Share
Tottenham-Arsenal : un derby, deux joueurs

Tottenham-Arsenal : un derby, deux joueurs

Comme nous vous l’avions évoqué dans un précédent papier sur le North London Derby (à lire ici) il existe une forte rivalité entre les deux équipes du nord de la capitale du Royaume-Uni. Cette semaine, à l’occasion de la réception des Gunners par les Spurs à Wembley, nous allons nous concentrer sur deux joueurs importants de la saison pour chacune des deux équipes. Il s’agit de Christian Eriksen et de Jack Wilshere. Les deux milieux de terrains possèdent des qualités différentes mais, chacun à leur façon, sont des pièces importantes des deux effectifs respectifs. Voici donc un zoom sur leur saison, leur parcours et leur appartenance à leurs couleurs. Enjoy. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Christian Eriksen 

Sa saison

Alors que le Danois entame sa cinquième saison sous le maillot des Lillywhites, il est une pièce essentielle du dispositif tactique de Mauricio Pochettino. Positionné au cœur du jeu, c’est lui qui dicte le tempo à son équipe. Pour faire référence au récent Superbowl et au foot US, c’est en quelque sorte le quarterback des Spurs. Eriksen est LE joueur que ses coéquipiers cherchent en priorité afin d’animer le jeu de son équipe. Véritable rampe de lancement, il aimante tous les ballons de son équipe pour en assurer la distribution. Egalement très précieux à la récupération, c’est un milieu moderne. Un vrai plus dans un effectif.

Pour bien illustrer son implication et son influence dans le jeu de Tottenham, voici une brève analyse tactique. Lors des phases de possession, l’équipe prend son temps pour organiser ses offensives. Le ballon tourne derrière pour générer un joueur libre, généralement un central. Ensuite, après ce premier décalage, le rythme s’accélère. Le ballon arrive très rapidement dans les pieds du Danois. Ensuite, l’excellente connexion avec les autres membres de l’attaque, notamment le duo offensif Dele/Kane, fait la différence. Passes verticales entre les lignes, orientations vers les latéraux, déviations en une touche pour le partenaire le plus proche sont autant de combinaisons courantes des Spurs. Lors des phases de contre-attaque, et ce dès la perte du ballon, l’équipe met en place un pressing haut et agressif. Dès la récupération du ballon, Eriksen est souvent l’initiateur ou le finisseur de ces actions fulgurantes. D’ailleurs, comme en attestent ses bonnes stats, Eriksen est impliqué dans 25% des buts de son équipe avec déjà 7 buts et 6 assists.

Son parcours

Joueur complet, capable d’évoluer avec autant de facilité aux postes de milieu offensif ou relayeur, il est passé par le centre de formation de l’Ajax Amsterdam. Mais avant d’intégrer l’équipe des Lanciers, Eriksen a débuté le football dans son pays. Et même plus précisément, dans sa ville natale de Middelfart. Plutôt précoce, il commence le football dès l’âge de … 3 ans. En 2005, il intègre le club d’Odense situé à 50 kilomètres de Middelfart. Ses prestations lors du championnat junior danois lui valent d’être sélectionné avec les U17 de son pays. Et elles attirent également les cadors du foot européen. En 2008, après plusieurs essais notamment à Barcelone, Chelsea, Manchester United, Milan et le Real, il décide de s’engager avec l’Ajax. Un choix judicieux voulu par le joueur pour son développement tant le club batave apparaît comme une véritable pouponnière et usine à champion.

Dans un premier temps, il évolue avec l’équipe des jeunes de l’Ajax. Puis après deux saisons, il intègre l’équipe première alors dirigée par Martin Jol. Il est vite comparé à d’autres fameux joueurs formés au club tels que Rafael van der VaartWesley Sneijder ou bien encore l’icône danoise et ancienne gloire du club Michael Laudrup. Tous N°10. Lors de ses trois saisons avec l’Ajax, il prend de plus en plus d’importance dans le jeu grâce à ses grandes capacités de meneur de jeu. Il y remporte trois fois le titre de champion des Pays-Bas.

En 2013, il rejoint les Spurs contre un chèque de 11M£. Et dès sa première saison, il démontre l’étendue de son talent. Il est logiquement nommé Joueur de l’année du club. Depuis son arrivée à Londres, ses productions régulières sont ponctuées de nombreux buts et de nombreuses offrandes à ses attaquants. Ainsi, le club progresse chaque saison au classement (6ème, 5ème, 3ème et 2ème). Très créatif, polyvalent, avec une technique largement au-dessus de la moyenne, il est un élément majeur pour Tottenham. Il a encore pris une nouvelle dimension sous les ordres du technicien argentin. Devenu la pièce maîtresse de l’entrejeu londonien, il évolue dans un cadre stable favorisant les bonnes performances.

Son appartenance au club

Si Eriksen n’a pas été formé à Tottenham à l’instar d’un Harry Kane, il est néanmoins très apprécié des fans londoniens. Montrant une grande fidélité avec déjà cinq saisons passées sous le maillot blanc, il a signé 38 buts et 44 assists en 159 apparitions. Un total impressionnant. D’ailleurs, il a explosé le record du nombre de buts inscrits par un danois en PL. Sous contrat jusqu’en 2020, il a démontré sa volonté de continuer avec les Spurs adhérant aux projets du club. En effet, avec son effectif 5 étoiles, son coach ambitieux et son nouveau stade à venir, Tottenham est une équipe offrant de nombreuses garanties. De plus, Eriksen n’a connu que deux club dans sa carrière. Une stabilité remarquable à cette époque. Il est fort probable que son aventure londonienne se poursuive encore quelques saisons, pour le plus grand bonheur des fans. Finalement, il ne manque qu’un titre (ou une coupe) pour que l’histoire soit parfaite.

