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L’Histoire de l’Olympique de Marseille en Europe

L’Histoire de l’Olympique de Marseille en Europe

À quelques jours de la finale d’Europa League tant attendue entre Marseille et l’Atlético Madrid, l’OM a l’occasion de rentrer un peu plus dans l’Histoire du football Français. Le club Olympien s’apprête à jouer sa sixième finale européenne, un record dans l’hexagone. La victoire mythique de 1993, en 2005 (Intertoto) et trois défaites. Au-delà d’une simple victoire en Ligue Europa, un succès Marseillais symboliserait le retour du football Français au premier plan. Focus sur l’histoire d’amour entre Marseille et les Coupes d’Europe.

Par Théophile Rémon

« À jamais les premiers ». Cette phrase tant entendue et rabâchée par les supporters Marseillais va enfin pouvoir s’actualiser si l’OM parvient à battre l’Atlético. Toute cette génération de supporters qui vit dans les souvenirs passés ne demande qu’à vivre le moment présent. Depuis la création du club, l’OM a disputé à quatorze reprises la Ligue des Champions, trois fois la Coupe des Coupes, treize fois la Ligue Europa et deux fois la Coupe Intertoto. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur les neufs fois où les Marseillais ont au moins atteint les quarts de finale.

1987/1988 : demi-finale contre l’Ajax de Bergkamp

Les premières grandes émotions européennes Marseillaises ont lieu à la fin des années 80. Le club, au bord de la faillite au début des années 80, est racheté par l’homme d’affaires Bernard Tapie en 1986. Son objectif : remporter la Coupe d’Europe. Après une première saison réussie où l’OM termine deuxième du championnat de France et finaliste de la Coupe de France, le club Phocéen dispute l’édition 1987/1988 de la Coupe des Coupes (C2, réunissait les vainqueurs des Coupes de chaque pays européen) car les Girondins, champions de France, jouent déjà la Coupe des Clubs Champions.

Les Papin, Abedi Pelé et consorts se hissent jusqu’en demi-finales de la compétition, après avoir notamment éliminé le Lokomotiv Leipzig, finaliste de l’édition précédente (0-0 ; 1-0), les Yougoslaves du HNK Hajduk Split (4-0 ; 0-3 sur tapis vert après des jets de fumigènes des supporters Yougoslaves, alors que leur équipe menait 2-0). En quarts, les Phocéens sortent le club Finlandais de Rovaniemi (0-1 ; 3-0). Pour l’anecdote, le match aller ne s’est pas joué en Finlande car le terrain était gelé mais en Italie, à Lecce. Mais Marseille est finalement battue en demi-finale par l’Ajax Amsterdam d’un certain Dennis Bergkamp (0-3 ; 1-2). C’est la première fois de son Histoire que le club va si loin en Coupe d’Europe.

Coupe des Clubs Champions 1989/1990

Fort de cette première belle épopée européenne, l’OM n’a qu’une envie : regoûter à cette atmosphère. Marseille réalise le doublé Championnat de France – Coupe de France en 1988/1989, et se qualifie pour la plus belle des compétitions : la Coupe des Clubs Champions. Encore une fois, les Olympiens se hissent jusqu’en demi-finale, après avoir sorti les danois de Brøndby (3-0 ; 1-1), l’AEK Athènes (2-0 ; 1-1) et le CSKA Sofia de Stoichkov (0-1 ; 3-1). C’est un autre grand nom européen qui élimine Marseille : le Benfica Lisbonne. Après une victoire 2-1 au Vélodrome, les Marseillais s’inclinent 1-0 au retour, sur un but de la main de l’Angolais Vata Matanu Garcia à la 84ème minute.

Coup dur pour l’OM, qui aurait pu jouer contre le grand Milan AC en finale. Tapie s’exprimera à l’issue du match : « j’ai réagi contre les journalistes qui nous traitaient de « petit club ». Eh bien, ce soir, j’ai compris pourquoi l’OM était un petit club, nous n’avons pas su faire la différence, parce qu’au manque de réussite sont venues s’ajouter les décisions d’arbitres pas toujours en notre faveur à l’aller, franchement contre nous au retour. Mais j’apprends vite. La saison prochaine, croyez-moi, cela ne nous arrivera pas. Jamais plus nous n’encaisserons un but de la main ». Mais les Marseillais n’ont pas à rougir : deux demi-finales en trois saisons.

