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Lazio-Roma : le Derby della Capitale

Lazio-Roma : le Derby della Capitale

Évènement à part dans le monde du calcio, le derby de Roma est l’un des plus chauds d’Europe. La rivalité opposant les tifosi Laziali aux Romanisti est totale. Et souvent par le passé, les rencontres ont été émaillées d’incidents plus ou moins graves tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Olimpico. La rivalité est également de rigueur sur la pelouse. Elle engendre son lot de provocations en tout genre. Tout le monde se souvient des nombreux tee-shirts aux messages taquins de Francesco Totti ou de la ligne de vêtements modestement intitulée « Lulic 71 » pour commémorer son but victorieux inscrit à la 71′ de la finale de Coupe d’Italie 2013 opposant les deux équipes.

Par Nicolas Wagner– Twitter: @friulconnection

Le contexte sulfureux entourant le Derby, dépassant bien souvent le seul aspect sportif, est bien connu des deux entraîneurs. Et pour cause, chacun d’entre eux a porté les couleurs de leur club actuel au cours de leur carrière de joueur. Retour sur les parcours respectifs de Di Francesco et Inzaghi à la Roma et à la Lazio.

Eusebio Di Francesco

Prénommé Eusebio en honneur à la légende portugaise des années 60, Di Francesco débarque à Rome en 1997. A 28 ans, il possède une solide expérience derrière lui. Avant d’arriver à la Roma, le natif de Pescara débute sa carrière à l’âge de 18 ans sous les couleurs d’Empoli. Avec les Azzurri, Di Francesco connait plusieurs mésaventures notamment avec deux relégations en Serie B et C1. Après six saisons dont trois pleines, il part d’Empoli mais reste en Toscane. Direction Lucques, pensionnaire de Serie B.

Pendant quatre ans, il est l’un des éléments majeurs de l’équipe. Au cours de la saison 1994/95, où il marque sept buts en trente-six matches, il tape dans l’œil de Piacenza. Avec son ancien coéquipier d’Empoli : Nicola Caccia, il produit deux bonnes saisons participants activement au maintient des Lupi parmi l’élite. Et des Loups à la Louve, il n’y a qu’un pas. Ainsi après deux saisons en Emilie-Romagne, il rejoint la capitale.

Associé à Di Biagio et Tommasi dans l’entrejeu, ils forment un redoutable trident au milieu du terrain. Sous les ordres de Zdeněk Zeman, la Roma produit un football offensif caractérisé par la première place des attaques avec 67 buts inscrits, ex-æquo avec la Juve. Lors de l’exercice suivant, Di Francesco réalise peut-être sa meilleure saison sous la tunique sang et or. Avec un total de huit buts, il réussit son plus haut total en carrière. L’attaque romaine est toujours flamboyante avec 69 buts (meilleure attaque) mais est beaucoup trop friable défensivement pour espérer mieux qu’une honorable cinquième place au classement.

« A Rome, je me sentais bien. Là-bas, il y a de la pression mais elle nous sert à ne pas baisser notre motivation, à maintenir l’attention. Peut-être qu’ailleurs, où c’est plus tranquille, inconsciemment, tu baisses de régime » extrait d’une interview d’EDF au Messagero.

Pour sa troisième saison, Fabio Capello succède au Tchèque sur le banc. Di Francesco est toujours un des éléments de base du milieu de terrain. Cependant, si la Roma devient moins perméable elle échoue à 18 points du leader. Et ce N°1 a pour nom … la Lazio. Mais dès la saison suivante, la Roma prend sa revanche en remportant son troisième scudetto au terme d’une superbe saison. Malheureusement, le changement de tactique opéré par Maître Capello (désolé) lui fait perdre sa place dans le XI titulaire. En manque de temps de jeu, il retourne à Piacenza puis passe par Ancona et Perugia. En 2005, il met un terme à carrière à l’âge de 36 ans. Dès 2008, il entame sa reconversion en s’asseyant sur le banc du Virtus Lanciano.

Milieu de terrain travailleur et constant, qui sans être le footballeur le plus doué techniquement, dispose d’une solide première touche de balle. Polyvalent, il peut jouer aussi bien dans l’axe ou sur l’aile. Principalement connu pour son leadership, sa polyvalence et son endurance exceptionnelle, il va connaître l’apogée de sa carrière sous le maillot Giallorosso en glanant l’unique titre de sa carrière avec le Scudetto 2001 et en connaissant les joies de la Nazionale, malgré un premier refus à Cesare Maldini en 1997 pour disputer un barrage avec Piacenza remporté contre Cagliari.

Avec trois victoires, deux nuls et trois défaites en huit matches pour un but marqué, Di Francesco rend un bilan face à la Lazio globalement équilibré.

