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L’ouragan Manchester City

L’ouragan Manchester City

Si la première saison de Pep avec City avait été mitigée, la seconde est en nette amélioration. Sacrés champion dimanche dernier grâce à la victoire inattendue de WBA à Old Trafford (0-1), les Citizens empochent leur cinquième titre national. Le tout après une semaine très difficile symbolisée par l’élimination en Champion’s League par Liverpool et la défaite à domicile face au rival mancunien. Bref, ce titre de champion arrive à point nommé pour le moral.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Des débuts fracassants, aux rares accrocs en passant par la désillusion en Europe et enfin le sacre, retour sur une saison exceptionnelle. D’ailleurs, avec l’obtention du titre acquis dès la 33 ème journée, les joueurs peuvent désormais se concentrer sur certains records à battre. Histoire de laisser une trace encore plus indélébile sur cette édition 2017/18 de Premier League. Analyse.

Un début canon

Comme nous l’évoquions en début de saison dans notre papier, Guardiola a appris de ses échecs du précédent exercice. Le technicien opte pour un changement de tactique. C’est un des éléments importants du bon parcours des Skyblues en championnat. Et pour ce faire, il réalise un mercato estival coûteux mais réussi. Avec les arrivées de Danilo, Ederson, Benjamin Mendy, Bernardo Silva, Kyle Walker ou encore Aymeric Laporte cet hiver, Guardiola a recruté des joueurs capables de s’intégrer au mieux à son nouveau schéma tactique.

La suite se passe de commentaires. En effet, avec une série de dix-huit victoires consécutives entre fin août et fin décembre 2017, Pep et sa bande ont pulvérisé le record du plus grand nombre de victoires consécutives en PL. De quoi s’installer confortablement en tête de la ligue. Et envoyer un message clair à la concurrence. D’ailleurs lors des confrontations directes, les adversaires subissent la loi de City. Avec 5 victoires contre les équipes du Big 6 (Arsenal, Chelsea, Liverpool, MU et Tottenham), les coéquipiers de KDB sont intraitables.

Le premier couac

Il faut attendre le 14 janvier 2017 pour voir Liverpool leur infliger leur première défaite de la saison en championnat. Une victoire sans appel, même si le score final (4-3) ne reflète qu’en partie la nette domination des Reds pendant une grande partie de ce choc. Mais dorénavant Klopp et ses joueurs ont démontré que City n’était pas invincible. Déjà lors du dernier match des phases de poules, le Shakthar avait infligé un revers (2-1) à une équipe mancunienne mixte.

City a inexorablement repris sa marche en avant jusqu’au couac suivant. L’équipe de Will Grigg, en feu ce soir là, élimine City de la FA Cup. Cela fait tâche. Wigan évolue en League One. Décidément, les Latics aiment jouer des mauvais tours à City. Souvenez-vous la FA Cup 2013 …

Premier succès

A peine quelques jours plus tard, les hommes de Guardiola passent leurs nerfs sur Arsenal en finale de la Carabao Cup. Un match géré facilement avec des réalisations de Kun Agüero, Kompany et David Silva. Les Gunners ne peuvent rivaliser avec les Citizens. La League Cup part direction Manchester.

Après avoir corrigé Bâle (0-4) au Parc St Jacques à l’occasion du huitième de finale aller de Champion’s League, Manchester City s’est incliné au retour (1-2). Mais cet avertissement sans frais était les prémices à une plus grande désillusion.

La semaine maudite

Juste après le tirage au sort du quart de finale opposant City aux Reds, avec match retour à l’Etihad, beaucoup pensaient à un bon coup de pouce du destin. Pourtant quelques observateurs avisés comme Philippe Auclair expliquaient le contraire. Un nouvel affrontement tactique entre Pep et Klopp. Et un nouvel échec pour le catalan.

En effet, Liverpool a effectué le match parfait à Anfield. Généreux, appliqués, solidaires, les Reds ont livré un combat héroïque pour terrasser l’ogre mancunien. Peut-être aussi une habitude culturelle différente envers cette compétition remportée à cinq reprises par Liverpool, quand Man City cherche encore à se hisser sur le toit de l’Europe. L’armada offensive liverpuldienne emmenée par Firmino, Mané et Salah a fait chavirer le stade. Une victoire 3-0 hypothéquant grandement la suite de la compétition.