Coupe des Clubs Champions 1990/1991

Malgré leur belle épopée européenne, stoppée injustement par l’arbitre du match retour contre Benfica, l’OM a survolé sa saison dans le championnat de France et a remporté un sixième titre. Les Olympiens vont pouvoir se confronter à nouveau aux joutes européennes. Le club franchi encore un palier en se hissant cette fois jusqu’en finale de la compétition. Entraînés par Franz Beckenbauer (sacré champion du monde avec l’Allemagne à l’été 90) de septembre 90 à janvier 91, ils éliminent tour à tour les Albanais du Dinamo Tirana (5-1 ; 0-0 et les Polonais du Lech Poznań (3-2 ; 6-1) malgré la défaite à l’aller. En quart, Marseille, désormais entraînée par le Belge Goethals (ancien coach Bordelais) affronte le Milan AC des Néerlandais Rijkaard Gullit et Van Basten (blessé), double tenant du titre.

1-1 à l’aller à San Siro, Papin ayant répondu à Gullit. Dans une ambiance surchauffée, l’OM tient le résultat et Chris Waddle fait chavirer le Vélodrome à la 75ème minute. 88ème minute : les projecteurs du stade s’éteignent, les Milanais quittent la pelouse. L’OM se qualifiera finalement sur tapis vert. Le Milan AC sera même exclu de toute compétition européenne la saison suivante. En demi-finale, Marseille élimine le Spartak Moscou (1-3 ; 2-1), pourtant tombeur du Real Madrid. L’OM s’offre sa première finale européenne de son Histoire. Ce sera face à l’Etoile Rouge de Belgrade. Le match est fermé, les Yougoslaves l’emportent finalement aux tirs au but (5-3). La déception est immense dans le camp Olympien.

Finalement la Coupe aux grandes oreilles: le triomphe en 1992/1993

Mais encore une fois, l’OM va pouvoir retenter sa chance rapidement. Le club Provençal est à la lutte pour le titre de champion de France avec Monaco lors de la saison 91/92, mais remporte finalement le trophée lors de la 37ème journée. Les Marseillais, orphelins de Waddle et Papin, parti au Milan AC à l’été 92, mais renforcés par Desailly, Boksić et Völler, entament une nouvelle campagne européenne. La Coupe des clubs Champions s’appelle désormais la Ligue des Champions. Il y a plus de participants, notamment suite à la dissolution de l’URSS en 1991. Une phase de groupes a lieu après une première phase à élimination directe de deux matches.

L’OM réalise un parcours sans embûche. D’abord les Irlandais du FC Glentoran (0-5 ; 3-0), puis le Dinamo Bucarest (0-0 ; 2-0). Ensuite, les Marseillais sont dans le groupe A, composé des Glasgow Rangers, du FC Bruges et du CSKA Moscou. Le premier du groupe jouera la finale. Les Olympiens, avec trois nuls et deux victoires, doivent s’imposer lors du dernier match à Bruges pour terminer premiers. Alan Boksić offre à l’OM sa deuxième finale en Coupe d’Europe, pour une revanche des Milanais, éliminés deux ans plus tôt en quarts de finale. La suite on la connaît : stade Olympique de Munich, tête de Boli sur corner en première mi-temps. Ça y est, Marseille est à jamais entré dans l’Histoire du football Français.

Coupe de l’UEFA 1998/1999

Six ans après cette fameuse Ligue des Champions remportée : le club a complètement changé. L’affaire OM-VA a fait des siennes. Tapie n’est plus là, le club a connu la seconde division. Marseille s’est vue retirer le titre de champion de France 93 et s’est faite exclure des compétitions européennes de la saison 93/94. Saison 95/96 : le club parvient à remonter dans l’élite en terminant deuxième de seconde division. Décembre 96 : Robert Louis-Dreyfus devient le nouveau Président. Rolland Courbis est nommé entraîneur en 97. Le club termine la saison 97/98 à la quatrième place et se qualifie pour la Coupe de l’UEFA.

