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Burnley : la surprise du chef

Burnley : la surprise du chef

Équipe surprise de ce début de saison, Burnley s’est invité dans le top 8 du championnat. Avec deux atouts de poids : un collectif bien rodé et un coach atypique. 

Équipe surprise de ce début de saison, Burnley s’est invité dans le top 8 du championnat. Avec 22 points, soit un point de moins que Tottenham (4ème) et le même nombre que Liverpool (5ème) ou Arsenal (6ème), prochaine équipe à venir au Turf Moor, l’équipe du Lancashire est à la limite de la zone européenne. Avec 4 points d’avance sur leur premier poursuivant (Watford), les Clarets sont dans une position confortable. Si l’effectif de Burnley ne compte pas de star dans ses rangs, elle possède néanmoins deux atouts de poids : un collectif bien rodé et un coach atypique. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Un effectif majoritairement anglo-saxon

Burnley possède avec Bournemouth l’un des effectifs de Premier League comprenant le plus joueurs anglo-saxons. Sur les 29 joueurs présents dans leur contingent, seuls quatre ne proviennent pas des Iles Britanniques ou d’un autre pays du Commonwealth. Il s’agit de Anders Lindegaard (Danemark), Steven Defour (Belgique), Fredrik Ulvestad (Norvège) et Johann Gudmundsson (Islande). La présence d’internationaux anglais, écossais, gallois, irlandais et nord-irlandais est un plus. Ces joueurs sont habitués à l’exigence physique du foot britannique. Ils connaissent l’intensité des joutes de Premier League, championnat au rythme si particulier. Leur adaptation n’est donc pas un facteur pénalisant à rajouter dans la gestion quotidienne du coach lors de leur arrivée au club.

Cette politique de recrutement s’explique par les finances du club. Elles ne permettent pas de faire de folies sur le marché des transferts. Avec un chiffre d’affaire de 40M£, Burnley est bien loin des ogres de la Ligue comme Liverpool (302M£) ou Arsenal (355M£). Pour compenser les départs de Michael Keane et Andre Gray respectivement partis pour Everton et Watford, Burnley s’est encore une fois tourné vers le marché anglo-anglais que ce soit vers la PL ou vers les ligues inférieures. Ainsi, Charlie Taylor (Leeds) et Jack Cork (Swansea) sont arrivés à l’intersaison. L’effectif est homogène. Sans star, si ce n’est le collectif.

Un collectif bien huilé

Véritable coffre fort, l’équipe de Burnley est très difficile à manier. Jouant principalement sur ses qualités, elle propose un bloc compact capable de faire déjouer ses adversaires pour mieux les piquer en contre. Le principe est simple. Un jeu direct et vertical et des joueurs disciplinés connaissant bien leur tâche. Régulièrement organisée en 4-4-1-1, les Clarets opposent à leur adversaire un véritable défi physique. Les deux lignes de 4 sont synonymes de véritables murs contre lesquels les adversaires viennent s’échouer.

Cette saison, cette tactique fonctionne d’avantage à l’extérieur. Cela leur a permis d’empocher la victoire au Bridge face à Chelsea (2-3), à Goodison Park face aux Blues (0-1) et au St Mary’s Stadium face aux Saints (0-1). Mais aussi de ramener un point contre les Spurs et Liverpool (1-1 à chaque fois). 4ème hors de ses bases, Burnley est mieux classé que Manchester United, Liverpool ou Arsenal.

Cependant quand il faut faire le jeu, l’équipe connait plus de difficultés notamment à domicile. Ils ont déjà concédé la perte de points avec une défaite lors de leur premier match de la saison sur sa pelouse face à WBA (0-1) et deux résultats nuls (0-0 et 1-1) face à Huddersfield et West Ham. Le bilan à domicile est quand même bon. En effet, actuellement 6ème, les joueurs ont empoché les 3 points de la victoire face à Palace, Newcastle et Swansea. Ce collectif est savamment orchestré par un coach atypique à la fois moderne et vintage.

Un coach différent

Sean Dyche, un des trop rares managers anglais de la ligue, est le ciment de ce groupe. Surnommé Ginger Mourinho (le Mourinho roux) par ses fans ou souvent comparé à Simeone pour sa propension à jouer défensif, Dyche est le coach à la mode en Angleterre. Percutant en conférence de presse, il n’hésite pas à faire le show avant ou après les matches.

Au club depuis 2012, il a connu toutes les épreuves avec son équipe : deux promotions en trois ans contre une relégation. Alors qu’il est annoncé par la presse, avec insistance, pour succéder à Koeman sur le banc d’Everton, il explique qu’il préfère rester à Burnley. Choix surprenant. Pas pour lui. Il insiste sur la notion de projet. Il sait que le board de Burnley lui laisse toute latitude pour construire dans la durée. Pas sûr qu’une équipe avec plus de moyens puisse se permettre d’avoir autant de patience que leurs homologues. S’appuyant sur des valeurs simples (bonnes manières, politesse, ponctualité) mais importantes à ses yeux, il manage son équipe en insistant sur la gestion humaine.

La notion de développement est l’un des éléments essentiels pour Dyche. Dénicheur de talents, il aide ses joueurs à progresser. Il cherche à tirer le maximum de ses poulains. Avant de les vendre à des clubs plus fortunés. Et la liste est longue depuis 5 saisons. Nous pouvons citer : Charlie Austin, Danny Ings, Michael Keane ou encore Kieran Trippier. Tous partis vers des destinations prestigieuses. Les économies réalisées, ainsi que les importantes plus-values, ont permis au club de rembourser ses emprunts, d’investir dans un tout nouveau centre d’entraînement, dans la rénovation du stade et de développer la formation des jeunes.

Sean Dyche et Burnley étonnent. Entamant leur seconde saison consécutive en PL, ils poursuivent leur chemin en réalisant un très bon parcours. Le but est de s’installer durablement dans l’élite. Dyche montre toutes ses qualités de gestionnaire malgré un investissement minimal. En cinq saisons, il n’a dépensé que 47M£, soit moins de 10 M£ par saison pour composer son effectif. Difficile à jouer, les Clarets posent des problèmes à beaucoup d’équipes. Dimanche, dans leur antre du Turf Moor, véritable stade champêtre à l’ancienne et à l’ambiance électrique, l’équipe du Nord Ouest de l’Angleterre va tenter de conforter sa position dans le top 8. Pas sûr que Wenger et Arsenal soient ravis à l’idée de disputer cette confrontation.