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Hellas Verone : condamné à redescendre ?

Hellas Verone : condamné à redescendre ?

Le club vénitien, promu en Serie A après un an à l’échelon inférieur, éprouve de grandes difficultés pour enfin lancer sa saison. Avec une seule victoire au compteur au Bentegodi, enregistrée contre les modestes joueurs de Benevento, le Hellas se classe 18 ème du championnat à domicile avec 4 points glanés sur 24 possibles. Le bilan à l’extérieur est à peine meilleur : 16 ème avec 6 points sur 24. Difficile dans ces conditions d’envisager autre chose qu’un retour en Serie B. Si dans son histoire le club a plus fréquenté le second niveau national que l’élite (53/43 participations), il n’en reste pas moins l’unique champion d’Italie à ne pas être un chef lieu de région dans toute l’Histoire du calcio. Une sacrée perf. Cette année, malgré un effectif incluant des joueurs aguerris à la ligue et des jeunes intéressants, l’équipe ne parvient pas à se sortir de la zone rouge. Si le pire reste à craindre, les tifosi ont quelques motifs pour croire au maintien. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Plus habitués à la Serie B 

Relégué à l’issue de l’exercice 2015/16 en terminant bon dernier du championnat, Vérone a rejoint la Serie B pour la énième fois. Partageant avec Brescia le record du nombre de participations à cet échelon, les Mastini sont des habitués de cette ligue. D’ailleurs sur les quinze dernières saisons, le Hellas en a séjourné huit en seconde division connaissant même un passage de quatre ans en troisième division. Historiquement le Hellas a donc plus connu la Serie B avec 53 participations au cours de son histoire, décrochant même trois fois le titre. C’est pourquoi ce club maîtrise mieux son sujet en B qu’en A.

Mais malgré cette relative inexpérience, cela n’a pas empêché les Gialloblu d’écrire l’une des plus belles pages du calcio dans les 80’s. En effet, en 1985 déjouant tous les pronostics et en dépit d’une concurrence acharnée avec la présence de la Fiorentina de Socrates, de l’Inter de Rummenigge, de la Juve de Platini, du Napoli de Maradona et du Milan de Wilkins et Hateley, les coéquipiers du Bison danois Preben Elkjær-Larsen et de Hans-Peter Briegel ramènent le Scudetto dans la ville de Roméo et Juliette.

Difficile de faire pire 

Le début de saison du Hellas est tout simplement catastrophique. N’enregistrant leur première victoire de la saison qu’après la huitième journée de championnat contre Benevento, Verona n’a pas réussi à lancer sa saison après ce succès. Pire, elle a continué son agonie en concédant une série de cinq défaites consécutives. Et ce cycle semble se répéter. Malgré une belle victoire sur le terrain de Sassuolo, l’équipe n’arrive pas à enchaîner une série positive concédant une défaite contre le Genoa et un nul au goût de défaite par rapport à la physionomie du match (Vérone menait 0-2 avant de se faire rattraper par la SPAL dans les cinq dernières minutes) lors des deux matches suivants.

Ce mauvais départ s’explique par l’inefficacité du secteur défensif. Pas assez solide en cette première partie de saison, avec déjà 32 buts concédés en 16 matches, soit l’équivalent de deux buts en moyenne par match, Vérone est logiquement classé parmi les pires défenses du championnat. Cette porosité est largement illustrée par les lourdes défaites subies face au Napoli (1-3), à la Fiorentina (0-5), à la Roma (3-0), à la Lazio (0-3) et à l’Atalanta (3-0). Sans oublier une défaite 3-2 dans le Derby face au Chievo. Pour redorer un peu son blason et pour le plus grand bonheur des tifosi, le Hellas a pu prendre sa revanche sur son voisin en les éliminant de la Coupe d’Italie (1-1, 4-5 aux tab).

La concurrence ne fait pas beaucoup mieux 

Avec seulement dix points à trois journées de la mi-championnat, Vérone a toutes les caractéristiques d’un futur relégué. Cependant, et c’est peut-être un des motifs d’espoir pour l’équipe vénitienne, ses concurrents directs dans la course au maintien ne semblent pas au mieux de leur forme. Si Benevento a presque déjà un pied en Serie B, la fin de tableau est assez homogène jusqu’à la quinzième place occupée actuellement par Sassuolo mais avec seulement quatre petits points d’avance sur le Hellas (19ème). Les faillites de Sassuolo (européen la saison dernière) et du Genoa laissent entrevoir l’espoir de laisser à ces clubs un des tickets pour prendre l’ascenseur de la descente.

Mais la présence des trois promus parmi la zone de relégation et du promu de la saison dernière : Crotone démontre bien toutes les difficultés rencontrées par les petites équipes du championnat pour parvenir à s’installer durablement au sein de l’élite. Surtout lorsque les locomotives du haut du classement sont nombreuses et tournent à plein régime. Lors de la seconde moitié de la saison, il faudra impérativement démontrer autre chose sur le terrain pour entretenir l’espoir. Le déplacement de dimanche à San Siro pour y affronter un Milan encore en convalescence est assez périlleux pour Verone. Cependant, Benevento a récemment démontré qu’il était possible de faire un coup.

Le Hellas Verone est mal embarqué dans cette saison de Serie A. 19 ème avec seulement 2 victoires au compteur, les Scaligeri devront retrouver une assisse défensive stable conjuguée à une montée en puissance de certains cadres de l’équipe comme Caceres, Cerci, Heurtaux, Romulo ou encore l’inoxydable Pazzini. Le coach: Fabio Pecchia a aussi changé son fusil d’épaule en délaissant l’ambitieux 4-3-3 pour alterner avec un 4-4-1-1 ou encore un 4-2-3-1. Pour l’instant sans trop de résultats. Si un retour en Serie B, division bien connue du club, est fort probable sans une évolution positive des résultats, le faible niveau des autres concurrents laisse la porte ouverte à un maintien qui serait pour l’heure pourtant inespéré.