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Real – Atlético : un derby capital

Real – Atlético : un derby capital

Ce dimanche après-midi aura lieu le derby Madrilène entre le Real et l’Atlético. Quatre points seulement séparent les deux formations. Si ce sont bien les Colchoneros qui sont devant au classement, les joueurs de Zidane affichent une forme actuelle impressionnante, en atteste leur victoire cette semaine en Ligue des Champions sur le terrain de la Juve 0-3. Rivalité historique, suprématie locale, l’Atlético a montré ces dernières années qu’il était bien plus qu’un outsider.

Par Théophile Rémon

Un Cristiano Ronaldo au sommet de son art, un Griezmann étincelant en 2018, deux équipes en ballottage favorable pour se qualifier en demi-finale des compétitions européennes, ce derby promet !

Une rivalité historique

Rome, Londres, Istanbul, Lisbonne, Manchester, Liverpool,… à l’instar de ces derbys, celui de Madrid révèle une identité forte et des caractéristiques qui lui sont propres. Tout simplement car dans l’Histoire, le Real est considéré comme le meilleur club du monde. 12 Coupes d’Europe, 33 titres de Champion d’Espagne, 19 Copa del Rey, 10 Supercoupes d’Espagne, 3 Coupes du Monde des Clubs,… pas facile pour l’Atlético d’exister dans l’ombre de la Casa Blanca. Historiquement, les Merengues représentaient tout le contraire de l’Atlético : la classe aisée, royaliste, conquérante, face aux prolétaires et ouvriers.

Une histoire de maillot

Les deux équipes doivent leur surnom à la couleur de leur maillot. Les « Merengues » (meringue), vêtus de blanc, en hommage au club Londonien des Corinthians, ont été surnommé comme ça grâce à l’unique commentateur radio de l’époque, Matías Prats, qui avait lié, à juste titre, le blanc des maillots au blanc du fameux dessert. De leur côté, les « Colchoneros » (matelassier, qui fabrique/répare des matelas), au moment de la création du club (qui tenait des liens étroits avec l’Athletic Bilbao) avait choisi les mêmes couleurs que le club Basque. Les rayures rouges et blanches étaient tout simplement les couleurs utilisées pour couvrir en Espagne les matelas pendant le premier tiers du 20ème siècle. Cette distinction est rentré dans l’inconscient populaire, accentuant la rivalité entre les deux clubs : Meringue, dessert raffiné, jeu élégant et joueurs de classes mondiales. Colchoneros, esprit ouvrier, de révolte, de lutte, acharné sur le terrain.

Les cinq dernières confrontations

La meilleure attaque de Liga (à égalité avec le Barça) face à la meilleure défense. Le duel s’annonce épique. Ces rencontres entre ces deux clubs historiques ont été le théâtre de beaux matches. Sur les cinq derniers affrontements, toutes compétitions confondues, avantage Real. Deux victoires pour les joueurs de Zidane : en championnat en novembre 2016 0-3 avec un triplé de CR7, et en demi-finale aller de la C1 en mai dernier, 3-0 avec également un triplé de CR7.

Une victoire pour les Colchoneros : match retour de la C1 l’an passé : 2-1, but de Saul et Griezmann contre un but d’Isco (suite au travail magnifique de Benzema qui élimine trois joueurs le long de la ligne). Et enfin deux matches nuls : lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, en novembre (0-0), puis le match de Liga au Bernabéu en avril dernier (1-1), Griezmann avait répondu à Pepe. Gros avantage Merengue en terme de buts marqués : 8 (dont six de CR7) contre 3 (dont deux de Griezmann). Qu’en sera-t-il demain ? Cela fait deux matches de suite que le Real n’a plus battu son voisin.

Quelle équipe du Real ?

Zidane va sûrement faire tourner quelque peu son effectif en vue du match retour face à la Juventus mercredi prochain. Mais à 3-0, le score semble déjà plié en faveur de la Maison Blanche. Le technicien Français alignera une équipe compétitive, avec quelques cadres. Ce sera notamment le cas en défense, avec les joueurs habituels (d’autant plus que Ramos devra purger sa suspension pour le match retour contre la Juve). L’indisponibilité de Varane est envisageable, le Français n’ayant pas participé jeudi aux exercices des titulaires. Avec l’absence sur blessure de Nacho, le jeune Jesus Vallejo (21 ans), qui n’a joué que huit matches cette saison, sera peut-être titulaire. Au milieu, on devrait assister à la titularisation d’Asensio et Vazquez, en lieu et place de Modric et Isco. Enfin, en attaque, une association Cristiano Ronaldo – Bale est à prévoir.

L’Atlético pour ramener un résultat

Même problématique du côté de Diego Simeone, dont les joueurs ont bénéficié de deux jours de moins de récupération. Le coach Argentin devrait probablement aligner la même équipe que jeudi face au Sporting Portugal. A la différence près que l’Argentin Angel Correa cèdera certainement sa place au jeune Ghanéen Thomas Partey. L’élément clé de cette rencontre résidera très probablement dans le duel à distance entre les quatre attaquants. Cristiano Ronaldo / Bale face à Griezmann / Diego Costa. La performance des gardiens de but, Navas et Oblak, est également très importante. Les deux portiers risquent d’être beaucoup sollicités.

Notoriété mondiale

En plus d’un simple match pour les trois points,cette rencontre revêt d’autres symboles forts. Le monde entier va suivre cette opposition. Tout le monde veut voir Cristiano Ronaldo à l’oeuvre. Dans une année 2018 qui s’annonce encore exceptionnelle, avec en ligne de mire une Coupe du Monde avec le Portugal. Gareth Bale (que l’on annonce du côté de Manchester), semble déjà ailleurs dans sa tête. Étonnamment, le Gallois était resté sans réaction au moment du but inscrit par CR7 face à la Juve. Le numéro 11 du Réal va peut-être jouer son dernier derby. A lui de réaliser un grand match pour instaurer le doute dans la tête de Zidane. Ou encore pour se mettre en avant dans l’éventualité d’un transfert. Côté Atlético, même son de cloche pour Antoine Griezmann, que l’on annonce en partance cet été. Il disputera peut-être son dernier derby Madrilène demain…