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Ils n’ont pas gagné la Coupe du Monde

Ils n’ont pas gagné la Coupe du Monde

En ce jour d’ouverture de la 21 ème édition de la Coupe du Monde, voici une liste de prestigieux joueurs à n’avoir jamais soulevé le célèbre trophée doré. Pourtant leur palmarès respectif est souvent grandiose. Mais le destin leur a refusé cet immense bonheur.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Ils sont venus. Ils ont vu. Et ils ont perdu. Parfois, ils sont même passés près, tout près du Graal. Mais, malheureusement pour eux, le sort en a décidé autrement. Néanmoins, tous restent de très grands de ce sport.

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Roberto Baggio (Italie) :  la malédiction des tirs aux buts

Talent précoce, petit prodige du foot italien, Il Divin Codino connait une longue carrière internationale sous le maillot azzurro de la Nazionale s’étalant de 1988 à 2004. Cependant, jamais Baggio ne parviendra à remporter le trophée suprême.

« Il me rappelle Peppìn Meazza: je ne pense pas que nous puissions faire un éloge plus élevé pour un jeune attaquant de nos jours! » Gianni Brera, journaliste sportif italien

En 1990, à domicile, il signe l’un des plus beaux buts de l’histoire de la Coupe du Monde contre la Tchécoslovaquie. Mais la Nazionale est stoppée en demi-finale par l’Argentine de Maradona. En 1994, avec 5 réalisations, il porte l’Italie jusqu’en finale face au Brésil de Romário. Mais après un match fermé, lors des tirs au but, il expédie sa frappe dans les tribunes du Rose Bowl de Pasadena.

Lors de l’édition française, l’Italie se heurte au pays organisateur en quart de finale. Le match est serré. En prolongation, la frappe vicieuse du Ballon d’Or 1993 fait passer un frisson d’angoisse dans le dos des supporters français. Le Golden Goal se dérobe. Pas de surprise. Le verdict est le même que précédemment. Une élimination à l’issue d’une autre séance de tirs au but.

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David Beckham (Angleterre) : rouge et passe

Une belle gueule, un pied droit ultra précis, une médiatisation démesurée, David Beckham avait tout pour connaître un parcours international doré. Malheureusement, pour sa première compétition majeure avec le maillot de l’Angleterre, Beckham voit rouge. En huitièmes de finale, contre l’Argentine, il tombe dans le piège de Diego Simeone. Son expulsion coûte chère. L’Angleterre chute après la séance de tirs au but (2-2/4-3). Le retour au pays est rude pour le Spice Boy.

Chahuté sur tous les terrains du Royaume, il retourne l’opinion publique en qualifiant son équipe pour la Coupe du Monde 2002 grâce à un merveilleux et mémorable coup franc direct contre la Grèce. Cependant en Corée du Sud et au Japon, l’Angleterre s’incline (2-1) en quarts de finale contre le Brésil de Rivaldo, Ronaldo et Ronaldinho.

En 2006, la sélection britannique se compose d’une génération dorée avec Joe Cole, Rio Ferdinand, Gerrard, Lampard, Owen ou encore Rooney. Malgré une phase de poule maitrisée, les Anglais échouent encore après une séance de tirs au but (0-0/3-1) contre le Portugal de CR7. Ce match est marqué par l’expulsion de Rooney. Ce sera la dernière participation à un Mondial de Becks. Blessé au tendon d’Achille, il doit renoncer à la première compétition se déroulant sur le continent africain en 2010.

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Johan Cruyff (Pays-Bas) : si près, si loin

Malgré son génie balle au pied, son parcours fantastique avec l’Ajax (3 C1 en 1971, 1972 et 1973) faisant de lui le premier à remporter 3 Ballons d’Or, la carrière internationale du Hollandais volant pourrait se résumer à la Coupe du Monde 1974.

En effet, malgré des débuts en 1966, Cruyff a porté le maillot national de façon épisodique jusqu’à la campagne de qualification pour le Mondial ouest-allemand.

Les raisons de cet investissement relatif sont diverses. Plusieurs versions s’opposent. Pour certains, Cruyff n’a pas digéré la sanction imposée par sa fédération suite à son exclusion, devenant le premier batave à recevoir un carton rouge, lors de son deuxième match international. Pour d’autres, c’est un différend commercial. L’équipementier des Pays-Bas est alors Adidas. Mais Cruyff a un contrat avec Puma. Il refuse de porter les fameuses trois bandes sur son maillot.

