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Serie A 2017/18 : l’épilogue

Serie A 2017/18 : l’épilogue

Les années se suivent et se ressemblent en Serie A. La Juventus a remporté son septième titre consécutif. D’ailleurs, le célèbre proverbe de l’ancien attaquant anglais Gary Lineker pourrait être adapté en :  » le football est un sport qui se joue à onze et à la fin, c’est la Juve qui gagne. » Cependant cette saison, les Turinois ont affronté une concurrence plurielle symbolisée par les bonnes performances de la Roma, la Lazio ou l’Inter. Mais le concurrent le plus dangereux sur la durée a incontestablement été le Napoli. Retour sur une saison intense et riche en émotions.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Après vous avoir présenté les vingt équipes de la division mais également proposé des reportages sur la SuperCoppa, la rivalité entre la Juve et la Fiorentina, la Nazionale et les Oriundi, les différents Derbys italiens, Venezia, une rétro sur le duo Vialli et Mancini, un zoom sur certains clubs historiques frappés par des problèmes financiers et Parma, la rédaction de Zone Mixte vous propose un bilan détaillé de cette 116 ème édition du championnat d’Italie.

Le Champion de Serie A

Comme nous vous l’expliquions dans notre précédent papier italien, la Juve a décroché une septième couronne consécutive. Et, même si les Bianconeri sont toujours parmi les favoris au Scudetto, la fin de saison dernière marquée par la défaite en finale de Champion’s League, par le départ d’un cadre emblématique (Leo Bonucci) et une intersaison mitigée, avait laissé planer des doutes sur la capacité de cette équipe à rebondir et repartir à l’assaut d’un challenge aussi difficile.

En plus, la domination turinoise a été contestée par plusieurs clubs de la péninsule. Certaines équipes ont essayé, ont produit des saisons remarquables mais n’ont pas tenu le rythme effréné imposé par la Vecchia Signora. Sans conteste, le Napoli de Sarri a été le plus tenace. Cependant, et malgré un mano a mano dantesque, les Partenopei échouent à la seconde place.

Cette saison Juventina est marquée par le départ du gardien mythique : Gianluigi Buffon. Après 17 ans de bons et loyaux services, Gigi va poursuivre sa superbe carrière sous une autre tunique. Si les dirigeants avaient déjà anticipé cette éventualité avec l’arrivée du Polonais Szczęsny, et même si beaucoup pensaient à une retraite bien méritée, voir la prochaine saison sans Buffon dans les buts turinois sera forcément particulier pour les fans de la Juve en particulier et les fans de foot en général.

Les Européens

Champion’s League

Naples, Rome et l’Inter sont les autres équipes transalpines qualifiées pour la prestigieuse Champion’s League édition 2018/19. Longtemps leader du championnat, les Napolitains n’ont abdiqué que lors des ultimes journées de championnat. La défaite subie (3-0) à Florence les a condamnés à abandonner leurs derniers espoirs de Scudetto. Leur parcours est admirable. Cependant, l’entêtement de Sarri dans sa composition d’équipe coûte cher. En effet, le technicien napolitain avait tout misé sur le championnat domestique abandonnant les autres compétitions : européennes et domestiques. Un bien mauvais calcul au final.

Le parcours de la Roma est plus surprenant. Au début de la saison, le club entamait un nouveau cycle suite aux départs conjugués de Spalletti et de … Francesco Totti. Pour la première fois depuis 1992, un championnat commençait à Rome sans l’idole d’un peuple au sein de l’effectif. L’équipe emmenée par Eusebio Di Francesco et Monchi (nouveau DS) a très bien débuté. Menant en parallèle un excellent parcours en Champion’s League (demi-finaliste), les Giallorossi ont flanché en championnat entre fin décembre et début janvier avec un enchainement de six journées sans victoires. Mais un très bon final leur permet de décrocher un nouveau ticket européen.

Propriété du groupe chinois Sunning, l’Inter a débauché Spalletti pour retrouver l’Europe et la Champion’s League. Absents de cette compétition depuis la saison 2011/12, les Nerazzurri ont réussi à atteindre l’objectif fixé en début de saison. Après un départ canon symbolisé par une période d’invincibilité s’étalant jusqu’à la 17 ème journée, l’équipe est ensuite rentrée dans le rang. Mais jamais trop loin des places qualificatives. A la lutte avec la Lazio pour le dernier ticket européen, l’Inter est allée l’emporter (3-2) à l’Olimpico lors de la dernière journée au terme d’un match au suspens intense et de nombreux rebondissements.

