Share
Matteo Politano : le facteur X de Sassuolo

Matteo Politano : le facteur X de Sassuolo

Avec un tiers des buts de son équipe à son actif, Matteo Politano est l’un des acteurs majeurs du maintien de Sassuolo en Serie A. Ailier de formation repositionné dans l’axe par Beppe Iachini, le romain démontre de très bonnes qualités de finisseur. Notamment avec une fin de saison bouclée en boulet de canon. D’ailleurs depuis fin mars, avec six buts en huit matches, il est l’atout offensif N°1. Un repositionnement salutaire pour les Neroverdi. Retour sur son parcours. 

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

À bientôt 25 ans, il les aura en août prochain (le 03), Matteo Politano termine sa troisième saison en Serie A sous les couleurs du club romagnol. Une saison mitigée pour l’équipe mais réussie d’un point de vue personnel. Avec un excellent bilan (provisoire) de neuf buts et quatre passes décisives, l’attaquant de poche réalise son meilleur exercice en carrière. Il montre également une autre facette de son talent : celle du buteur. Ardemment courtisé par de très grands clubs de la péninsule et européen, sous contrat jusqu’en 2022, Politano devrait animer le mercato estival.

Caractéristiques

Avec son mètre soixante et onze, Matteo Politano s’inscrit naturellement dans la catégorie des attaquants de poche. Bien entendu, et même si des joueurs d’une taille similaire possède un excellent timing à l’instar d’un Dries Mertens, il ne règne pas en maître lors des duels aériens. Cependant, Politano a d’autres qualités. Très bon dribbleur, il élimine facilement ses adversaires. Bon centreur, quand il joue sur le côté droit, il aime revenir vers l’intérieur pour délivrer ses passes. Des passes clés alimentant les attaquants axiaux.

Doté d’une lourde frappe de balle, il n’hésite pas à prendre sa chance hors de la surface. Et bien souvent, il allie également la précision à la puissance. Cette saison, son passage du côté vers l’axe montre aux yeux du grand public un nouvel aspect de son talent : la finition. Si l’ailier compte des stats intéressantes depuis le début de sa carrière, avec sept buts en 10 matches, Politano prouve qu’il peut être encore plus clinique.

Très rapide, il est une menace permanente pour la défense adverse. Notamment sur contre-attaque. Son association avec l’autre feu follet de Sassuolo Domenico Berardi à la pointe de l’attaque est une merveille tactique. Et un cauchemar pour les défenses.

Débuts

Natif de Rome, le jeune Matteo entame la pratique du football au sein de la Polisportiva Selva Candida. Située au nord ouest de la capitale italienne, ce club omnisports est typique de la ville aux sept collines. Le jeune garçon attire l’attention. Il intègre rapidement les équipes de jeunes de l’AS Roma. Sa progression est constante.

Dès 2010, il remporte avec le Scudetto Allievi (U17). L’année suivante, il réédite cela en empochant le Trophée  » Giacinto Facchetti  » (championnat national) avec la Primavera (U19). En 2012, il clôture son expérience avec les catégories de jeunes en soulevant la Coppa Italia Primavera (U19). Malgré tous ces succès, les dirigeants giallorossi décident de l’envoyer s’aguerrir en Lega Pro (3 ème division). Destination Perugia. Un départ compris par le principal intéressé :

 » Il est clair que je n’étais pas prêt, ou peut-être que la société avait d’autres projets. Ce sont des choses assez courantes dans notre monde  » Matteo Politano

Carrière Pro

Pour sa première expérience en pro, le jeune Politano s’en sort bien. Il ouvre même son compteur but lors de son tout premier match en Coupe d’Italie (1-0). Le club de l’Ombrie lutte pour la montée en Serie B. Avec huit réalisations en vingt huit présences, Matteo produit une saison complète. Malheureusement, malgré une seconde place en championnat, Perugia échoue en play-offs.

Avec le système (encore en vigueur à l’époque) de la copropriété, il rejoint Pescara. Caprari fait le chemin inverse. Les Delfini sont spécialisés dans les opérations de ce genre. Déjà avant de se révéler au plus haut niveau, Insigne et Immobile avaient porté les couleurs du club situé au bord de l’Adriatique lors de la saison 2011/12. Après deux bonnes saisons dans les Abruzzes, la Roma rachète ses droits. Il est aussitôt prêté à Sassuolo.

Politano fait ses débuts en Serie A à 22 ans.Ironie de l’histoire, il signe son premier but dans l’élite contre l’équipe romaine (2-2). Il famoso gol dell’ex. Très apprécié par Eusebio Di Francesco, il devient un titulaire à part entière. Lors de la saison suivante, il participe à sa première campagne européenne, en Europa League. Il permet même à son équipe de se qualifier pour les phases de poules en assurant le succès des siens contre les serbes de l’Etoile Rouge de Belgrade (2-0).

Cette saison, il change de registre en cours d’exercice. Il prend une part active dans le maintien de son équipe. D’ailleurs, le six mai dernier, il claque l’unique but décisif contre la Samp pour le sauvetage de Sassuolo parmi l’élite.

Sa saison

D’abord aligné sur un côté par Cristian Bucchi dans un 4-3-3 hérité du long passage de Di Francesco, Politano évolue ensuite à différents postes du secteur offensif de Sassuolo. Polyvalent, il occupe indifféremment les positions :

  • d’ailier gauche : 15 apparitions pour 2 buts et 2 assists
  • d’ailier droit : 5 apparitions pour 1 assist
  • d’avant centre : 10 apparitions pour 7 buts et 1 assist
  • de milieu offensif : 1 apparition

Son repositionnement dans l’axe par Iachini est une superbe réussite. Dans cette position centrale, Matteo prouve son intelligence tactique et sa finesse technique. Depuis ce changement, Sassuolo compte quatre victoires, quatre nuls et une seule défaite. Si Sassuolo, bien calé dans le ventre mou du championnat, n’a plus rien à jouer en cette fin de saison, Politano peut améliorer encore un peu plus son record personnel de buts. Avec neuf réalisations, il concrétise sa meilleure saison depuis ses débuts professionnels.

Déjà sur les tablettes du Napoli, Politano est chassé par les deux Milan ou la Juve mais également par des équipes espagnoles de Valence ou encore Villarreal. Appelé en 2017 par Ventura pour honorer sa première cape, il est probablement dans les radars du futur sélectionneur italien. L’avenir semble donc radieux pour ce pur produit romanista. A moins que le destin ne le ramène à … Rome.