Quoiqu’il en soit, la sélection des Pays-Bas, fortement inspirée des principes de jeu de l’Ajax dont plusieurs joueurs composent l’effectif, offre un récital en RFA. Cruyff claque un doublé contre l’Argentine (4-0). Un autre but contre le Brésil (2-0) pour atteindre la finale. Et dès la première minute de la finale contre la RFA de Kaiser Franz, Johan part dans un slalom seulement interrompu illégalement dans la surface par Uli Hoeneß. Malgré cette ouverture du score, les Pays-Bas déjouent. Les Allemands retournent le match et remportent le titre à domicile (2-1).

Ce sera la seule compétition mondiale disputée par Cruyff. Absent du Mondial 1978, il déclare initialement ne pas vouloir y participer pour des raisons politiques. Mais en 2008, dans une interview radio, il explique avoir manqué ce rendez-vous suite à une tentative d’enlèvement à son domicile catalan.

« J’ai eu un fusil pointé sur ma tête, j’ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement de Barcelone. Il y a des moments où d’autres valeurs priment dans la vie. » Johan Cruyff

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Eusébio (Portugal) : seulement battu par l’Angleterre

Considéré comme le meilleur joueur portugais de l’Histoire, Eusébio a permis à la Seleção de participer à sa première coupe du Monde, en 1966. Brillant lors des qualifications, il signe 7 buts en quatre matches.

Originaire du Mozambique, la « panthère noire » est un merveilleux footballeur. Attaquant puissant, très rapide et avec un flair inné pour le but, Eusébio va illuminer l’Angleterre de ses qualités.

Opposé au Brésil de Pelé, double champion en titre (1958, 1962), lors de la phase de poules, le lusitanien claque un doublé éliminant les Auriverde (3-1). Malheureusement, l’affrontement entre les deux N°10 de Légende n’a pas vraiment lieu. Pelé, déjà massacré par les défenseurs précédents, doit quitter la pelouse après une nouvelle agression de son garde du corps portugais.

Malmené par la surprise de ce Mondial : la Corée du Nord (vainqueur de l’Italie), les Portugais sont menés 3-0 à la 24′. Mais Eusébio prend le match à son compte. Auteur d’un quadruplé, il retourne la situation pour décrocher le ticket de la demi-finale (5-3).

A Wembley, malgré une nouvelle réalisation de leur buteur, le Portugal doit s’incliner devant le futur vainqueur : l’Angleterre. Pour une première, Eusébio (et le Portugal) a failli réussir un coup de maître.

Face à l’URSS (2-1), il marque un neuvième but synonyme de 3ème place du Mondial (meilleur classement lors d’une coupe du Monde) mais également du titre de meilleur buteur de la compétition.

Le Portugal devra attendre le Mondial 1986 pour revoir son équipe nationale dans ce tournoi.

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Gary Lineker (Angleterre) : La main de Dieu et le réalisme allemand

Gary Lineker a connu deux expériences totalement différentes avec la Three Lions lors des deux tournois mondiaux auxquels il a participé : le feu et la glace, la frénésie et le réalisme. Mais par deux fois, l’Angleterre n’a pas trouvé les bons ingrédients pour passer les obstacles argentins et allemands.

Au Mexique, le futur buteur du Barça débute timidement l’édition 86 (0 but en 2 matches). Puis il endosse le costume de sauveur en claquant un triplé décisif contre la Pologne (3-0) lors du dernier match de poules. Un doublé permet d’effacer le Paraguay (3-0). Puis arrive l’Argentine. Ce match sent le souffre. La guerre des Malouines opposant les deux pays a eu lieu en 1982. La tension est à son comble.

En ce jour du 22/06, Maradona montre son vice en marquant le premier but du match de la main, la main de Dieu. Les Anglais protestent. En vain. Anesthésiés par la chaleur et par ce coup du sort, trois minutes plus tard, ils encaissent un second but du même Maradona. Mais là, c’est le génie qui parle. Un slalom de 70 mètres entre des anglais impuissants. Un but d’anthologie. Un des plus beaux inscrits lors d’une Coupe du Monde.

Gary Lineker réduit l’écart mais l’Angleterre est éliminée (2-1). Ce but lui permet de devenir le meilleur buteur de la compétition avec 6 buts. Une bien maigre consolation.

