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Etat des lieux de Liverpool et du Real avant la finale de la Ligue des Champions

Etat des lieux de Liverpool et du Real avant la finale de la Ligue des Champions

On y approche à grands pas. Dans quelques jours, la finale tant attendue de la Ligue des Champions va mettre au prise deux formations historiques en Europe : Liverpool et le Real Madrid. Auteurs de deux parcours spectaculaires, les deux clubs ont des caractéristiques qui leur sont propres. Focus sur les points forts et les points faibles des deux équipes.

Par Théophile Rémon

De fortes individualités capables de changer le cours d’un match, deux collectifs impressionnants, deux coachs charismatiques,… cette finale s’annonce passionnante.

Liverpool

Les points forts

Mohamed Salah

Qui aurait pu imaginer à l’aube de cette saison que l’Égyptien allait prendre autant d’ampleur dans le paysage footballistique mondial ? Auteur d’une bonne saison l’année dernière avec la Roma, nul ne pouvait imaginer une telle explosion avec Liverpool. Qualifié en Coupe du Monde avec les Pharaons, le gaucher de 25 ans a terminé deuxième meilleur buteur européen de la saison avec 32 réalisations. À seulement deux unités de Lionel Messi. Ajouté à ça ses dix buts en Ligue des Champions (dont la moitié sur la phase finale) et ses seize passes décisives, Salah sera le danger numéro un pour le Real Madrid.

Même si le principal intéressé explique : « ce ne sera pas une finale entre Mohamed Salah et Cristiano Ronaldo. Je joue pour un grand club, et nous avons des grands joueurs. Se qualifier pour cette finale, c’était un travail d’équipe. Je ne peux pas tout faire tout seul, c’est un effort collectif. Quand nous marquons, c’est que tout le monde fait bien son travail, quand nous encaissons un but c’est que nous devons tous travailler plus ».

Une attaque de feu

Les supporters des Reds peuvent s’enorgueillir d’avoir une attaque exceptionnelle avec son trio Salah – Firmino – Mané. En Ligue des Champions, ces trois-là cumulent déjà 29 buts (10 Salah, 10 Firmino et 9 Mané). Jamais dans l’Histoire de la compétition trois joueurs d’une même équipe n’avaient autant marqués. Alors qu’il reste la finale à jouer, la triplette offensive de Liverpool a déjà fait mieux que la BBC en 2013/2014, qui totalisait 28 buts, ou que la MSN en 2014/2015, qui cumulait 27 réalisations.

En plus de marquer, ces trois joueurs œuvrent pour le collectif. Firmino n’hésite pas à venir chercher les ballons plus bas et à jouer en déviation et en pivot sur les longs ballons. Il a réalisé 17 passes décisives cette saison toutes compétitions confondues (dont huit en Ligue des Champions). Sadio Mané n’est pas en reste non plus. Très percutant, il fait mal aux défenses adverses par ses accélérations et ses percussions. 19 buts et neuf passes décisives toutes compétitions confondues. Autant dire que la défense Madrilène est prévenue.

Jürgen Klopp

Le coach Allemand réalise de très bonnes choses avec les Reds. Malgré le départ de Coutinho au mercato hivernal, l’équipe n’a pas perdu de sa superbe et a continué à être très performante. Klopp a réussi a concerner tous ses joueurs malgré que son équipe fut décimée par les blessures lors des tours précédents. À l’image du jeune arrière droit Trent Alexander-Arnold, que l’on annonçait comme le maillon faible des Reds contre City, qui a finalement réalisé des matches impressionnants. Il a d’ailleurs été convoqué récemment avec les 23 Anglais. Le technicien Allemand est très proche de ses joueurs. Sur le plan européen, il s’apprête à disputer sa deuxième finale, après celle perdue il y a deux ans en Europa League contre un autre club Espagnol, le FC Séville d’Unai Emery (1-3).

