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Juventus : puissance 7

Juventus : puissance 7

6 Scudetti consécutifs, aucune équipe italienne n’y était parvenue. Mais cette prouesse n’était pas suffisante pour la Juventus. Jamais rassasiée, la Vecchia Signora était encore candidate à sa propre succession. Pourtant malgré quelques doutes en début de saison (vite dissipés), face à une adversité diverse et variée, l’équipe d’Allegri a livré un mano a mano épique avec le Napoli de Sarri pour l’obtention de cette 116 ème édition du championnat italien.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Après la claque reçue à Cardiff, une préparation estivale moyennement réussie, le départ  » surprise  » de Leonardo Bonucci et une défaite en Supercoupe d’Italie contre la Lazio (2-3), la Juventus a repris sa marche en avant. Cependant, la conquête de ce 34 ème titre n’aura pas été aisée. Le Napoli a longtemps concurrencé les Turinois. Les coéquipiers du slovaque Marek Hamšík ont espéré jusqu’à la fin. Mais en Italie, à la fin (fino alla fine), c’est souvent la Juve qui gagne.

Un départ réussi

Avec pour premiers adversaires Cagliari, le Genoa, le Chievo et Sassuolo, la Juventus a connu un début de saison abordable. Il faut attendre les 5 ème et 6 ème journée avec la double réception de la Fiorentina et du Torino pour voir une opposition plus ardue. Mais la Juve écarte ses deux rivaux, notamment en écrasant les Granata (4-0).

Finalement, les Bianconeri perdent leurs premiers points contre l’Atalanta (2-2) et face à la Lazio (1-2). Pas de quoi bouleverser le groupe de Max Allegri. Tel un rouleau compresseur, la Juve reprend sa marche en avant. Hormis une nouvelle défaite (3-2) contre la Samp de Giampaolo et un nul (0-0) concédé lors du Derby d’Italia face à l’Inter, tous les autres résultats jusqu’à la trêve ne sont que des victoires.

Une concurrence plurielle …

Un championnat national est souvent considéré comme un marathon. Une course de fond très longue où tout peut arriver. Et bien entendu, pour passer la ligne en premier, il faut être le plus endurant et le plus régulier. Cette saison, la Juve a été attaquée par plusieurs concurrents dans la course à l’Europe et au Scudetto.

Ainsi lors de la phase aller, l’Inter, la Lazio et la Roma ont tous performé. Les Nerazzarri de Spalletti ont longtemps affiché une excellente forme. Un ressort s’est cassé en fin d’année 2017. Au soir de la 19 ème journée, ils comptaient 41 points.

Malgré le départ de leur capitaine et idole : Francesco Totti et l’arrivée d’un nouvel entraineur : Eusebio Di Francesco, la Roma a produit une bonne saison. Au soir de la 19 ème journée, ils comptaient 39 points.

La Lazio d’Inzaghino a, elle aussi, signé un début de saison fracassant. Portés par un Immobile et un Milinković-Savić dans une forme internationale, les Biancocelesti ont même battu le nombre de points (19) détenus par l’équipe championne d’Italie en 2000 après huit journées de Serie A. Au soir de la 19 ème journée, ils comptaient 37 points.

Dépassée par le rythme

Mais les trois clubs ont connu des fortunes diverses lors de la phase retour du championnat. En dépit d’un gros coup de moins bien entre fin décembre et début janvier et d’un parcours merveilleux en Champion’s League, les Giallorossi sont parvenus à s’accrocher sur le podium pour obtenir un nouveau ticket pour la prestigieuse compétition européenne.

Leurs rivaux romains de la Lazio sont en bonne position pour atteindre la C1 pour la première fois depuis une décennie. Également longtemps en lice en Europe, les Aquile ont réussi à maintenir un bon niveau dans les deux compétitions. Mais un bug lors du quart de finale retour face à Salzbourg les a privés d’une demi-finale européenne à leur portée.

A l’instar de la Roma, l’Inter a fait du surplace lors de la même période avec plusieurs résultats nuls consécutifs. Pourtant les Nerazzurri pouvaient se concentrer uniquement sur le championnat. Les Milanais devraient retrouver l’Europe mais ce sera très certainement en Europa League.

