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Southgate : right man in the right place ?

Southgate : right man in the right place ?

Ancien coach des U21 pendant trois ans (2013/16), l’ex-défenseur de  » Boro  » n’avait certainement pas prévu de se retrouver à la tête de la sélection anglaise en Russie. Suite au scandale Allardyce, Southgate accepte la mission d’intérim proposée par la FA. Un intérim assez concluant pour être promu officiellement manager de la Three Lions. Choix judicieux. Après une brillante phase de qualification (8V, 2N), l’Angleterre est déjà assurée de rejoindre les huitièmes de finale.

 Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Malgré une relative inexpérience, la FA a choisi de confier la sélection à Gareth Southgate. Dans un premier temps, ce choix apparait comme surprenant. Puis après réflexion, sa bonne connaissance des jeunes pousses anglaises a pesé dans la balance. La Three Lions aborde cette compétition en initiant un nouveau cycle.

Une arrivée inattendue

En 2016, le sulfureux Big Sam est nommé à la tête de la sélection anglaise. Même après le fiasco de l’Euro 2016, cette nomination est insolite. En effet, l’expérimenté entraineur n’a pas le prestige de certains de ses prédécesseurs tels que Sven-Göran Eriksson ou Fabio Capello. Après un seul match dirigé à son actif (victoire en Slovaquie), Allardyce se retrouve au cœur d’un scandale révélé par le DailyTelegraph. Le technicien doit démissionner de son poste après seulement 67 jours de règne.

Pour éteindre l’incendie, Gareth Southgate débarque précipitamment. D’abord dans une fonction d’intérimaire. Puis après deux mois, ponctués par deux victoires contre Malte et l’Écosse et deux nuls contre la Slovénie et l’Espagne, l’ancien défenseur international aux 57 capes est confirmé à son poste. A première vue, ce choix peut apparaitre étonnant. En effet, son background au poste de coach est assez limité. Hormis une expérience d’un peu plus de deux saisons sur le banc de son ancien club : Middlesbrough, le natif de Watford n’a ensuite connu que le giron fédéral et les U21 anglais. Un peu léger.

Un effectif rajeuni

Pourtant son passé de sélectionneur U21 est un atout considérable pour la reconstruction de la nouvelle sélection anglaise. En effet, depuis le précédent Mondial brésilien ou encore l’Euro 2016, l’Angleterre a vu les départs cumulés de plusieurs monstres sacrés du football britannique. Ainsi Steven Gerrard, Franck Lampard ou Wayne Rooney ont mis un terme à leur carrière internationale. Cette vague de départ des cadres historiques a permis à Southgate de renouveler progressivement son groupe. Plusieurs jeunes joueurs comme Dele Alli, Eric Dier, Jesse Lingard ou Marcus Rashford ont petit à petit eu plus de temps de jeu et de responsabilités.

La liste des vingt-trois joueurs anglais démontre bien ce rajeunissement. Avec une moyenne de 19 sélections par joueur, l’effectif britannique est le moins expérimenté depuis … 1962. Exit Joe Hart. Avec ses 75 sélections, le gardien de 31 ans possédait de loin le plus de vécu dans ce groupe. A contrario, Southgate n’a pas hésité à convoquer les jeunes Trent Alexander-Arnold (19 ans) ou Ruben Loftus-Cheek (22 ans) suite à leur très bonne saison en club. Avant la compétition, ces deux joueurs ne comptaient que 7 capes cumulées.

L’objectif est clair pour Southgate : reconquérir le public, faire grandir son effectif et accumuler de l’expérience pour les prochaines échéances. Une bonne performance lors de l’édition russe pourrait permettre de poser des bases saines pour le futur. Et le futur s’annonce radieux. En effet, les différentes sélections de jeunes cartonnent dans leurs catégories respectives. Maintenant, il faut réussir à transposer cette réussite à l’échelon supérieur.

Un pragmatisme tactique

Pour la préparation de cette Coupe du Monde, Southgate a beaucoup observé la Premier League. Et le sélectionneur anglais a pioché des idées tactiques aux clubs du Big 6 comme Manchester City et United, Liverpool ou Chelsea pour élaborer la sienne. Ce sont des managers étrangers de renom à l’instar de Pep Guardiola, José Mourinho, Mauricio Pochettino, Jürgen Klopp et Antonio ConteToutes qui entraînent ces équipes. Et chacun avec leur style, ils ont ouvert de nouvelles possibilités tactiques.

Dans sa composition, nous trouvons donc de nettes influences continentales. Premier point, il a décidé d’adopter une défense à 3. Un back 3 composé de Maguire, Stones et Walker. Second point, fini le kick and rush. Southgate veut ressortir le ballon proprement depuis sa base arrière. Puis enfin, dès la perte du ballon, un pressing haut se met en place pour gêner la progression de l’équipe adverse et récupérer le ballon le plus près possible du but opposé.

Comportant une forte ossature de (ou d’anciens) joueurs des Spurs (6/23), Southgate s’appuie sur des joueurs avec déjà beaucoup d’automatismes comme l’Italie pouvait le faire avec la présence en nombre de Juventini dans son effectif. Parmi les joueurs choisis, tous peuvent facilement évoluer dans le système adopté par leur sélectionneur.

De surcroît, l’Angleterre évolue avec une pression limitée. En effet, les précédents résultats lors des dernières compétitions internationales n’ont pas été glorieux avec une élimination en phase de groupe au Brésil et une énorme désillusion contre les Vikings islandais. Faire pire serait difficile. L’objectif affiché par la FA d’atteindre les quarts de finale du Mondial semble assez accessible. Ce serait une première depuis 2006.