Jack Wilshere

Sa saison

A la différence de son rival nordique, Wilshere connait une saison 2017/18 moins linéaire. Il faut dire que l’ancien petit Prince de l’Emirates a souvent connu le chemin de l’infirmerie dans sa carrière. D’ailleurs, en début d’exercice, il a ramené avec lui de son passage sur la South Coast anglaise (Bournemouth) une blessure à la cheville contractée contre … Tottenham, fin avril dernier. D’abord, Wenger lui a redonné du temps de jeu en l’alignant avec les U23 puis en Europa League et aussi en Carabao Cup.

Néanmoins, il faut attendre une blessure de Ramsey et le déplacement au London Stadium le 13 décembre dernier pour voir l’international anglais obtenir sa première titularisation de la saison face à West Ham. Une première depuis mai 2016. Mais aussi la première fois depuis septembre 2014 qu’il faisait 90 minutes en Premier League pour son club formateur. Associé à Xhaka dans un 4-2-3-1, Whilshere sort une copie propre soulignée par le manager alsacien et par la presse spécialisée. Depuis ce jour, il n’a plus quitté le XI d’Arsenal, à l’exception du dernier match contre Everton suite à une maladie.

Lorsqu’il est à son top physiquement, Wilshere démontre toutes ses qualités créatives et de vision du jeu. Gaucher au touché de balle soyeux, ses passes précises cassent régulièrement les lignes pour trouver la profondeur et l’espace libre. Pour le moment, ses statistiques ne sont pas vraiment significatives de son influence croissante sur le jeu de son équipe avec seulement 1 but et 2 assists. D’ailleurs, le but inscrit face à Chelsea est venu briser une longue traversée du désert de deux ans et demi. Mais si Wilshere parvient à enchaîner sans être perturbé par de nouveaux pépins physiques, il va forcément soigner ses stats.

Son parcours

Natif de Stevenage, ville nouvelle issue du New Town Act de 1946, distante de 50 km du centre de Londres, Jack intègre l’Académie d’Arsenal dès ses 9 ans après un court passage par Luton Town. Il gravit les échelons en passant par les U16, U18 et la Réserve du club. Après 7 ans chez les Juniors, Wenger lui donne sa chance avec l’équipe première lors de la saison 2008/09. C’est l’année des premières et des records. En remplaçant Van Persie lors d’un match opposant Arsenal à Blackburn il devient le plus jeune débutant en PL pour les Gunners à l’âge de 16 ans et 256 jours. Dix jours plus tard, il marque son premier but en pro contre Sheffield United en League Cup. Dès janvier 2009, il signe son premier contrat pro.

Il commence la saison suivante avec Arsenal mais afin d’augmenter son temps de jeu, il part en prêt à Bolton jusqu’à la fin de l’exercice. Avec les Wanderers, il signe son premier but en Premier League. Impressionnés par le jeune homme, les dirigeants tentent de le conserver en prêt encore une saison supplémentaire. Requête rejetée. Il rentre au bercail. Il y signe une saison complète avec 35 apparitions. Et malgré ses 18 printemps, il montre une grande maturité sur le terrain.

Promis à un avenir radieux, ce joueur polyvalent aussi bien capable d’évoluer en meneur ou sur un côté voit ce bel élan être une première fois brisé par une blessure contractée lors de la pré-saison 2011/12. Il souffre d’une fracture à la cheville nécessitant une intervention chirurgicale. Finalement, ce sera une année blanche pour Wilshere. Il faut attendre la saison 2012/13 pour le voir effectuer son retour sur les terrains après plus de 17 mois d’absence. Il termine la saison avec 25 apparitions. Une renaissance pour lui. Lors de cette saison suivante, il joue de façon régulière. Il remporte même la FA Cup. La 11ème du club mais surtout le premier titre depuis 2004/05.

Mais une nouvelle fois, sa progression est stoppée. Après une autre blessure à la cheville, il doit être opéré. Son absence est de 3 mois. Il ne prend part qu’à 14 matches. Mais le pire est à venir. Lors de la saison suivante, il ne joue que … 3 petites rencontres. La faute à une fracture du péroné. Il doit repasser sur le billard. Pour relancer sa carrière, il est prêté à Bournemouth. Avec les Cherries, il retrouve une certaine régularité avec 27 apparitions. Nommé Joueur du mois de novembre et décembre 2016, il participe énergiquement à la bonne saison des Sudistes. Comme évoqué plus haut, sa saison est stoppée suite à une blessure à la cheville lors d’un contact avec Kane.

Son appartenance au club

Pur produit de l’Académie, ce baby Gunner a bien grandi depuis ses débuts il y a près d’une décennie. Né dans une famille supportant West Ham, lui a toujours revendiqué être un fan de l’équipe du nord de Londres. Dans un effectif où parfois les anglais présents dans le XI titulaire se comptent sur les doigts d’une main, il a parfois porté le brassard de capitaine comme lors de la saison 2012/13 quand Vermaelen était blessé. Il connait bien l’importance d’un derby contre les Spurs. Ainsi le 30 mai 2015, Wilshere remporte la FA Cup 2015 suite à une victoire 4-0 contre Aston Villa à Wembley. Lors des célébrations, il se lance avec les fans dans un chant injurieux pour le rival historique. Ayant déjà été averti par la FA après un chant similaire lors de la saison précédente, il écope d’une sanction pour mauvaise conduite. Nul doute que sans toutes ses blessures et sans ses abus hors des terrains (fêtes, cigarettes …), Wilshere entrerait encore plus dans le cœur des supporters. Cependant, une prolongation de contrat est à l’étude. Preuve que son avenir avec les Gunners n’est certainement pas encore terminé.

 

A lire aussi: Arsenal peut-il rebondir dans les années à venir ?