Simone Inzaghi

Dans la fratrie Inzaghi, je demande le cadet. Alors que l’aîné martyrise les défenseurs de Serie A avec le maillot bianconero sur les épaules, Simone s’engage avec la Lazio. Les Biancocelesti espèrent bien tenir le même Serial buteur. Comme Pippo, Simone débute le football dans les catégories de jeunes de Piacenza leur ville natale. Comme Pippo, il connait plusieurs prêts successifs avant d’endosser le maillot des Lupi. Dès sa majorité, il rejoint Carpi en Serie C1. L’expérience est peu concluante. Avec seulement 9 matches sans but, il continue son tour d’Italie en rejoignant Novara. En Serie C2, il joue plus régulièrement. Son bilan est satisfaisant avec 4 buts en 23 matches.

Puis il part à Lumezzane. Sa saison est un copié/collé de la précédente : 23 matches pour 6 buts. Il termine son périple par une dernière expérience à Brescello. Toujours en Serie C, il claque 10 pions en 21 matches. Finalement, il obtient enfin l’opportunité de porter le maillot de son club formateur : les Papaveri (coquelicots en VF). Comme Pippo, à la pointe de l’attaque, il va pouvoir démontrer son sens du but parmi l’élite. Et son premier but, il l’inscrit contre la … Lazio. Peut-être que ce but a impressionné les dirigeants romains ou est-ce les 14 autres qui suivront lors de cette première saison en A ? Toujours est-il qu’en 1999, la Cité Éternelle lui ouvre les bras.

Apogée

Sous les ordres de Sven-Göran Eriksson, en concurrence avec le Chilien Marcelo Salas et le Croate Alen Bokšić, Inzaghi remporte immédiatement la Supercoupe d’Europe contre Manchester United. Cependant, il doit céder sa place dès la 23′ suite à une rude collision avec Jaap Stam. Mais il en faut plus pour stopper un Inzaghi. Le bomber brille sur la scène européenne. Après un doublé contre Maribor, il claqué un quadruplé contre Marseille (5-1). Au total, il marque 9 buts en 11 matches.

Il performe également sur la scène nationale avec 7 buts en 22 rencontres. Auteur du premier but contre la Reggina (3-0), il montre la voie à ses coéquipiers lors de ce match décisif pour l’obtention du Scudetto. Meilleur buteur du club (TCC), il réalise une superbe saison. D’ailleurs, cette année 2000 est un excellent millésime pour les Aquile. En effet, en plus du titre, ils ajoutent à leur collection une Coupe d’Italie et une Supercoupe.

Super sub

La suite de sa carrière romaine ne sera pas aussi reluisante. L’arrivée de Crespo le relègue au second plan. Les différents coaches se succédant (Zoff, Zaccheroni, Mancini, Caso, Papadopulo, Delio Rossi, Ballardini et Reja) sur le banc le voient plus comme un super sub. Néanmoins, quand il est aligné, il parvient à marquer quelques buts. En 2004, il ajoute une Coupe d’Italie à son palmarès. Cette même année, il devient le meilleur buteur du club dans les coupes continentales avec 20 buts. Après une baisse significative de son temps de jeu, et souffrant de la comparaison avec Super Pippo, il trouve refuge à la Sampdoria (janv./ juin 2005) puis à l’Atalanta (saison 2007-08).

De retour à Rome, le 4 octobre 2008, il met fin à une longue traversée du désert (4 ans) sans trouver le chemin du but en championnat. Ce but contre Lecce sera également son dernier but inscrit en Serie A. Il met un terme à sa carrière à la fin de la saison 2009-10 pour entamer sa nouvelle carrière d’entraîneur avec les jeunes du club, après avoir remporté à nouveau la Coupe d’Italie et la Super Coupe. Onzième marqueur de tous les temps de la Lazio avec 155 buts, il est entré dans l’Histoire du club.

Un derby crucial

Tout au long de sa carrière, son style de jeu est souvent comparé à celui de son grand frère Filippo et à Paolo Rossi. Avec son physique élancé, il est principalement connu pour son sens du but, sa capacité de jouer à la limite du hors-jeu et pour sa finition clinique dans la surface de réparation. Il masquait un technique limitée grâce à son opportunisme et à son sens du placement.

Avec quatre victoires, six nuls et neuf défaites, le bilan d’Inzaghino est déficitaire.

A la veille d’un derby très important pour la lutte pour les places qualificatives à la Champion’s League, les deux équipes sont dans des dispositions très différentes. La Roma est sur un nuage suite à l’exploit européen réalisé contre le Barça. La Lazio vient de subir un camouflet en Europa League en s’effondrant à Salzbourg (4-1) après avoir bien négocier le match aller (4-2). Cependant, un derby est un match à part. Ce genre de match qui ne se joue pas, il se gagne.