Un parcours exceptionnel

Qui aurait misé une pièce en début d’année sur une place de finaliste de la Ligue des Champions pour Liverpool ? Peu de monde, à part peut-être les supporters des Reds. Ayant terminés quatrièmes de Premier League l’année dernière, les joueurs de Jürgen Klopp sont passés par un tour de barrage en août. Match aller-retour contre Hoffenheim, quatrième de Bundesliga. Victoire 6-3 sur l’ensemble des deux matches. Liverpool a ensuite été placée dans le Groupe E, en compagnie du FC Séville, du Spartak Moscou et du NK Maribor. Les Reds, invaincus, ont terminé à la première place avec douze points (trois victoires et trois nuls). 23 buts marqués, six encaissés.

En huitièmes, le club Anglais hérite du FC Porto, et s’impose 0-5 à l’extérieur. Message fort adressé à toute l’Europe, face à une équipe qui s’était montrée impressionnante en poule. En quarts, choc 100% Anglais : les Reds atomisent City 3-0 à l’aller, et réitèrent leur performance au retour à l’extérieur 1-2. La puissance offensive de Liverpool séduit tout les amateurs de ballon rond. Enfin, en demies, c’est l’AS Roma qui fait les frais des joueurs de Klopp. Les Anglais mènent 5-0 à l’aller. Les Italiens parviennent à inscrire deux buts qui maintiennent le suspense. Au retour, Liverpool perd le premier match de sa saison en Ligue des Champions 2-4, mais est tout de même qualifiée. Fin du parcours à Kiev le 26 mai.

Des supporters mythiques

Souvenez-vous de la finale de 2005 : Liverpool est menée 3-0 à la mi-temps par le Milan AC. Une des raisons qui a permis aux Reds de revenir dans le match et de soulever la Coupe, est le soutien sans faille des supporters Anglais présents à Istanbul ce soir-là. Toujours y croire. Dans un stade neutre en Ukraine, on peut largement imaginer que ce sont les supporters de Liverpool qui gagneront le match des tribunes. Chants, encouragements, soutiens, les Reds vont pouvoir compter sur leur douzième homme.

Les points faibles

Joueurs inexpérimentés

Si l’on compare les joueurs présents il y a deux ans en finale contre Séville, et le onze de départ aligné à Rome pour la demi-finale retour, seuls quatre ont joué dans les deux rencontres. Clyne, Lovren, Milner et Firmino. Excepté ces quatre joueurs, la plupart n’ont jamais joué de finale. Alexander-Arnold 19 ans, Andrew Robertson 24 ans, Karius 24 ans,… . Face à l’armada Madrilène, où la plupart des joueurs étaient déjà présents lors deux deux dernières finales remportées, Liverpool fait office d’outsider. Dans un match aussi important qu’une finale, l’expérience est un facteur très important à prendre en compte.

Faire le jeu

Liverpool, encore plus depuis le départ de Coutinho, peine à créer du jeu au milieu de terrain. Jordan Henderson, Emre Can, Georginio Wijnaldum : ces joueurs sont davantage des milieux récupérateurs que des purs créateurs. Du coup, les Reds sont meilleurs quand ils agissent en contre-attaque. Mais pour ça, cela implique de ne pas avoir la possession du ballon. Les joueurs de Klopp seront probablement meilleurs en laissant le Real faire le jeu. Mais attention, contre des joueurs comme Ronaldo, Modric, ou Bale, exercer un pressing haut, ou les attendre pour les prendre en contre, sera très risqué.

Défense approximative

La défense de Liverpool sera une des interrogations de cette finale. Comment va-t-elle stopper les assauts de Ronaldo, Bale ou Benzema ? Contre la Roma, les Reds ont encaissé six buts en deux matches. Déjà en difficultés en début de saison, Van Dijk a été recruté au mercato en provenance de Southampton, contre un peu moins de 80 millions d’euros. Mais avec Matip et Gomez toujours blessés, et Clyne encore en manque de rythme, c’est le duo Lovren-Van Dijk qui devrait tenir sa place en charnière centrale. Robertson devrait être titulaire à gauche, lui qui évoluait à Hull City la saison dernière, et Alexander-Arnold à droite, du haut de ses 19 ans, face à Cristiano Ronaldo.

