Share

West Bromwich Albion : les Baggies y vont tout droit

Le club des West Midlands, situé en banlieue de Birmingham, connait une saison très compliquée. Après avoir remercié Tony Pulis fin novembre 2017, les dirigeants semblent perdre patience et pourraient réserver le même sort à son successeur : Alan Pardew, seulement quelques mois après sa prise de fonctions. Avec uniquement trois victoires au compteur en trente journées, WBA prend inexorablement le chemin de la relégation. Avec huit points de retard sur le premier non relégable, West Brom devra compter sur un petit miracle pour se maintenir. Pourtant, le club compte dans son effectif des joueurs rompus aux combats de la Premier League. Mais rien ne va. La série en cours est catastrophique. Sept défaites (TCC) dont six consécutives en championnat compromettent fortement l’avenir des Baggies parmi l’élite. Zoom sur la saison ratée des Baggies.  

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Une saison catastrophique

10 ème du précédent exercice, West Bromwich Albion veut poursuivre sur sa lancée. En 2018, le club fête ses 140 ans d’existence. Ainsi lors de l’intersaison, l’équipe enregistre les arrivées de Gareth BarryOliver Burke,  Kieran Gibbs, Grzegorz Krychowiak ou encore de Jay Rodriguez. Le recrutement parait cohérent avec des éléments d’expérience, des jeunes en devenir et des joueurs à la relance. West Brom connait aussi un changement au sein de son staff avec le départ à la retraite de l’assistant de longue date : Dave Kemp remplacé par Gary Megson, ancien entraîneur du club pendant quatre saisons entre 2000 et 2004. Les hommes de Tony Pulis débutent par deux victoires consécutives (1-0) contre Bournemouth et Burnley, au Turf Moor. 6 points sur 6. C’est un départ sur les chapeaux de roues. Mais ensuite, le moteur s’enraille. Plus aucune victoire. Une spirale négative débute dès fin août 2017. Elle se conclut par quatre nuls et six défaites dont quatre consécutives. Et mène presque naturellement à l’éviction du coach à la casquette, malgré une prolongation de contrat d’un an signée en août 2017. Peu apprécié des fans pour son approche jugée négative du football, Pulis fait les frais du mauvais début de saison. En effet, le technicien anglais reste sur une série de quatre victoires lors des vingt deux derniers matches, incluant la fin du championnat précédent.

Fin novembre 2017, le board décide de confier l’équipe à Alan Pardew. Entraîneur expérimenté de 56 ans, pour ne pas dire old school, le londonien connait son septième club après des passages sur les bancs de West Ham, Newcastle ou Crystal Palace. Mais pas de choc psychologique. WBA persiste dans la médiocrité en offrant un jeu insipide comme en atteste leur dernière place au classement des attaques (23 buts). Ils s’enfoncent un peu plus dans les profondeurs du classement malgré un bon nul inaugural (1-1) ramené de Wembley contre les Spurs. Il faut même attendre 2018 pour voir l’équipe enregistrer la première victoire sous l’ère Pardew. D’ailleurs, il s’agit de l’unique victoire du club en Premier League depuis sa nomination. Pourtant WBA est capable aussi de bien jouer. Lors du 1/16 ème de FA Cup, et alors que tout le monde s’attend à une qualification facile de Liverpool à Anfield, les Baggies sortent les scousers après une prestation aboutie (2-3).

Cependant, dans les hautes sphères à The Hawthorns, les jours de Pardew semblent comptés. Même si le board est peu favorable à un nouveau limogeage en cours de saison, le spectre de la relégation bouleverse la donne. La quête d’un (éventuel) remplaçant est ouverte mais parait assez compliquée. En effet, il ne reste que huit matches pour inverser un sort qui apparaît comme inéluctable.

Le taxi à Barcelone

Comme beaucoup d’équipe en hiver, et lors des périodes creuses du calendrier, West Brom est parti faire un stage de quelques jours sous un climat plus clément qu’en Angleterre. Direction le soleil de la Catalogne et Barcelone. Au programme, mini-préparation physique en perspective de la dernière ligne droite du championnat. Ce stage est même prévu pour ressouder la cohésion du groupe. Cependant, une histoire extra-sportive va venir polluer la bonne tenue de ce stage. En effet, quatre joueurs (Gareth Barry, Jonny Evans, Jake Livermore et Boaz Myhill) de l’actuelle lanterne rouge de Premier League font la une des médias espagnols et britanniques.

Partis dîner en ville très tardivement, du côté de Port Olimpic, ils ne trouvent rien d’ouvert. Et c’est normal, il est quand même 5H30 du mat’. Ils commandent alors un taxi pour les emmener jusqu’à un McDonald’s tout proche. Sans raison apparente, le chauffeur de taxi les laisse seuls dans la voiture au McDrive. Pas de soucis. Ces derniers décident de prendre la voiture (sans le chauffeur) et rentrent tranquillement à l’hôtel. La réception de l’hôtel appellent la police pour leur signaler qu’un taxi est abandonné devant leur établissement. Le propriétaire retrouve son véhicule à 8H. Interrogés par les forces de l’ordre, les quatre joueurs sont sous le coup d’une enquête disciplinaire du club et de la justice espagnole. Finalement, le chauffeur ne porte pas plainte contre les joueurs. La cour de Barcelone classe le dossier sans suite. Les joueurs s’excusent via un communiqué sur le site internet du club. A l’heure actuelle, les dirigeants n’ont pas encore statué sur les suites données (sanctions ?) à cet événement, peu en adéquation avec un comportement professionnel lors d’un stage de cohésion.

A moins d’un retournement de situation digne des meilleurs films de suspens, West Bromwich Albion devrait retrouver l’échelon inférieur à la fin de la saison. Pas la meilleure manière de fêter ses 140 ans d’existence. Fort d’une fortune personnelle estimée à près de trois milliards de Livres Sterling, le nouveau propriétaire Guochuan Lai (dirigeant le club d’investisseurs chinois se partageant WBA) devra repartir sur des bases nouvelles pour ramener son club parmi l’élite. Le chantier s’annonce important.