En Italie, Lineker peine encore à l’allumage. Néanmoins, il s’offre un doublé sur penalty (dont un en prolongation) contre le Cameroun de Roger Milla. La RFA se dresse alors face aux britanniques. Encore une fois, il égalise pour entretenir l’espoir d’une qualification anglaise. Mais cette fois, la décision se fait lors de la séance des tirs au but. Pearce et Waddle échouent dans leur tentative. A l’issue du match, il fait cette déclaration devenue mythique :

« Le football est un sport simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, les Allemands gagnent » Gary Lineker après Angleterre-RFA en 1990

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Paolo Maldini (Italie) : souvent placé, jamais vainqueur

Paolo Maldini : ce joueur d’une élégance rare, défenseur de talent, auteur d’une carrière exemplaire et remplie de succès, n’a connu que deux maillots pendant ses 24 saisons pros. Le Milan et l’Italie. Son palmarès en club est gigantesque : 5 C1, 7 titres de champion d’Italie … Cependant, à l’instar de Roberto Baggio, Maldini a connu les mêmes déboires avec la Nazionale.

Titulaire lors des Mondiaux 90 et 94, il échoue de peu dans sa conquête mondiale. 3ème puis 2ème, il accroche le podium. Mais seule la plus haute marche compte.

En 1998, face à une équipe de France très italienne (11 joueurs sur 22 évoluent ou ont évolué dans le Calcio), la décision se joue encore une fois aux tirs au but. Et encore une fois, l’Italie perd son duel. Pour la troisième fois en trois éditions.

Athlète exemplaire, Maldini poursuit son aventure en Azzurro jusqu’en 2002. Mais cette fois, la désillusion est différente. Pas de tirs au but. Cette fois, comme lors de la finale de l’Euro 2000, l’Italie est foudroyée par le Golden Goal inscrit par le Sud Coréen Ahn Jung-hwan (joueur de Perugia).

A 34 ans, Paolo Madini met un terme à sa carrière internationale après 126 capes.

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Michel Platini (France) : La RFA comme bête noire

N°10 et meneur de jeu de l’équipe de France entre 1976 et 1987, Michel Platini est l’un des meilleurs joueurs de foot de l’Histoire. De l’Argentine au Mexique en passant par l’Espagne, Platini a connu des fortunes diverses. Mais bien souvent, les rêves des français se sont heurtés à nos meilleurs ennemis : la RFA.

Qualifiés en 1978 grâce à un coup franc de Platoche, après avoir raté les éditions de 1970 et 1974, la France est rapidement éliminée du Mondial (des Généraux) en Argentine. Elle perd notamment contre le pays organisateur (2-1) après avoir concédé un penalty controversé pour une faute de main de Marius Trésor.

Lors du Mondial 82, la France atteint la demi-finale malgré un parcours chaotique lors du premier tour des phases de poules. Le second tour est mieux maîtrisé avec deux victoires en deux matches. Ce France-Allemagne à Séville est resté dans la postérité. Le déroulement du match, le scénario incroyable avec des faits de jeu épiques, l’ascenseur émotionnel est à son paroxysme. Les Français sont passés de l’effroi avec l’agression caractérisée mais non sanctionnée de Schumacher sur Battiston à la joie intense avec le but de Giresse (98′) puis à l’immense déception avec cette défaite lors de la séance de tirs au but (3-3/5-4)

Tout ce beau monde se retrouve au même stade de la compétition en 1986. Auparavant, pour en arriver là, la France a disputé un autre match de légende face au Brésil de Socrates et Zico. A Guadelaraja, le carré magique composé de Fernandez, Giresse, Platini et Tigana offre une farouche résistance aux artistes sud-américains. Dans un match au rythme effréné, Bats livre une prestation héroïque. Platini, diminué par une pubalgie, égalise. La prolongation ne rend pas son verdict. Les tirs au but désignent le vainqueur. Platini et Socrates ratent. Zico ne tremble pas en dépit d’un échec dans le temps réglementaire. Et après une tentative avortée de Júlio César, Luis Fernandez qualifie son équipe.

Malheureusement pour les Français, ce match de folie laisse trop de traces physiques pour disputer dans des conditions optimales la revanche de Séville face aux Allemands. La RFA domine logiquement les débats (2-0). La France accroche la troisième place contre la Belgique de Ceulemans et Scifo (4-2 ap).