Real Madrid

Les points forts

Cristiano Ronaldo

Même si cela peut paraître évident, il ne fait pas de doute que le danger numéro un pour Liverpool sera Cristiano Ronaldo. Encore énorme cette saison à 33 ans, le Portugais a inscrit 44 buts et a délivré huit passes décisives toutes compétitions confondues. La Ligue des Champions ne fait pas exception à la règle : quinze buts et trois passes décisives. Cette saison, CR7 a d’ailleurs marqué à chaque match, excepté pendant la demi-finale contre le Bayern, où il n’a pas trouvé le chemin des filets, ni à l’aller ni au retour.

Ce joueur est capable de changer le cours d’un match en une action. Il avait marqué un doublé lors de la finale l’année dernière lors de la victoire 1-4 du Real face à la Juventus. « Cette équipe me surprend car elle me rappelle le Real Madrid d’il y a quatre ans. Les trois joueurs devant sont très rapides, jouent bien, marquent beaucoup de buts. Cela prouve que Liverpool a du talent, mais je pense que le Real est meilleur ».

Des joueurs excellents à chaque poste

Alors qu’à Liverpool le club est porté par une attaque incroyable et que le reste de l’équipe n’est pas du même acabit, au Real, toutes les lignes sont impressionnantes. Navas dans les cages a été magistral contre le Bayern. En défense, la charnière Ramos-Varane est extrêmement complémentaire. Les latéraux Marcelo et Carvajal apportent beaucoup le danger sur les phases offensives, et se font rarement prendre de vitesse en défense. Au milieu : Kroos, Modric, Casemiro. Les deux premiers sont des atouts offensifs très importants de part leur qualité de passe, de vision de jeu, et de projection. Le Brésilien est quant à lui le joueur de l’ombre de Zidane. Devant sa défense, il stoppe en premier les assauts et n’hésite pas à aller au contact de ses adversaires. Enfin, devant, qui pour accompagner CR7 ? Benzema, Bale, Isco ? Quoiqu’il en soit, cette attaque sera très dangereuse.

Habitués à ces rendez-vous

On l’a entendu souvent ces dernières semaines. Le Real s’apprête à jouer sa troisième finale consécutive en Ligue des Champions. Les joueurs savent comment aborder ces types de rencontres. Ils ont la concentration nécessaire, et ne sont pas impressionnés par l’événement. On l’a vu l’année dernière avec des Madrilènes intraitables avec la Juventus. Lorsqu’ils gagnent la compétition il y a deux ans contre l’Atlético aux tirs au but : les joueurs alignés sont les mêmes que l’équipe type Merengue cette année. Seule exception : Pepe était aux côtés de Ramos à la place de Varane. L’année dernière, même structure, Varane est là cette fois, mais Isco est titulaire à la place de Bale. Ces joueurs se connaissent par cœur, et connaissent parfaitement ces rencontres à enjeux.

Zidane

L’entraîneur Français réalise de très grandes choses depuis son intronisation le 4 janvier 2016. Élu meilleur entraîneur la saison dernière par la FIFA, il a (déjà) remporté deux fois la Ligue des Champions, la Liga, la Supercoupe d’Espagne, deux Coupes du Monde des Clubs, et deux Supercoupes d’Europe. À l’instar du joueur qu’il était, il apporte une sérénité énorme à ses joueurs. Calme, sûr de sa force, il donne l’impression de ne jamais être dépassé. Procédant à des remplacements judicieux, dès la mi-temps quand cela semble nécessaire, il est vraiment devenu un bon entraîneur, en pleine possession de ses moyens.

