

Belgique : Pfaff – Gerets, Grun, Renquin (F. Van der Elst 46ème), Demol – Vervoort, Scifo (L. Van der Elst 65ème) – Ceulemans (cap), Mommens, Veyt, Claesen

Les Bleus alignent dont une équipe de joueurs ayant eu peu ou pas de temps de jeu pendant ce Mondial. Contrairement aux Belges qui alignent une équipe type.

Les Belges démarrent fort

Dans un stade à moitié vide, et pour le dernier match de Bossis, ce sont les Belges qui se montrent les plus conquérants. 10ème minute, après un beau mouvement des Diables Rouges initié par Scifo au milieu de terrain, ce dernier transmet à Demol dans l’axe, qui décale intelligemment Cuelemans sur la droite. Le capitaine Belge mystifie Amoros d’un magnifique grand pont en une touche, avant de conclure d’un plat du pied croisé. Superbe action. En quelques secondes, les Diables Rouges ont accéléré et sont parvenus à marquer.

Les deux équipes jouent libérées dans ce match sans enjeu. 27ème minute, les Français mettent plus d’impact et sont récompensés. Après une belle récupération de balle dans les pieds adverses, Genghini hérite du ballon au niveau du rond central. Il transmet à Bellone sur le côté gauche, qui a de l’espace pour avancer. Aux abords de la surface, l’attaquant des Bleus trouve Vercruysse, dans l’axe. Ce dernier s’emmêle les pinceaux mais Ferreri a bien suivi et vient catapulter le ballon au fond des filets. 1-1.

Un match serré

A peine quelques minutes plus tard, les Diables Rouges sont tout prêts de reprendre l’avantage. Côté gauche, Cuelemans élimine son vis à vis, et lance parfaitement Veyt dans le dos de la défense. L’attaquant Belge se retrouve tout seul face au portier Français, mais son tir s’envole au-dessus de la cage. Le ballon a sauté juste avant sa frappe à cause de la pelouse. Les Français ont eu chaud. Cette action a le mérite de reconcentrer les Tricolores. 42ème minute, au terme d’une magnifique action collective, Bruno Bellone hérite du ballon en profondeur côté gauche. Ce dernier centre en première intention à ras de terre aux abords de la surface. Genghini est le premier dessus et parvient à prolonger vers Papin au second poteau, dont la frappe croisée fait mouche. Les Bleus prennent l’avantage pour la première fois du match. L’arbitre siffle la mi-temps.

Au retour des vestiaires, les Belges continuent à pousser. Ils ne sont pas loin d’égaliser à l’issue d’un beau mouvement. Seul dans la surface, Vervoort est à la réception d’un centre en première intention de la gauche, mais son tir termine dans le petit filet droit des buts Français. Les Bleus procèdent en contre et espèrent annihiler les envies Belges avec un troisième but. Bruno Bellone, auteur d’un bon match, hérite du cuir sur le côté droit de la surface. Il temporise, puis trouve Papin seul dans l’axe. L’attaquant des Bleus marque mais il est signalé en position de hors-jeu.

73ème minute, ce sont finalement les Diables Rouges qui parviennent à égaliser. Leo Van der Elst, rentré moins de dix minutes plus tôt réalise un magnifique centre depuis la droite. Le ballon arrive sur Veyt au point de penalty, qui contrôle pour enchaîner avec une frappe, mais c’est finalement Claesen, plus prompt, qui tir en première intention. Petit filet opposé. 2-2.

Podium pour les Bleus

Suite à l’égalisation Belge, les deux équipes accusent le coup, le rythme est moins soutenu. L’arbitre siffle la fin des 90 premières minutes. Les Français se montrent plus frais que leurs adversaires. 103ème minute, Bruno Bellone réalise un grand pont sur la gauche de la surface, enchaîne avec un centre, mais la défense Belge dégage en corner. Le coup de pied de coin est joué rapidement. Genghini est trouvé dans la surface, tir en pivot et trompe le portier Belge. Les Diables Rouges semblent complètement dépassés physiquement. 111ème minute, les Bleus se baladent. Amoros crochète Gerets dans la surface, qui laisse traîné le pied : penalty. Le numéro 2 s’en charge lui-même, et inscrit son premier but avec les Bleus. 4-2. Le score n’évoluera plus.