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Une saison de Ligue 1 révélatrice ?

Une saison de Ligue 1 révélatrice ?

Et si le scénario de cette saison n’était que le début d’une longue série ? La Ligue 1 va-t-elle perdre de son intérêt ? Quoiqu’il en soit : les écarts se creusent. Paris devient de plus en plus fort. Une concurrence à trois entre Monaco Lyon et Marseille se dessine. Viennent ensuite huit équipes (Rennes, Nice, Montpellier, Saint-Etienne,…) qui alternent entre le bon et le moins bon. Et enfin la lutte pour le maintien. A peu de choses près, ne sommes nous pas sur le point de vivre ça chaque saison ?

Par Théophile Rémon

Ça y est, le PSG a repris son titre de Champion de France détenu depuis un an par l’AS Monaco. En gagnant 7-1, le club Francilien semble avoir encore franchi un palier cette année dans sa suprématie hexagonale. 17 points d’avance, 103 buts inscrits, 23 encaissés, le PSG version 2017/2018 n’a pas de concurrence en France.

Paris largement au-dessus

Comment stopper les Parisiens en Ligue 1 ? Seuls Strasbourg et Lyon y sont parvenus cette saison. À chaque fois devant leurs publics, sur le score de 2-1. Avec un effectif impressionnant, le PSG écrase considérablement le championnat de France. Dimanche soir, même privé de ses trois meilleurs joueurs Neymar, Mbappé et Verratti, le club de la capitale a survolé la rencontre face à Monaco. Doit-on s’inquiéter de la faible concurrence ? Paris est-il trop fort ? Pourquoi le club n’arrive-t-il pas à aborder la Ligue des Champions avec le même état d’esprit conquérant ? Nasser Al Khelaïfi doit arrêter de mettre la pression à ses joueurs en voulant gagner à tout prix la Ligue des Champions. Bien sûr que le club a le potentiel.

C’est au niveau du mental que cela se joue. Au lieu d’aborder matches après matches dans la peau d’un outsider en n’ayant rien à perde, Paris se voit comme un gagnant potentiel et, à partir des huitièmes de finale, ne joue pas libéré. Les adversaires sont certes plus faibles en Ligue 1 qu’en Ligue des Champions, mais Paris joue moins bien dans cette compétition. On l’a vu contre le Real avec un nombre incalculable de passes simples manquées. Le temps est primordial dans le football. Preuve en est, le PSG va se séparer d’Unaï Emery, une fois encore, le projet est à recommencer.

Monaco, Lyon et Marseille candidats européens

Attention à Monaco de ne pas se faire rattraper par ses deux poursuivants. Cette défaite 7-1 peut laisser des traces dans les têtes. Il reste cinq journées, soit quinze points à prendre. Lyon et Marseille, qui comptent le même nombre de points, ne sont qu’a quatre longueurs du club du Rocher. Des projets économiques intéressants, un historique européen, des joueurs internationaux : ces trois clubs présentent de nombreuses similitudes. Sur un match, ils peuvent rivaliser avec le PSG (victoire de Lyon, nul contre l’OM), mais sur une saison entière, la régularité leur fait défaut.

Ces trois clubs n’ont perdu que cinq fois chacun en Ligue 1 cette saison : PSG, entre eux, Rennes (pour l’OM et Lyon), Nice et Nantes (pour l’ASM) et Lille et Bordeaux (pour Lyon). Il manque pas grand chose à ces clubs pour tenir le rythme imposé par Paris. Jamais un quatrième de Ligue 1 n’avais compté autant de points après 33 journées. Preuve qu’à l’image du PSG et de ses poursuivants, l’écart s’accroît également entre ces trois clubs et le ventre mou.

Le ventre mou

Nantes, Bordeaux, Nice, Saint-Etienne, Rennes, Montpellier,… tels sont les clubs qui chaque saison proposent des choses intéressantes, mais de manière trop sporadique. Les Girondins vont peut-être se faire racheter, Nice avait réalisé une très belle saison l’année dernière, Nantes a réussi à s’attacher les services de Ranieri,… les exemples sont nombreux de mise en lumière ponctuelle, mais la gestion par la suite fait défaut et le club retombe dans ses travers. Les équipes Françaises ne pensent qu’aux résultats à court terme.

Virent un entraîneur dès les premiers résultats en baisse (Bordeaux, Saint-Etienne) et même quand ils sont bons (Gourcuff à Rennes). Quand d’une année à l’autre, tel ou tel club parvient à se qualifier pour une Coupe d’Europe, c’est très compliqué. Bordeaux se fait éliminer cette année dès le 3ème tour de qualification de l’Europa League par le club Hongrois de Videoton.. et Lille l’année dernière au même stade par le FK Qabala, champion d’Azerbaïdjan.

La lutte pour le maintien

Tout est encore possible dans le bas de tableau. Si on part du principe que le maintien est assuré aux environ de 40-42 points, alors il y a encore huit équipes susceptibles de descendre en Ligue 2 cette saison. Entre Angers, douzième, et Toulouse, premier non-relégable, seulement sept points d’écart. Une constance que l’on devrait voir s’accentuer avec le temps (maintenant que la place de 18ème est barragiste) : l’écart de niveau entre les promus et les pensionnaires de Ligue 1. Et ce afin d’avoir une Ligue 1 plus compétitive.

Avec le temps, il sera rare de voir le barragiste de Ligue 1 s’incliner, sur deux rencontres, face au troisième de Ligue 2. Même si Troyes y était parvenu l’année dernière. À l’heure actuelle, on ne peut pas vraiment dresser de favori au maintien parmi tous ces clubs. Même Metz, lanterne rouge, n’a que quatre point de retard sur Troyes, 19ème. Le suspense est total.