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Play-Offs Championship : last chance ride

Play-Offs Championship : last chance ride

Si les deux premières places de Championship permettent d’accéder au Graal de la Premier League, le dernier ticket d’entrée n’est pas automatiquement attribué au troisième de la ligue. Non. Ce serait trop facile. Pour en bénéficier, et ce depuis 1987, il faut passer par la case : play-offs. Quatre équipes luttent alors pour obtenir le précieux sésame. Après avoir bataillé pendant 46 journées de championnat, il faut encore fournir un effort supplémentaire. Mais le jeu en vaut la chandelle. Décryptage.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

En effet, les équipes classées de la troisième à la sixième place s’affrontent pour déterminer l’heureux élu. Lors d’une  » finale  » disputée à Wembley, le vainqueur est promu au terme de trois matches particuliers, riches en émotions et en adrénaline. Et comme souvent dans le sport : gloire au vainqueur et malheur au vaincu.

Le format

Comme nous venons de le voir, les équipes positionnées de la 3 ème à la 6 ème place entrent dans la phase finale des Play-Offs. Les deux premiers matches, appelées demi-finales, sont disputés en deux manches. Ainsi le troisième et le quatrième débutent par un déplacement puis reçoivent leurs opposants. Le troisième rencontre le sixième et le quatrième contre le cinquième. Le score cumulé sert de juge de paix. En cas d’égalité à la fin du match retour, des prolongations sont jouées. Et si l’égalité est encore de rigueur, l’épreuve des tirs au but détermine le vainqueur. Les deux gagnants se qualifient pour la finale de barrage.

Cette finale se déroule à Wembley. En cas d’égalité après 90 minutes, ce sont les prolongations. Puis les tirs au but si l’incertitude est encore présente. L’équipe gagnante est promue en Premier League. Bien entendu, l’enjeu sportif est énorme pour ces équipes. Mais l’enjeu financier l’est tout autant. L’accession à la Premier League est la garantie de pouvoir mettre du beurre dans les épinards. Et même une bonne plaquette. Avec environ 60M£ de plus dans le budget grâce aux mirifiques droits TV, les dirigeants touchent un sacré jackpot. Pour adoucir la déception du perdant, les finalistes s’accordent pour laisser l’intégralité de la recette au perdant.

L’historique

Bien souvent la hiérarchie du classement général est respectée. Mais finir troisième ne garantit rien. Voici un petit aperçu statistique sur les trente dernières éditions pour bien s’en rendre compte :

  • 11 promotions : le troisième
  • 8 promotions : le cinquième
  • 6 promotions : le quatrième
  • 5 promotions : le sixième

Certaines équipes sont abonnées à ce rituel de fin de saison :

  • Ipswich Town : avec 8 matches de barrages en 1987, de 1997 à 2000, 2004, 2005 et 2015, les Tractor Boys ne conquièrent la promotion qu’à une seule reprise (2000).
  • Birmingham City : avec quatre participations consécutives, les Blues trouvent la faille lors de leur dernière tentative. Au bout du suspens (1-1 ap, 4-2 tab), ils battent Norwich au Millennium Stadium de Cardiff.
  • Leicester City : avec quatre finales en cinq ans, les Foxes sont sur du 50/50. Vaincus en 1992 et 1993 mais vainqueurs en 1994 et 1996.
  • Crystal Palace : avec cinq finales (1989, 1996, 1997, 2004, 2013) dont quatre victorieuses, les Eagles comptent le plus de succès qu’aucune autre équipe.

Barragistes meilleurs ?

Autre statistique intéressante : lors de la saison suivante, par sept fois, les vainqueurs du barrage réussissent à terminer plus haut au classement général de Premier League que le premier et son dauphin. C’est le cas pour :

  • Blackburn Rovers (1992/93) : 6 ème puis 4 ème (1. Ipswich 16 ème, 2. Middlesbrough 21 ème)
  • Leicester City (1996/97) : 5 ème puis 9 ème (1. Sunderlant 18 ème, 2. Derby County 12 ème)
  • Ipswich Town (2000/01) : 3 ème puis 5 ème (1. Charlton 9 ème, 2. Manchester City 18 ème)
  • West Ham (2005/06) : 6 ème puis 9 ème (1. Sunderland 20 ème, 2. Wigan 10 ème)
  • Swansea City (2011/12) : 3 ème puis 11 ème (1. QPR 17 ème, 2. Norwich 12 ème)
  • West Ham (2012/13) : 3 ème puis 10 ème (1. Reading 19 ème, 2. Southampton 14 ème)
  • Crystal Palace (2013/14) : 5 ème puis 11 ème (1. Cardiff 20 ème, 2. Hull City 16 ème)

Malheur au vaincu

La finale de barrage permet de pimenter la fin de saison. Cela permet également à des équipes moins bien placées d’obtenir une promotion impossible via le classement général. Mais malheur à ceux qui ratent le bon train. Certaines équipes, à deux doigts d’une accession au plus haut échelon national, se retrouvent aujourd’hui dans une situation peu enviable. L’exemple récent de Blackpool est significatif.

A la lutte pour la montée, les Seasiders terminent cinquième du classement général. Après avoir passé l’obstacle Birmingham City (1-0/2-2), le club du nord ouest retrouve en finale les londoniens de West Ham. Cette saison là, les Hammers écrasent Blackpool au Boleyn Ground (4-0) et au Bloomfield Road (1-4). Cependant, le scénario de la finale est totalement différent. Dans un match serré, Carlton Cole montre la voie (1-0). Peu après la pause, Tom Ince (le fils de Paul) égalise (1-1). Chaque camp se rend coup pour coup. Le match peut basculer d’un côté comme de l’autre. Finalement, le portugais Ricardo Vaz Tê libère les siens (2-1). Depuis ce jour, West Ham est toujours en Premier League. A un pas de l’élite, Blackpool s’est effondré. Descendu jusqu’en League Two, le club évolue actuellement en League One.

Un mal pour un bien

Cependant, un échec en finale de barrage n’est pas toujours nécessairement synonyme de catastrophe. Ainsi les exemples de Watford (2013) ou Middlesbrough (2015) montrent qu’un rebond est possible après un échec. Respectivement défaits par Crystal Palace et Norwich City, les Hornets et Boro prennent leur revanche en acquérant leur ticket pour l’élite en terminant second en 2015 et 2016.

Les play-offs de Championship édition 2017/18 opposent Derby à Fulham et Middlesbrough à Aston Villa. Quel que soit l’issue des demi-finales puis de la finale de barrage, la perspective de retrouver un club emblématique de Premier League est plus que probable avec un casting pareil. Et pour le perdant, gare à la prochaine campagne.