Europa League

La Lazio, l’AC Milan et l’Atalanta obtiennent un ticket pour l’Europa League. La Lazio d’Inzaghino a longtemps pensé pouvoir atteindre le top 4. En dépit d’une attaque de feu, la meilleure du championnat (89 buts), de joueurs étincelants à l’instar de Ciro Immobile, Luis Alberto, Sergej Milinković-Savić, les Biancocelesti ont concédé trop de défaites pour espérer mieux. Ce parcours en championnat trouve un écho similaire en Europa League. Virtuellement qualifiés sur le terrain de Salzbourg lors du quart de finale retour, les Aquile ont littéralement implosé laissant les Autrichiens passer devant. Le tout en l’espace de 4 minutes.

Épouvantail de ce début de championnat grâce à un investissement XXL, les milanais faisaient figure de favoris pour la course à l’Europe. Mais l’addition de talents ne suffit pas à former un collectif. Surtout quand certains talents mettent du temps à s’adapter à leur nouvel environnement. Montella en a payé les frais, remplacé par le toujours hargneux Gattuso. Le calabrais a insufflé son enthousiasme, sa rage de vaincre à un effectif en manque de repères. Malheureusement, et malgré un vrai rebond, les Rossoneri ne parviennent pas à accrocher mieux que la 6ème place.

Après une saison 2016/17 réussie validée par une qualification en Europa League, les Bergamasques sont parvenus à rééditer la même performance. Si le classement final est inférieur à celui de l’année précédente (7ème avec 60 pts vs 4ème avec 72 pts), la Dea a également performé en Europe. Proche de l’exploit contre le Borussia Dortmund, Bergame est sorti la tête haute de cette expérience enrichissante.

Les Relégués

Benevento et Verona retrouvent la Serie B un an seulement après leur accession dans l’élite. Le petit poucet campagnol a connu une saison difficile. L’effectif n’était pas adapté pour jouer dans la cour des grands. Pourtant avec des retouches salutaires au mercato hivernal comme l’arrivée de Sandro ou de Cheick Diabaté et la farouche volonté du coach Roberto De Zerbi de vouloir jouer au football, Benevento a mieux figuré sur la phase retour avec notamment 4 points sur six pris contre le Milan. Mais le handicap accumulé était trop conséquent pour se sauver.

Hélas, Verona redescend également. Hors de la zone de relégation à uniquement quatre reprises sur trente huit journées, les Vénitiens n’ont jamais réussi à élever leur niveau de jeu pour envisager autre chose qu’une descente devenue rapidement incontournable.

Héros de la dernière édition de Serie A grâce à leur maintien sur le fil à l’issue de l’ultime journée, Crotone n’a pas pu rééditer l’exploit. Les Calabrais retrouvent donc l’étage inférieur. La lutte pour cette dernière place a été serrée jusqu’au bout. Plusieurs autres équipes auraient pu être également dans la zone rouge. Mais cette année, il n’y a pas eu de miracle. Et plus de vélo.

Les Promus

Empoli et Parma sont les deux premiers clubs à accéder à l’élite. Les Toscans prennent l’ascenseur. Mais dans le sens inverse que la saison passée. Empoli a dominé la Serie B avec notamment un parcours quasi sans faute à domicile. Un retour logique.

Le parcours de Parma est beaucoup plus surprenant. Après deux montées successives, ce club italien historique retrouve l’élite trois ans seulement après la faillite et le renouveau en Serie D. Passés dans le giron du groupe chinois Desports, les Crociati rallie un championnat plus en adéquation avec leur glorieux passé. Mention spéciale à Alessandro Lucarelli. Au club depuis 2008, il est resté au club malgré les soucis financiers. Capitaine courage, ce quadragénaire (Classe 77) est l’âme de l’équipe.

Le troisième élu doit émerger du Play-Off de Serie B opposant les candidats positionnés entre la 3 ème et la 8 ème place :  Frosinone et Palermo sont déjà qualifiés pour les demi-finales. Ils affronteront respectivement les vainqueurs des matches entre Bari et Cittadella & Venezia et Perugia. La finale disputée en match aller/retour donnera son verdict final le 10 juin prochain.

