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AFC Bournemouth : le temps des cerises

AFC Bournemouth : le temps des cerises

Située sur la côte sud du Royaume, dans le Dorset, Bournemouth est une destination privilégiée des touristes. Avec une grande jetée bordée de pubs et de restaurants, une plage immense et une activité économique florissante, la station balnéaire a également été désignée par une enquête en 2007 comme ville « la plus heureuse du pays ». Mais dorénavant, la localité du bord de Manche est aussi connue des supporters de Premier League. Après avoir passé la majeure partie de son histoire dans les ligues inférieures du football anglais, les Cherries (cerises en VF) ont connu une ascension fulgurante. Sous la houlette de leur coach Eddie Howe, ils sont passés de la League Two (4ème division) à la Premier League en seulement un septennat. Si cette saison l’équipe connait un exercice plus compliqué que le précédent, le maintien est encore un objectif réaliste. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

De League Two à la PL

Avant d’entamer son ascension vers les sommets du football national et de batailler avec les cadors de Premier League, l’AFC Bournemouth a connu de graves problèmes financiers avec une dette de 4M£. En conséquence, et à l’issue de la saison 2007/08, le club subit une relégation administrative de League One en League Two, le dernier échelon professionnel du pays. Mais si cet événement aurait pu signifier la mort du club, il a été l’élément précurseur d’une belle aventure. Sûrement même la plus belle.

Le club confie la destinée sportive à un jeune coach anglais de 31 ans. La carrière de manager d’Eddie Howe est lancée. Malgré 17 points de pénalité, Bournemouth réussit à se sauver. Déjà un premier exploit. La saison suivante, ils parviennent à être promu en terminant deuxième au classement. En 2011, ils manquent de peu la promotion en Championship en échouant lors de la demi-finale de Play-Off. Mais ce n’est que partie remise. En effet, après une parenthèse de quelques mois à Burnley, Eddie Howe rentre au bercail. Et l’effet est immédiat. A l’issue de la saison 2012/13, pour la première fois de son histoire, Bournemouth obtient son ticket pour l’antichambre de l’élite. Un retour gagnant pour Howe.

Encore une fois, les Cherries vont déjouer les pronostics. Après une saison d’apprentissage où ils terminent à une honorable 10ème place (sur 24), ils concluent leur seconde saison de Championship en apothéose décrochant le titre de champion. Cette accession est historique. C’est une première depuis la création du club en 1899. Candidat annoncé à un retour prématuré en Championship, Bournemouth achève sa première saison à la 16ème place du classement laissant Newcastle, Norwich et Aston Villa dans le Bottom 3. Lors de cette première expérience, Bournemouth réalise quelques coups avec notamment des victoires à Chelsea (0-1) ou contre Manchester United (2-1). Ils demeurent également invaincus (1-1 à domicile et 0-0 à l’extérieur) face au futur champion en titre : Leicester. Souvent considérée comme plus compliquée, la deuxième saison parmi l’élite est bien meilleure. En se positionnant au 9ème rang de la hiérarchie, Bournemouth étonne. Mais au début de la troisième campagne de PL (en cours), l’effet de surprise a fait long feu. Si rien n’est perdu, il va falloir montrer autre chose lors de la phase retour pour assurer sa place.

Eddie Howe, l’enfant du pays

Formé au club, Eddie Howe passe la quasi totalité de sa carrière de joueur sous les couleurs de Bournemouth. Mis à part une escapade à Portsmouth puis un court séjour à Swindon Town marqués par de multiples blessures au genou, le défenseur anglais aura porté le maillot rouge et noir pendant plus d’une décennie. Lors de son retour au club, l’état financier est déjà critique. Les supporters lancent alors un crowdfunding dénommé « Eddieshare » pour réunir les fonds nécessaires à ce transfert. En quelques jours, la somme requise est réunie soit l’équivalent de 21000 £. Malheureusement, il ne parvient pas à retrouver l’intégralité de ses moyens physiques handicapé par son genou. Suite à un énième pépin, il stoppe sa carrière prématurément. Âgé de 31 ans, il entame alors sa reconversion au sein de son club de toujours.

Dans un premier temps, il prend en charge l’équipe junior. Mais très vite, il se retrouve sur le banc après le licenciement de son prédécesseur le 31 décembre 2008. Intérimaire, il est confirmé comme entraineur principal dès le 19 janvier 2009. Les performances de Howe à la tête des Cherries, avec des moyens limités, sont très bons. Certains clubs de niveau supérieur sont vite attirés par le jeune technicien. Ainsi peu après avoir dirigé son 100ème match sur le banc du Vitality Stadium, Howe s’engage avec Burnley lors du mercato hivernal de 2011. L’expérience n’est que de courte durée. Les Clarets n’améliorent pas leur classement final (11ème vs 8ème l’année précédente). Et dès octobre 2012, Howe quitte Burnley pour « raisons personnelles » afin de retourner à … Bournemouth.

La marche en avant reprend pour les Sudistes : Championship puis Premier League. En 2015, Eddie est nommé manager de la décennie par la Football League Awards récompensant les meilleurs éléments des trois Ligues professionnelles (Championship, League One et League Two). Si d’habitude nul n’est prophète en son pays, Eddie Howe bénéficie d’une immense côte de popularité à Bournemouth. Rapidement mis en lumière par les médias locaux et nationaux, son parcours a tout du conte de fée. Mais il ne doit pas sa réussite au hasard. Entraineur méticuleux, bosseur acharné et exigeant avec ses hommes, Eddie Howe essaie de proposer un football attrayant et offensif. En plus de ses qualités tactiques, Eddie sait aussi faire progresser ses poulains. Certains, comme le milieu Harry Arter véritable pierre angulaire de l’entre-jeu, ont connu le club en League One avant de découvrir l’élite. L’irlandais a même eu le bonheur de découvrir la sélection en 2015. Un beau parcours.

Howe fait aussi parti du (trop) rare contingent d’entraineur anglais de Premier League. Avec Allardyce, Dyche, Hodgson ou encore Pardew, ils ne sont que cinq à diriger des clubs de l’élite. Et aucun n’est à la tête d’une top team. Cependant, à la différence des autres techniciens précités, Howe est encore jeune (40 ans). Il a l’avenir devant lui. Et si les bonnes prestations des Cherries continuent, il est fort probable qu’un club plus prestigieux (et avec plus de moyens) que Bournemouth ne pense à lui rapidement. Mais auparavant Eddie et ses hommes doivent en premier lieu se concentrer sur l’objectif de la saison : le maintien. Première étape dimanche avec la réception des Gunners.