Sauver la saison

Cette finale de Ligue des Champions sonne comme une obligation de gagner pour les Merengues. Dépassés par le Barça en Liga (à 17 points) et éliminés dès les quarts de finale par Leganés en Copa del Rey (remportée par le Barça). Si la Coupe aux Grandes Oreilles échappe au Real, le bilan de la saison sera mitigé, surtout en perdant contre une équipe comme Liverpool, que l’on annonce inférieure en beaucoup de points.

Les points faibles

Qualifications dans la douleur

Il est vrai que cette équipe du Real version 2017/2018 n’est pas imbattable. On l’a vu lors des tours précédents. Contre le Bayern, à l’aller comme au retour, le Real était mené 1-0. Il faut deux erreurs Munichoises à l’aller pour que le Real s’impose. La première de Javi Martinez qui anticipe mal un ballon aérien et qui laisse l’opportunité à Marcelo de frapper, la seconde sur une mauvaise passe de Rafinha en défense, qui entraîne une contre-attaque, conclue par Asensio. Au retour, une passe approximative de Tolisso en retrait pour son gardien, entraîne une erreur de ce dernier, qui laisse filer le ballon devant lui. Benzema poussant le cuir au fond.

Face à la Juve, on se souvient de ce scénario improbable qui voit la Juve revenir à 3-3 en gagnant 0-3 au Bernabéu, avant que Benatia ne concède un penalty en fin de match. Contre le PSG, c’est plutôt le club Francilien qui a offert la qualification au Real, et non le Real qui a réalisé deux grands matches. Enfin, en poule, Madrid avait rencontré des difficultés contre Tottenham, en étant accroché à domicile 1-1, et en s’inclinant à Wembley 3-1, terminant deuxième de son groupe derrière les Anglais.

L’Histoire contre le Real

En effet, jamais un entraîneur a réussi à remporter trois fois de suite la Coupe aux Grandes Oreilles. La Ligue des Champions a déjà été remportée trois fois de suite (le Real de Di Stefano, l’Ajax de Cruyff, le Bayern de Beckenbauer), mais jamais par un seul entraîneur. Le coach Français a envie de « faire quelque chose d’historique. Personne ne peut nous enlever notre faim de victoires. Nous sommes le Real Madrid. Nous en voulons toujours plus et nous donnerons toujours tout pour en avoir plus ». Une pression supplémentaire pour le Real ?

Des difficultés cette saison

Comme dit précédemment, le Real n’est pas irréprochable cette saison. À l’instar de son parcours compliqué en Ligue des Champions, le Real a rencontré des difficultés en Espagne. En Copa del Rey (vu précédemment) mais aussi en Liga. Six défaites (dont trois à domicile), c’est une de plus que l’Atlético. Contre le Betis Seville (0-1), à Girona (2-1), contre le Barça (0-3), contre Villarreal (0-1), à l’Espanyol (1-0), et enfin à Séville (3-2) il y a deux semaines. A titre de comparaison, Liverpool a perdu une fois de moins en Premier League, et jamais à domicile.

Des joueurs qui auront peur de se blesser pour le Mondial

Et oui, le Real compte deux fois plus de joueurs qui disputeront la Coupe du Monde que Liverpool. Au total, quinze Madrilènes s’envoleront en Russie. Parmi les titulaires potentiels samedi, seuls Benzema et Bale n’ont pas de craintes à avoir. Tous les autres espèrent ne pas se blesser et devoir déclarer forfait. Egalement parmi les remplaçants, avec Kovacic, Isco, Asensio, Lucas Vazquez, Hakimi et Nacho. Auront-ils en arrière pensée la crainte de se blesser et de dire adieu à la plus belle des compétitions ? En comparaison, Liverpool ne compte que sept joueurs qui disputeront la Coupe du Monde. Dont six qui devraient être titulaires (Salah, Mané, Firmino, Henderson, Lovren, Alexander-Arnold). Le septième étant Mignolet. Peut-être que les Reds iront plus volontiers jouer les contacts. Réponse samedi soir.