Avec une nouvelle génération de joueurs, emmenés par Blanc, Ravanelli, Pires, Maurice ou Luccin, l’OM se hisse jusqu’en finale de la compétition. Les Marseillais éliminent successivement les Tchèques du Sigma Olomouc (2-2 ; 4-0) et le Werder de Breme (1-1 ; 3-2). En huitièmes, confrontation 100% Française contre l’AS Monaco (2-2 ; 1-0). L’OM hérite en quart du Celta Vigo (2-1 ; 0-0) puis en demi de Bologne (0-0 ; 1-1). Le club Italien, avec le match retour chez lui, mène 1-0 à cinq minutes de la fin, quand l’arbitre accorde un pénalty pour une faute (imaginaire) du gardien sur Florian Maurice (à vitesse réelle, il était impossible pour l’arbitre de s’en rendre compte).

Laurent Blanc, capitaine Olympien, le transforme, mais l’arbitre demande de le retirer car un joueur Italien est entré dans la surface. Incroyable. Le défenseur Français ne tremble pas : il trompe à nouveau le portier Bolognais. Dans une fin de match houleuse avec une bagarre générale au coup de sifflet final, l’OM se qualifie pour sa troisième finale européenne, Dugarry et Ravanelli seront, entre autres, suspendus. C’est un autre club Italien qui attend Marseille : le Parma FC, emmené notamment par Thuram, Boghossian, Cannavaro, Crespo, ou Verón. Les Marseillais s’inclinent 3-0. Coup dur, ils perdent quelques jours plus tard le championnat de France au profit de Bordeaux.

Coupe de l’UEFA 2003/2004

Les Marseillais retrouvent la Coupe de l’UEFA cinq ans après leur beau parcours et cette finale perdue contre Parme. L’OM, qui avait commencé la saison en Ligue des Champions suite à sa troisième place obtenue lors de la saison précédente (qualification contre l’Austria Vienne en barrage), a été reversée en Coupe de l’UEFA en terminant troisième de son groupe derrière le Real Madrid et le FC Porto, mais devant le Partizan Belgrade. Là encore, cette compétition va sourire aux Marseillais, qui vont se hisser à nouveau jusqu’en finale, après un parcours de haute volée.

Marseille, emmenée par Drogba, élimine d’abord le Dniepr Dniepropetrovsk en seizièmes (1-0 ; 0-0), puis Liverpool en huitièmes (1-1 ; 2-1), composée pourtant de joueurs tels que Gerrard, Milan Baros, El Hadji Diouf ou Michael Owen. En quart, l’OM fait tomber l’Inter Milan de Toldo, Zanetti, Cannavaro, Adriano, Vieri ou Recoba (1-0 ; 0-1). C’est au tour de Newcastle de faire les frais du club Marseillais. Après un 0-0 en Angleterre, Drogba qualifie les siens 2-0 au retour avec ce fameux but inscrit avec ce dribble derrière le pied d’appui. Malheureusement, les joueurs de José Anigo s’inclinent 2-0 en finale contre Valence. Match au cours duquel Barthez se fait expulser par Pierluigi Collina à la 45ème minute.

Coupe Intertoto 2005

Été 2005, Marseille dispute la Coupe Intertoto après avoir terminée cinquième du championnat la saison précédente. Cette compétition voyait les meilleurs clubs européens non qualifiés pour la Ligue des Champions et la Coupe de l’UEFA y participer. L’OM, en ce début de saison, goutte déjà à l’atmosphère européenne et remporte cette compétition, après avoir éliminé successivement les Young Boys de Berne (2-3 ; 2-1), la Lazio de Rome (1-1 ; 3-0), puis après avoir inversé la tendance en finale.