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Ferenc Puskás (Hongrie) : le Major galopant à l’arrêt 

De nos jours, la Hongrie est une nation européenne quelconque. Mais à l’époque de Ferenc Puskás, la nation magyare était l’une des équipes les plus redoutables du globe. Joueur du Budapest Honvéd affilié à l’armée en 1949, il tient son surnom de cette période.

Attaquant gaucher à la technique redoutable, Puskás savait construire et conclure les actions offensives de son équipe. Champion olympique en 1952 à Helsinki, le Hongrois espère connaître le même succès en Suisse à l’occasion du Mondial 1954.

Avec Sándor Kocsis et Zoltán Czibor, la Hongrie est le grand favori de cette édition. Lors de la phase de poule, la Hongrie produit un football ultra offensif. La RFA est étrillée 8-3 avec 3 buts en 21′. La Corée du Sud en prend 9, le Brésil et l’Uruguay 4.

Pourtant, et à la surprise générale, va se produire en finale le   » miracle de Berne « . La Hongrie retrouve la RFA. Mais, malgré l’ouverture du score rapide des Mágikus Magyarok (Magyars Magiques) par Puskás (6′) et un autre but de Czibor deux minutes plus tard, les Allemands recollent au score avant de prendre un avantage définitif grâce à Rahn (84′).

La Mannschaft, avantagée par des chaussures à crampons vissés d’Adi Dassler (Adidas), a pu faire face au déluge s’abattant sur Berne. Le terrain trop lourd handicapa fortement le jeu léché des Hongrois techniquement supérieurs.

C’est la première défaite (3-2) de l’équipe d’or depuis 31 matchs et quatre ans.

« Il lui suffisait d’une touche de balle pour marquer deux buts. » Zoltán Czibor, coéquipier en sélection et au Budapest Honvéd

Après 85 sélections pour 84 buts, Puskás dispute également le Mondial 62. Mais sous les couleurs de la Roja. Dans le groupe du Brésil de Pelé, les espagnols sont vite éliminés. 

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Raúl González Blanco (Espagne) : Sacrifié par Aragonés

Appelé par Javier Clemente pour participer au Mondial 98, le jeune Raúl devient dès le premier match contre le Nigéria (2-3) le plus jeune joueur de la Roja à marquer un but en Coupe du Monde à 20 ans et 351 jours. Pourtant, l’expérience française tourne au fiasco avec une élimination peu glorieuse  en phase de groupe.

En Corée et au Japon, le madrilène est au top de sa forme. Avec 3 buts en quatre matches, le buteur fait parler la poudre. Néanmoins, une blessure en huitièmes contre l’Irlande l’oblige à déclarer forfait pour le match suivant. Impuissant, il assiste des tribunes à l’élimination des siens dans des circonstances douteuses contre les sud coréens (0-0/3-5).

Incertain pour le Mondial 2006 suite à une blessure, Raúl est dans les 23 après une rééducation intensive. Pas encore à 100%, il débute sur le banc. Néanmoins, il marque contre la Tunisie peu après son entrée en jeu.

Titularisé contre la France, il assiste impuissant au récital de son coéquipier français du Real : un certain Zinédine Z. L’Espagne sort du tournoi.

Malgré des prestations convaincantes en club, Luis Aragonés décide de l’écarter de la sélection pour des raisons tactiques. Un choix payant malgré les vives protestations du public. En effet, la Roja remporte les Euro 2008 et 2012 et la Coupe du Monde 2010. Sans Raúl.

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Marco van Basten (Pays-Bas) : l’Europe mais pas le Monde

Münich. 1988. Sur une contre attaque rapide emmenée par van Tiggelen, Mühren est décalé sur le côté gauche. Son centre en cloche arrive dans la surface de réparation soviétique. Malgré un angle impossible, van Basten décoche une reprise de volée lobée extraordinaire. Rinat Dasaev est battu. Les Pays-Bas font le break et s’adjuge le titre européen.

Après des années de disette, les Oranjes refont surface. Il faudra atteindre deux ans supplémentaires pour les revoir en action lors d’une Coupe du Monde. Les Bataves possèdent une génération dorée composée de van Basten, Gullitt, Rijkaard (bien connu en Italie), Ronald Koeman, Danny Blind, Kieft, Witschge, Wouters.