L’adversaire N°1

Petit à petit, et en dépit d’une rude concurrence, la Juventus a épuisé tous ses adversaires. Tous ? Non. Seul, le Napoli de Sarri est parvenu à tenir le rythme diabolique. D’ailleurs, les Partenopei ont longtemps tenu la dragée haute aux Turinois. Invaincus jusqu’à la 15 ème journée de championnat et la défaite contre … la Juve sur un but précoce de Gonzalo Higuain, toujours plus adulé des fans juventini et plus détesté des Napolitains.

Malgré ce revers, les coéquipiers d’Insigne ne se sont pas résignés. Après un résultat nul (0-0) contre la Fiorentina, les Azzurri ont enchainé dix victoires consécutives pour reprendre la place de leader. Un fauteuil de N°1 occupé à 22 reprises par le Napoli. Il faudra attendre une lourde défaite concédée contre la Roma (2-4) au San Paolo pour voir la Juventus s’emparer de la première place pour ne plus la lâcher, malgré une belle victoire (0-1) napolitaine à l’Allianz Stadium.

Comme nous venons de le voir, la Juve a réalisé un parcours presque sans faute. Avec une seule défaite au compteur lors de la phase retour, la Juventus a remporté ce duel de haut vol face à de valeureux Napolitains. Un vrai marathon emmené à un rythme effréné débouchant sur une septième couronne nationale consécutive.

D’ailleurs, les Piémontais sont des véritables ogres. Ils ne se contentent pas seulement du Scudetto. Depuis 2015, ils réussissent à faire le doublé en remportant également la Coppa Italia. Cette année, ils ont balayé le Milan (4-0) pour s’adjuger leur treizième trophée.

Un effectif complété

La défaite en finale de Cardiff avait montré certaines lacunes en terme quantitatif par rapport à l’effectif. Ainsi, par exemple, alors que Gareth Bale remplaçait Benzema dans le même temps, Lemina remplaçait Dybala. Les dirigeants turinois ont donc planché pour encore améliorer l’équipe. Dans le secteur offensif, Bernardeschi est arrivé de la Fiorentina. Même si cette arrivée a beaucoup déplu à Florence, le mécontentement atteint par le transfert de Roberto Baggio n’a pas été égalé. L’ailier brésilien Douglas Costa a quitté le Bayern sous la forme d’un prêt avec option d’achat. Ces deux renforts ont permis à Allegri d’avoir plus de possibilités dans le turn-over.

Dans le secteur défensif, le départ de Bonucci a été compensé numériquement par l’arrivée de Höwedes. Cependant, l’international allemand a connu de très nombreuses blessures (aine et cuisse). Du coup, la solution Benatia a été privilégiée par le technicien toscan. En fin de contrat, Dani Alves a été remplacé par De Sciglio. Le latéral italien a lui aussi connu des mésaventures physiques. Finalement, c’est bien souvent Lichtsteiner qui a été titularisé.

Une adversité tenace

Arrivé pour être la doublure de Buffon, Szczesny a parfaitement assuré l’intérim lorsque le vétéran Buffon a été blessé au mollet pendant un mois et demi. Avec la probable retraite de Gigi, le polonais a démontré qu’il avait les épaules pour prendre sa succession. L’autre bonne pioche du mercato est l’arrivée de Matuidi. Le milieu français a parfaitement joué son rôle. Rapidement, titularisé au cœur de l’entrejeu, Matuidi a gagné les bonnes grâces des tifosi avec une implication zélée et une énergie débordante.

Avec sept titres à la suite, la Juventus a frappé un grand coup dans l’Histoire du foot italien. Ce Scudetto a une grande valeur. Une grande valeur puisque gagné face à une adversité tenace et variée symbolisée par le Napoli, la Roma, la Lazio et l’Inter. La Vecchia Signora sera forcément encore parmi les favoris à sa propre succession. Mais cette année, la concurrence a prouvé qu’elle prenait de l’ampleur. Assez pour qu’un autre club lui succède au palmarès ? Ce sera l’enjeu principal du championnat 2018/19.