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Karl Toko-Ekambi : (bientôt) dans la cour des grands

Karl Toko-Ekambi : (bientôt) dans la cour des grands

À 25 ans, Karl Toko-Ekambi semble être entré dans une autre sphère cette saison. Bien qu’évoluant au SCO d’Angers, actuel quatorzième de Ligue 1, à quatre points du premier non-relégable, l’attaquant Camerounais fait partie des meilleurs buteurs de Ligue 1. Retour sur l’ascension du joueur formé au Paris FC, qui quittera certainement les Angevins cet été.

Par Théophile Rémon

Cette saison, Karl Toko-Ekambi a inscrit 17 buts et a délivré cinq passes décisives. Il réalise de loin la meilleure saison de sa carrière.

Foot ou rap ?

Parisien de naissance et ayant grandi dans le XIIIème arrondissement, le petit Karl joue dès ses huit ans au Paris FC, dont les locaux et le stade Charlety sont dans le XIIIème arrondissement. Il y évolue jusqu’à ses seize ans. Mais alors qu’il joue en U16 et qu’il est très bon, son équipe est reléguée. Ajouté à ça un genou mal soigné, Karl Toko-Ekambi décide d’arrêter le foot. Alors que ses copains le voyaient tous faire une carrière de footballeur, l’adolescent se lance dans le rap.

« J’ai ensuite décroché, tout simplement. Je suis passé au foot en salle avec mes potes du quartier, deux fois par semaine à Marcel Cerdan » (gymnase du XIIIème arrondissement). Mais en 2008, le Camerounais choisit de reprendre le chemin des filets à celui de la chanson. Il retourne au Paris FC, son club de cœur. Il réintègre les équipes de jeunes, puis, ayant retrouvé rapidement son niveau, est appelé avec l’équipe réserve à l’été 2010.

Le déclic

Il a tout juste 18 ans. Cerise sur le gâteau, au bout de quelques mois à alterner entre les U19 et la réserve, Karl Toko-Ekambi est convoqué en avril 2011 par le coach de l’équipe première, en National. Il joue deux petits matches. Son statut change lors de la saison suivante : le Camerounais devient un joueur utilisé régulièrement, avec 25 matches. Malgré des rencontres pleines, et du temps de jeu, il n’inscrit que trois buts en 2011/2012, puis quatre l’année suivante. L’attaquant va alors travailler pour retrouver son efficacité d’antan.

Été 2013, à force d’abnégation, le joueur devient plus costaud, et s’est habitué aux exigences du haut niveau. Il arrête le rap, se concentre à 100% sur le foot. Le Paris FC est repêché en National grâce à la rétrogradation administrative de Sedan en CFA 2. Le club de la capitale monte en puissance et se bâtit une équipe compétitive pour rester en National et pourquoi pas monter en Ligue 2. Le Paris FC termine neuvième. Mais cette saison est une révélation pour Toko-Ekambi. Il inscrit 14 buts en 26 matches, et fait partie de l’équipe type de National.

Le passage Sochalien

L’attaquant Camerounais est forcement repéré. Été 2014, il est transféré au FC Sochaux, relégué en Ligue 2, contre 400 000 euros. Il signe ainsi son premier contrat professionnel, à 21 ans. Avec le FCSM, Toko-Ekambi a du mal à démarrer et n’inscrit que deux buts en douze journées. En janvier, il répond favorablement à la sélection Camerounaise et dispute treize minutes d’un match amical à quelques jours du début de la Coupe d’Afrique des Nations en Guinée Equatoriale. Il n’est malheureusement pas conservé et doit attendre juin pour retrouver le chemin des Lions Indomptables.

L’ancien joueur du Paris FC réalise une fin de saison d’un autre calibre : il réitère sa performance de l’an passé en marquant à quatorze reprises, mais cette fois en Ligue 2. Il est le meilleur buteur du club pour sa première saison. Sochaux termine à la dixième place. Le Camerounais tape dans l’œil d’écuries de Ligue 1 comme le Lille d’Hervé Renard ou Montpellier. Le joueur souhaite partir et découvrir la Ligue 1, mais Sochaux refuse en raison des difficultés rencontrées en championnat.

Découverte de la Ligue 1

La saison suivante, à Sochaux, avec ses onze buts, il est de nouveau le meilleur buteur du club. Il est rappelé en mars 2016 avec le Cameroun, mais reste sur le banc. Il rejoue enfin en mai 2016 contre les Bleus, puis participe dans la foulée à un match éliminatoire pour la CAN contre la Mauritanie. En club, malgré la présence du Camerounais et de ses quinze buts, le FCSM rencontre des difficultés et finit la saison à la quinzième place, avec seulement trois points de plus que le premier relégable. Le club ne peut le conserver une saison de plus. Angers recrute Toko-Ekambi en juin 2016 contre 1 million d’euros.

En septembre, il inscrit contre la Gambie son premier but avec les Lions Indomptables. Il réalise aussi une passe décisive dans ce match. Le Camerounais débute timidement avec le SCO. En janvier, il est enfin récompensé de ses efforts et est appelé avec son pays pour disputer la CAN au Gabon. Le Cameroun remporte la compétition, l’Angevin reste néanmoins sur le banc en demi-finale et en finale. Bilan mitigé de sa première saison : 8 buts et cinq passes décisives. Il faut dire que la concurrence est rude à ce poste, avec Diédhiou, Pépé, Ndoye ou Ketkeophomphone. Angers terminera quatorzième de Ligue 1, et se hissera tout de même en finale de la Coupe de France.

2017/2018 : l’explosion

Cette saison, Toko-Ekambi porte le SCO d’Angers quasiment à lui tout seul. Septième du classement des buteurs en France, le Camerounais a déjà planté à 17 reprises en championnat : autant que Vardy, Fékir, ou Mertens, et plus que Lukaku, Higuain ou Dzeko. Ajouté à ça, 5 passes décisives. Toko Ekambi a été décisif à 22 reprises (en 34 matches de Ligue 1), soit autant que Falcao, Firmino, Sané ou encore Müller. Pas étonnant que les clubs européens se soient affairés dès cet hiver pour recruter l’attaquant Camerounais. Saïd Chabane est revenu sur le mercato hivernal.

« La dernière offre qu’on a refusée pour lui, en janvier, était de 20 millions d’euros. On avait 18 points quand on a eu cette proposition. On ne pouvait pas imaginer l’accepter, même si cette offre représentait quasiment 60 % de notre budget. Mais l’enjeu en valait la chandelle, il fallait se maintenir et donc le garder. Il était au courant de tout ce qui se tramait. Il avait une offre de salaire qui était importante, mais il nous a dit qu’il voulait rester avec nous, qu’il ne pouvait pas quitter le club en le laissant en difficulté. C’est tout à son honneur. Le club s’est mis d’accord avec lui au mois de janvier. Il pourra partir cet été, il a son bon de sortie et on ne reviendra pas dessus ».

Villarreal ? Angleterre (Everton, Newcastle, Brighton) ? Les clubs intéressés sont nombreux. Quoiqu’il en soit, le transfert de l’ancien Sochalien sera sûrement le record du SCO et dépassera celui de Nicolas Pépé vers Lille l’été dernier et ses 10 millions d’euros. Réponse dans quelques mois.