Pourtant, après un premier tour moyen (3N), les Pays-Bas subissent la loi de la RFA (2-1) de Klinsmann et Brehme (eux aussi bien connus en Italie).  Ce tournoi est le seul disputé par van Basten. Fortement handicapé par une blessure à la cheville traînant en longueur, il stoppe sa carrière internationale en décembre 1992.

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Lev Yachine (URSS) : L’araignée noire sans filet

Gardien exceptionnel, unique portier lauréat d’un Ballon d’Or (1963), Yachine est LA référence du poste. Avec son envergure et sa souplesse lui permettant de stopper des tirs à ras terre en dépit de son mètre quatre vingt neuf, le jeu du Soviétique a inspiré de nombreux autres spécialistes des cages. Sepp Maier, Peter Shilton ou encore Fabien Barthez ont pris exemple sur lui.

« Il faisait de grands arrêts, savait réduire les angles de tir et intercepter les centres aériens. » Gordon Banks, gardien de la sélection anglaise entre 1963 et 1972

Avec l’URSS, il obtient l’Or aux JO de Melbourne en 1956. Il est sacré lors de l’Euro 1960, pour la première participation soviétique au Tournoi. Et il dispute également trois phases finales de Coupe du Monde : en 1958, 1962 et 1966.

En Suède, ses performances impressionnent le public. Lors d’un match contre le Brésil perdu 2-0, Yachine multiplie les parades empêchant le score de s’alourdir. Le parcours de l’équipe russe s’arrête en quarts de finale.

Au Chili, victime d’une commotion cérébrale, il fait des erreurs inhabituelles de sa part lors des matches contre la Colombie et le pays hôte. Mais en Angleterre, il retrouve l’intégralité de ses facultés. Il écœure de nombreux attaquants. D’ailleurs, Eusébio dira :

« Il est encore le meilleur gardien de but au monde. »

Battu en demi-finale par la RFA de Beckenbauer (2-1), Yachine est sacré meilleur gardien du tournoi. A 36 ans. En 12 matches de Coupe du Monde, il signe 4 cleansheets.

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Zico (Brésil) : le Pelé blanc sans couronne

Entre 1976 et 1988, Arthur Antunes Coimbra dit Zico, surnommé le Pelé blanc, a fait partie d’une des plus belles Seleção de l’Histoire. Avec ses coéquipiers Careca, Éder, Falcão, Júlio César, Júnior, Sócrates et Toninho Cerezo, la sélection brésilienne pratiquait un football fantastique. Pourtant, cette équipe ne parviendra jamais à décrocher le titre mondial.

En 1978, la compétition se compose de deux tours de phases de groupes. Le vainqueur du second groupe est qualifié pour la finale. Malgré un bilan de deux victoires et un nul, le Brésil laisse l’Argentine prendre la tête du groupe et file vers le sacre à domicile.

En 1982, le format du tournoi est le même. Le Brésil écrase le premier groupe : 3 V, 10 buts inscrits et 2 encaissés. Cependant, les Auriverde échouent encore une fois au même niveau. Battus par les italiens (3-2) malgré un but égalisateur de toute beauté inscrit par Sócrates suite à délicieux un-deux avec Zico.

En 1986, le tournoi se modernise. Fini les deux phases de poules. Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les matches à élimination directe. Comme en 1982, le Brésil récite une partition millimétrée : 3 matches, 3 victoires et 5 buts marqués 0 encaissé. Les Polonais sont étrillés 4-0 en huitièmes. Le prochain adversaire est la France.

Dans ce match d’anthologie, le Brésil ouvre le score par Careca. Mais en dépit de plusieurs occasions pour breaker, les Cariocas se font rejoindre. L’égalisation est signée Michel Platini. Zico a alors la balle de match au bout des crampons. Grand spécialiste ès coups de pied arrêtés divers et variés, le N°10 de Flamengo voit sa tentative repoussée par Joël Bats. Plus rien ne bouge jusqu’à la fatidique séance de tirs au but.

Sócrates manque la première tentative brésilienne. Zico se (re)présente devant Bats. Et cette fois, il convertit son tir. Platini envoie sa frappe au dessus de la barre de Carlos. Dans la foulée, Júlio César manque son tir au but. Fernandez ne tremble pas (1-1/5-3).

Malgré une équipe de rêve, Zico et ce Brésil n’ajouteront pas une étoile au dessus du blason de la CBF.

NDLA : liste non exhaustive