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Betis Séville, retour au premier plan

Betis Séville, retour au premier plan

Club mythique en Espagne, le Betis Séville a connu des fortunes diverses ces dernières années. Dans l’ombre de son éternel rival du FC Séville, le Betis était habitué récemment à flirter avec le bas de tableau. Sur les dix dernières saisons, le club a même évolué trois saisons en Segunda Division, dont la dernière fois il y a seulement trois ans. Actuellement cinquième de Liga, il faut remonter à la saison 2004/2005 pour voir pareil exploit. Le club Andalou avait à l’époque terminé quatrième. Un effectif talentueux, un entraîneur de qualité et une ambiance folle au Benito Villamarin, tels sont les ingrédients du retour du Betis Séville au premier plan.

Par Théophile Rémon

Avec huit points d’avance sur le FC Séville (qui compte un match de moins), le Betis a de grande chance de terminer devant son rival au classement. Chose qui n’était plus arrivée depuis la saison 2012/2013.

Une histoire à réécrire

Le Betis Séville est en train de retrouver des couleurs. Outre les deux titres récents de Champion de Segunda Division remportés en 2011 et 2015, il faut remonter à la saison 2005 pour trouver une trace du dernier trophée majeur remporté par les Béticos. Il s’agit de la Copa del Rey (la seconde du club) remportée en prolongations contre Osasuna (2-1). La première datait de 1977. En Liga, le Betis est parvenu une fois dans son Histoire à être Champion. C’était en 1935. Autant dire que les supporters des générations 2000 n’ont plus grand chose à se mettre sous la dent.

En Coupe d’Europe, le Betis n’est jamais allé au-delà des quarts de finale (Coupe des Coupes en 77/78 et 97/98). Récemment, les Andalous se sont hissés jusqu’en huitièmes de finale de l’Europa League en 2013/2014, éliminés par… le FC Séville (futur vainqueur du tournoi) aux tirs au but. Le Betis avait atteint le même stade de la compétition (alors appelée Coupe de l’UEFA) en 2005/2006, éliminé par le Steaua Bucarest. Cette année-là, le FC Séville avait également remporté la compétition, décidément.

Une saison 2017/2018 encourageante

Si le début de la saison avait laissé entrevoir de belles choses, avec notamment une victoire au Bernabeu (0-1), l’année 2018 est impressionnante pour le Betis Séville. Depuis janvier, sur 17 matches, les Andalous comptent onze victoires, deux nuls et quatre défaites. Les joueurs de Quique Setién ont notamment enchaîné six victoires consécutives en mars-avril. Leur dernière défaite remonte au 4 mars, à Valence (2-0). Le Betis reste sur un bon match nul à Madrid contre l’Atlético (0-0), avec 624 passes réussies sur 707 tentées (plus haut taux de réussite du club en Liga depuis la saison 2005/2006).

Avec un calendrier favorable de quatre matches à disputer (réception de Malaga 20ème et Séville, et déplacement à Bilbao, quatorzième et Leganes, quinzième), le Betis peut s’accrocher à sa cinquième place, directement qualificative pour la phase de groupes de l’Europa League. Un beau retour dans la cours des grands. Villarreal, sixième à cinq points du Betis, compte un match en moins, mais son calendrier est beaucoup plus complexe. Le sous-marin jaune doit affronter entre autres le Barça, le Real, et le FC Valence.

Un effectif de qualité

Le regain de forme du Betis Séville peut notamment s’expliquer par son très bon recrutement cette saison. Le dernier exemple en date, l’arrivée du défenseur Espagnol Marc Bartra, en provenance du Borussia Dortmund. Le joueur de 27 ans amène toute son expérience du haut niveau. Sergio Leon, arrivé l’été dernier en provenance d’Osasuna, est le meilleur buteur du club en Liga avec onze réalisations. On peut évoquer également les arrivées l’été dernier de Ryad Boudebouz en provenance de Montpellier, de Cristian Tello du Barça, ou du Guardado (actuellement blessé), capitaine du Mexique, en provenance du PSV.

Le Betis se repose également sur son centre de formation. Le jeune milieu central Fabian Ruiz en est le parfait exemple. Prêté six mois à Elche l’année dernière, il est devenu, cette saison, à 22 ans, le milieu le plus utilisé par Quique Setién. C’est aussi le cas du jeune Loren Morón. Monté avec le groupe pro en janvier dernier, il a déjà inscrit six buts en Liga. Ensuite, des joueurs comme Joaquín, l’emblématique capitaine de 36 ans, Aïssa Mandi, l’ancien défenseur Rémois, ou le jeune avant centre Paraguayen Antonio Sanabria, formé à la Masia, sont des valeurs sûres du club et apportent beaucoup à cet effectif.

Un entraîneur très compétent

Ce n’est que sa première saison au Betis Séville mais le coach Espagnol, ancien international (3 sélections, mais une Coupe du Monde disputée) a déjà laissé son empreinte au club. Il sait prendre directement les équipes en main et tire le meilleur de ses joueurs. On l’a vu les deux dernières saisons avec Las Palmas. Tout juste promu en Liga à l’issue de la saison 2014/2015 (comme le Betis d’ailleurs), le club rencontre les pires difficultés dans l’élite et pointe à la 19ème place en octobre 2015. Las Palmas va alors s’attacher les services de Quique Setién.

L’ancien joueur de l’Atlético Madrid parvient à sortir le club de la zone de relégation, pour finalement terminer à une belle onzième place. Le coach obtient le prix de l’entraîneur du mois en mars 2016. La saison dernière, Las Palmas termine quatorzième. Setién obtient à nouveau le trophée d’entraîneur du mois, cette fois en août. Il rejoint donc le banc du Betis cette saison, alors que le club Andalou avait terminé quinzième la saison dernière. En revanche, Las Palmas, qu’il quitte, connait les pires difficultés cette saison et est d’ores et déjà assuré d’être relégué.

Ce coach est un fin tacticien. Il connaît le football. On le voit notamment avec les recrutements intelligents effectués cette année. Si le Betis parvient à conserver ses jeunes pépites, son entraîneur, et à recruter quelques joueurs supplémentaires pour avoir la profondeur de jouer à fond l’Europe League l’année prochaine, pas de doutes que le club Andalou est parti pour une saison 2018/2019 passionnante.