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Tudor pour réveiller l’Udinese

Tudor pour réveiller l’Udinese

Dimanche, Massimo Oddo a donc disputé son dernier match sur le banc de la Dacia Arena. Cinq mois après son intronisation à la tête des Zebrette, le champion du monde 2006 de 41 ans n’a pas survécu à la onzième défaite consécutive face à la modeste formation calabraise de Crotone (1-2). Pourtant le successeur de Luigi Delneri avait permis à l’équipe du nord-est de la péninsule de prendre un nouvel élan pour rebondir et s’éloigner de la zone rouge, toute proche. Cependant, l’accumulation de mauvais résultats a plombé l’avenir de l’ancien milanais. Cette décision semblait irrémédiable. Tudor pour réveiller l’Udinese ?

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Le choix des dirigeants s’est porté sur le technicien croate : Igor Tudor. L’ex-juventino aura pour mission de redonner confiance à un groupe en mal de repères. Premier test dimanche à Benevento pour stopper l’hémorragie.

Les 5 mois de Massimo Oddo

Arrivé en novembre 2017, le natif de Pescara prend en main un club mal en point. En effet, avec 8 défaites en 13 journées de championnat, l’Udinese n’est seulement qu’à trois points de la zone de relégation. A l’époque, pas si lointaine, le choix des dirigeants apparaît comme une alternative idéale. Un choix audacieux. Un choix à l’opposé des coaches précédents. Lors des deux dernières saisons, Stefano Colantuono, Luigi De Canio, Giuseppe Iachini, Luigi Delneri se sont relayés au poste d’entraîneur. L’enthousiasme est de mise. Sa précédente expérience avec Pescara s’est mal terminée. Mais l’équipe produisait un football intéressant.

Ses débuts sont bons malgré une défaite initiale à domicile contre le Napoli (0-1). Perugia, pensionnaire du haut de tableau de Serie B, est atomisé 8-3 en Coupe d’Italie. L’Udinese semble métamorphosée. Elle enchaîne avec trois victoires consécutives dont une de prestige (1-3) contre l’Inter au Meazza. Les résultats positifs permettent à l’équipe de s’éloigner durablement de la zone de turbulence. Un moment même, les plus optimistes envisagent même un avenir européen. Mais la lune de miel s’arrête brusquement à la mi-février.

Une friabilité psychologique

Peu avant la St Valentin, l’Udinese retombe sur Terre. Une défaite (2-0) contre le Torino brise l’essor de l’équipe. L’enchaînement des rencontres imposé par un calendrier compliqué n’autorise pas les joueurs à reprendre leur souffle. La Roma, la Samp et la Juve infligent des échecs au club des Pozzo. L’équipe paie la débauche d’énergie physique et mentale pour recoller au classement. Ainsi, plusieurs cadres de l’effectif comme Behrami ou Lasagna passe par la case infirmerie. D’autres baissent de rythme. Les Tchèques Barak et Jankto marquent durablement le pas.

Un des signes de cette friabilité psychologique, de cette érosion physique est visible lors des trois derniers matches. A chaque fois, l’équipe a ouvert le score. Puis se fait rejoindre avant de concéder la défaite. Oddo semble impuissant. Dans une impasse. Incapable de redonner du boost à une équipe sans essence dans le moteur. Sur la sellette, il paie l’addition des 11 revers. Cela constitue un nouveau record négatif pour la société frioulane.

 » Nous avons essayé de toutes les façons de sortir de ces difficultés. Certainement quelque chose n’est pas allé dans le bon sens, sûrement nous avons fait des erreurs, mais toujours avec une attitude proactive. Je suis arrivé en tant qu’invité et je pars en tant qu’ami. Moi et mon staff technique n’oublierons jamais le Frioul  » Massimo Oddo, tweet posté sur son compte personnel Twitter

Les candidats

Plusieurs noms ont été évoqués dans la presse transalpine. D’après la Gazzetta, Edy Reja a été sondé. Très expérimenté, passé notamment par le Napoli, la Lazio ou l’Atalanta, le frioulan n’a plus entraîné depuis la saison 2015/16. Âgé de 72 ans, il a décliné poliment la proposition préférant laisser la place aux jeunes.