Entre ces deux rencontres européennes, le hasard du calendrier place un alléchant Derby of Manchester en plein milieu. L’objectif est simple pour City : gagner. En effet, avec une victoire le titre leur appartient. Et aussi pour se rassurer avant le match retour. Après une superbe première période ponctuée par deux buts de Kompany et Gündoğan, City s’écroule en seconde période s’inclinant 2-3 sur des buts de Pogba (doublé) et Smalling. C’est le cauchemar. Nouvelle défaite en trois jours et le rival de toujours les prive (temporairement) d’une belle fête avec leur public.

Trois jours plus tard, place au match retour. Cette saison, City n’a jamais perdu deux fois consécutivement. Tout le monde s’attend à réveil, à un retournement de situation en faveur de City. Mais pas du tout. C’est plutôt : jamais deux sans trois. Si Jesus montre la voie en ouvrant rapidement la marque, Salah puis Firmino éteignent toutes velléités offensives adverses. Le sort de ce quart de finale est plié. Klopp l’emporte par K.O.

Le sacre

Au programme, un déplacement difficile à Wembley attend les joueurs pour tenter d’oublier leur élimination. Tottenham est un adversaire de taille. Mais les Citizens retrouvent la bonne formule. Ils étouffent les Spurs. Rapidement menés 0-2, les joueurs de Pocchetino essaient de revenir dans le match. Le but du danois Eriksen, avant la mi-temps, entretient l’espoir d’un come-back. Cet espoir fait long feu. Après plusieurs tentatives infructueuses, Sterling met un terme au suspens.

L’équation est simple. WBA doit battre MU à Old Trafford pour permettre à City d’être sacré champion. Pour rappel, WBA est lanterne rouge du classement. Mais grâce la magie du football, et grâce à la prestation insipide des Reds Devils, l’improbable arrive. Après avoir gâché la fête à l’Etihad, United se rend compte de sa bévue et laisse City être couronné dès dimanche dernier. Quel fair-play !

«Manchester City peut dominer le championnat encore longtemps. C’est un club qui peut continuer à gagner, non seulement en Angleterre, mais aussi à se battre pour la Ligue des Champions. C’est un club très fort, ils ont une équipe importante avec de grands joueurs et un club qui veut investir et s’améliorer.» Antonio Conte en conférence de presse avant le déplacement de Chelsea à Burnley jeudi.

Les records

Man City a déjà battu le record du plus grand nombre de victoires consécutives avec 18 succès. Mais les coéquipiers de David Silva peuvent battre d’autres records pour entrer un peu plus dans l’histoire du championnat. Voici quelques exemples :

  • Le plus de victoires en une saison de PL : 28 (record à 30 détenu par Chelsea)
  • Le plus de victoires à l’extérieur : 14 (record à 15 détenu par Chelsea)
  • Le plus de buts inscrits en une saison de PL : 93 (record à 103 détenu par Chelsea)
  • Le plus de buts inscrits à l’extérieur en une saison de PL : 40 (record à 48 détenu par Liverpool)
  • La meilleure différence de buts en une saison de PL : 68 (record à +71 détenu par Chelsea)
  • Le plus grand nombre de points en une saison de PL : 87 (record à 95 détenu par Chelsea)
  • La plus grande marge avec le second : + 16 (record à +18 détenu par Manchester United)

Cette semaine, le syndicat des footballeurs professionnels de Premier League a livré son verdict concernant le onze de l’année. Kyle Walker, Nicolás Otamendi, David Silva, Kevin De Bruyne et Kun Agüero sont dans ce XI.

Si Guardiola et ses joueurs arrivent à battre tous ces records, leur saison prendra alors un relief très important. Il reste cinq matches pour cela. Au crépuscule de cette édition 2017/18, nous pouvons saluer unanimement la performance accomplie par cette équipe pratiquant un superbe football et qui nous a régalé toute l’année.