Meilleur Joueur

Si plusieurs joueurs se sont illustrés lors de cette saison de championnat à l’instar de Sergej Milinković-Savić pour son étincelante activité dans l’entrejeu laziale, de Dries Mertens pour sa habileté technique et son sens du but ou encore de Paulo Dybala pour sa classe malgré une saison moins aboutie que les précédentes, la rédaction a choisi de mettre en avant Douglas Costa. L’ailier brésilien, arrivé en provenance du Bayern Munich, s’est rapidement mis au diapason de ses coéquipiers. Très fin techniquement, dribbleur hors pair, super centreur et d’une rapidité foudroyante, il a conquis l’Allianz Stadium grâce à son état d’esprit et sa grinta, atouts de poids pour plaire au public juventino. Avec de bonnes statistiques individuelles, il se classe deuxième au classement des meilleurs passeurs du championnat avec douze assists et quatre buts. Bref, une première saison réussie ponctuée par un titre de champion d’Italie.

Meilleurs Buteurs

Mauro Icardi et Ciro Immobile se partagent le titre de Capocannoniere. Icardi a accompli une saison de haut vol. Avec 29 buts (son meilleur total en carrière) en 34 matches dont un quadruplé, un triplé contre le Milan et six doublés, l’argentin est l’artilleur N°1 de l’Inter. Il s’offre même le luxe de briller sans peser dans le jeu. On le croit absent et puis, il sort de sa boîte pour planter l’estocade. Un vrai N°9 à l’ancienne.

Ciro Immobile avait déjà retrouvé ses sensations de buteur lors de la saison précédente après des passages ratés en Allemagne et en Espagne. Mais le napolitain a amélioré son ratio. Essentiel sur toutes les attaques laziali, Ciro est impliqué sur 38 buts de son équipes : 29 réalisations ET 9 passes décisives. D’après @OptaPaolo, aucun autre joueur n’a réussi cette performance depuis la saison 2004/05.

Meilleur Gardien

Pour sa première saison en tant que N°1 dans les cages de la Roma, Alisson Becker a vraiment été impressionnant. De nombreuses fois dernier rempart infranchissable de la défense romaine, ses 17 cleansheets en 37 titularisations plaident largement en sa faveur. Mais il a aussi démontré son talent et son aisance balle au pied grâce à des premières relances précises ou quelques dribbles devant les attaquants adverses.

Meilleur Passeur

Avec un parcours en dent de scie entre Séville, Liverpool, Malaga et La Corogne, Luis Alberto s’est totalement relancé sous les ordres de Simone Inzaghi. Polyvalent, pouvant jouer en pointe avec Immobile ou plus en retrait dans un rôle de N°10 classique, l’ex espoir espagnol s’est complètement épanoui au sein de cette Lazio joueuse et offensive. Distillant passes millimétrées (14) pour ses attaquants mais démontrant également de réelles qualités de buteur avec 11 buts, Luis Alberto est le fournisseur officiel des Biancocelesti.

Meilleur Entraîneur

Pour différentes raisons, nous aurions pu citer Maurizio Sarri, Eusebio Di Francesco, Luciano Spalletti ou encore Simone Inzaghi comme entraîneur de l’année. Mais le travail accompli par Massimiliano Allegri place le toscan sur la plus haute marche de podium. Peu épargné par les pépins physiques de son équipe, Allegri a su impliquer tout son effectif. Il a aussi fait des choix forts, n’hésitant pas parfois à envoyer la Joya (Paulo Dybala) sur le banc. Malmené par le Napoli, il a su garder le cap pour décrocher le septième titre consécutif. Mais également signer son troisième doublé coupe / championnat de suite.

Voilà pour cet épilogue de la saison 2017/18 de Serie A. Toute la rédaction de Zone Mixte espère que vous avez apprécié nos analyses et reportages. Nous vous donnons rendez-vous pour la reprise le 19 août prochain. N’hésitez à nous suivre pendant la Coupe du Monde. Même si la Nazionale n’y est pas, de nombreux joueurs évoluant dans le Calcio seront en Russie.