Le nom de Andrea Mandorlini est également apparu dans la liste des possibles. Cependant, l’ancien joueur du club au début des années 90 est annoncé avec insistance sur le banc de la Cremonese. Il retrouve un banc après une dernière courte expérience au Genoa.

Plusieurs hypothèses ont germé dans les médias. Andrea Stramaccioni, sans club depuis son limogeage du Sparta Prague en mars dernier, ancien coach de l’Udinese lors de la saison 2014/15, est contacté par les dirigeants. Ce dernier souhaite un contrat de deux ans. Sans succès.

Un autre ancien de la maison est évoqué. Très apprécié par les tifosi après son long passage couronné de succès lors des années 2010, le nom de Francesco Guidolin émerge. Nul ne sait si c’est un fantasme cumulé de la presse et des supporters ou si c’était une réelle option envisagée par les dirigeants.

L’élu

Le choix des dirigeants s’est porté sur le technicien croate de 40 ans. Ces derniers sont dans la continuité de leur choix précédent. A savoir un jeune entraîneur à la barre. Voici ses premières paroles en tant que Mister de l’Udinese :

 » C’est un moment délicat, il y a un travail important à faire. Nous devons terminer la saison comme la société le mérite, c’est à dire de la bonne façon pour ensuite commencer avec une nouvelle énergie. Maintenant il faut retrousser ses manches, je le prends comme un défi. Je suis sûr que nous allons rester en Serie A et que l’année prochaine nous ferons un excellent championnat « 

Ancien défenseur international, ex-juventino pendant 8 ans, Tudor a entamé sa reconversion au poste d’entraîneur dans son pays natal. En août 2009, il devient l’assistant de … Edy Reja. Il retrouve ainsi son club formateur : l’Hadjuk Split. Mais l’expérience tourne court. En effet, en février 2010, Reja résilie son contrat pour retourner au bercail pour s’asseoir sur le banc de la Lazio. Tudor termine la saison dans le staff technique.

En décembre 2012, le directeur sportif Sergije Krešić lui confie les U17. Pour perfectionner sa formation, il part en Italie faire deux stages. L’un à Vinovo, le centre d’entrainement de la Juve entraînée par son ancien coéquipier Antonio Conte. L’autre à Formello, celui de la Lazio dirigée par … Edy Reja. Finalement, il obtient sa première chance en avril 2013. Succédant à Mišo Krstičević, il mène l’équipe première de l’Hadjuk. A peine quelques semaines plus tard, il remporte son premier trophée : la coupe de Croatie, un sacre acquis contre le Lokomotiv Zagreb. Malheureusement, il démissionne en février 2015.

Des expériences à l’étranger mitigées

Il rebondit rapidement en prenant en charge le PAOK Salonique. Pour sa première expérience à l’étranger, tout ne se passe pas idéalement. Démis de ses fonctions suite à des résultats négatifs mais également pour des remarques acides sur la qualité de l’équipe, il poursuit sa route en Turquie. Nommé à la tête du promu en Süper Lig : Karabükspor, il est recruté en cours de saison par Galatasaray. Il termine la saison avec le Cimbom. Le club stambouliote se classe à la 4 ème place du classement. Tudor entame la nouvelle saison en prenant la tête de la ligue. Il occupe la place de leader pendant 14 journées sur 15. Mais ce n’est pas suffisant. Et alors qu’il n’est que second du championnat, Tudor se fait remercier.

Fort de ces expériences diverses et variées, le croate va donc devoir mener le navire Udinese vers des rivages plus calmes. Avec pour objectif de reprendre confiance, de retrouver une certaine solidité et surtout le goût de la victoire. Et pourquoi pas dès dimanche.