Battus 2-0 par le Deportivo La Corogne à l’aller, les Marseillais l’emportent 5-1 au retour dans une ambiance folle, alors que le score était encore de 3-1 à cinq minutes de la fin, suffisant pour le Deportivo. Niang inscrivant le but libérateur à la 87ème minute, avant qu’Oruma ne clôt les débats trois minutes plus tard. Deuxième titre européen de Marseille après la Ligue des Champions en 1993. Avec cette victoire, l’OM se qualifie pour la Coupe de l’UEFA, mais se fera sortir dès les huitièmes de finales par le Zénith Saint-Pétersbourg (0-1 ; 1-1).

Coupe UEFA 2008/2009

Trois ans après leur victoire en Coupe Intertoto, les Olympiens vont se mettre à rêver à nouveau d’une nouvelle épopée européenne. Saison 2008/2009, l’OM dispute la Ligue des Champions en ayant terminé à la troisième place lors de la saison précédente. Après avoir éliminé le club Norvégien du SK Brann en barrage (0-1 ; 2-1), les Marseillais se retrouvent dans un groupe relevé composé de Liverpool, de l’Atlético et du PSV. Mais comme cinq ans auparavant, Marseille termine troisième de son groupe (derrière les Anglais et les Espagnols), et est reversée en Coupe de l’UEFA. Si le club Phocéen avait réussi à atteindre la finale en 2004, le parcours sera plus compliqué cette année-là.

L’OM élimine en seizièmes laborieusement le FC Twente aux tirs au but (6-7), après s’être incliné 0-1 à domicile, puis en gagnant sur le même score au retour aux Pays-Bas. En huitièmes, le club Phocéen rejoue contre des Néerlandais, cette fois l’Ajax. Après avoir gagné 2-1 au Vélodrome, les coéquipiers de Luis Suarez emmènent les Olympiens en prolongations. C’est finalement Tyrone Mears qui délivrera Marseille à la 109ème minute d’un but de la tête. Malheureusement, l’aventure européenne prendra fin en quarts de finale. Le bourreau se nomme le Shakhtar Donetsk, victorieux 2-0 à l’aller, puis 1-2 au retour. Les Ukrainiens gagneront la compétition.

Ligue des Champions 2011/2012

Voici la dernière belle épopée des Marseillais dans la Coupe aux grandes oreilles. Cela remonte déjà à six ans. À l’époque, l’OM, entraîné par Deschamps, est qualifié pour la Ligue des Champions en ayant fini deuxième de Ligue 1 la saison précédente, derrière le LOSC de Rudi Garcia. Dans une poule composée de l’Olympiakos, du Borussia Dortmund et d’Arsenal, Marseille parvient à se qualifier pour les huitièmes de finale en terminant deuxième à seulement un point d’Arsenal. Les Olympiens héritent de l’Inter Milan de Diego Forlán, Sneijder, Maicon ou Milito.

Au Vélodrome, Ayew donne la victoire aux siens à la 93ème. Au retour, Milito ramène les deux équipes à égalité à la 75ème minute, avant que Brandao offre la qualification à la 92ème. Mandanda se fera expulser à la 93ème minute pour un second jaune, le but sur penalty de Pazzini ne changera rien : l’OM est en quarts de finale de C1, une première depuis l’épopée 90/91 (en 93, la compétition n’était pas sous ce format). Mais c’est un ogre qui se dresse devant les Marseillais : le Bayern Munich. 4-0 sur l’ensemble des deux matches, 2-0 à chaque rencontres, les Phocéens n’ont pas à rougir de leur prestation.

Ligue Europa 2017/2018

Les Marseillais vont-ils rajouter une ligne à leur palmarès ? Après un parcours incroyable et 18 matches disputés, l’OM se retrouve en finale de l’Europa League contre l’Atlético Madrid de Griezmann. La marche s’annonce haute, mais sur un match, tout est possible. Les joueurs de Rudi Garcia auront un avantage sur les Madrilènes avec cette finale qui se déroule en France. Marseille va-t-elle gagner une troisième finale européenne ? Va-t-elle conjurer le sort après ses deux finales perdues en Coupe de l’UEFA ? Réponse mercredi 16 mai.