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West Ham United : Silence, ça coule !

West Ham United : Silence, ça coule !

L’équipe de l’East London connait un début de saison très décevant. Avec un seul petit point d’avance sur la zone rouge de relégation, les Hammers s’apprêtent à vivre une réception compliquée au London Stadium. Samedi soir, ils accueilleront les Reds de Liverpool de Jürgen Klopp. L’obligation d’un résultat positif est impérative pour un Slaven Bilić plus menacé que jamais. Alors que les co-propriétaires voulaient changer de dimension en déménageant à Stratford, il faut bien avouer que depuis cet emménagement rien ne va plus. Néanmoins, avec un effectif intéressant, West Ham peut encore redresser la barre et viser une place dans la première partie du tableau. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Le London Stadium 

Suite aux JO de 2012, il a fallu trouver un club résident à plein temps pour occuper le stade flambant neuf de l’Est de Londres. Et qui de mieux placé que West Ham pouvait en prendre possession ? No one. Malgré un intérêt de Leyton Orient ou de Tottenham, le gestionnaire du stade a accordé un bail très généreux en faveur des Irons. En effet, alors que le London Stadium a coûté la bagatelle de 991M€ (principalement financé par le contribuable), West Ham n’a payé que 21M€ de ticket d’entrée puis 3,5M€ de loyer annuel et ce, pour quatre-vingt-dix-neuf ans. Le reste des frais d’exploitation est pris en charge par un organisme public, donc le contribuable. Cependant, et malgré les velléités de grandeur des proprios David Gold et David Sullivan, le déménagement vers cette nouveau arène ne s’est pas fait sans heurt.

Plusieurs problèmes sont apparus dès la première saison. Le quartier où est situé le stade olympique est un lieu tout neuf. Situé au milieu de trois rivières (pas le rhum, hein), l’accès y est assez compliqué. Plusieurs bagarres ont éclaté en dehors et à l’intérieur de l’enceinte faisant resurgir le spectre du hooliganisme dont West Ham était l’une des places fortes par le passé. En dépit de coûteux aménagements pour le «transformer» en stade de foot, l’ambiance n’y est pas. Certains spécialistes déclarent même que ce stade n’est pas adapté pour le football. Les nostalgiques du Boleyn Ground ne s’y retrouvent pas. L’ancien stade était une véritable cocotte minute. La proximité des fans générait une ambiance extraordinaire. Malheureusement, c’est une époque révolue.

Une lente dégringolade

Alors que l’exercice 2015/16 avait laissé entrevoir de belles promesses avec une 7ème place, synonyme d’Europe, en adéquation avec les hautes ambitions du duo Gold/Sullivan, les «Irons» ont depuis glissé lentement mais sûrement vers le bas du classement. La saison dernière a été compliquée pour Bilić. Plusieurs raisons expliquent cela : la prise de possession du nouveau stade, la piètre élimination en qualification d’Europa League contre l’Astra Giurgiu, un mercato raté avec plusieurs flops comme Arbeloa, Calleri, Feghouli, Nordtveit, Snodgrass,Töre ou Zaza et le transfert hivernal houleux du leader technique : Dimitri Payet ont plombé tout le groupe.

  • Comme évoqué ci-dessus, psychologiquement et sportivement, l’arrivée au London Stadium a véritablement pesé sur les résultats des «Hammers». Seizième à domicile, les joueurs de West Ham ont laissé filé 32 points sur 57 possibles. Et il aura fallu attendre le quatrième match pour voir l’équipe y remporter son premier match en championnat face à Sunderland (1-0).
  • Le cas Zaza est symptomatique de l’échec du mercato des londoniens. Arrivé en prêt payant (5M€) de la Juventus assorti d’une option d’achat obligatoire de 20M€ + 3M€ de bonus après 14 matches, l’attaquant italien n’a porté le maillot «Claret & Blue» uniquement qu’à 8 reprises sans marquer le moindre but. Certainement marqué par sa tentative manquée et expédiée sur le «périph» bordelais lors du quart de finale de l’Euro 2016 face à l’Allemagne, le transalpin est parti illico presto se refaire la cerise en Espagne. Choix payant. Avec 6 buts en 20 matches lors de la demi-saison dernière, le bomber du club «Che» est actuellement à 9 buts en 10 matches.
  • Le transfert de Payet est aussi un des tournants de la saison écoulée. Adulé par les fans, son départ a été très mal vécu. Nous pouvons dire qu’il est maintenant autant détesté qu’il a été aimé. La chanson des supporters «We’ve got Payet» n’est plus qu’un lointain souvenir. Il faut dire que le Réunionais avait illuminé les travées du Ground par ses coups francs magiques, ses gestes techniques limpides. Auteur d’une saison 2015/16 de haut vol avec des stats individuelles élevées impactant le collectif: 9 buts et 12 assists. Bien que largement revalorisé en février 2016 avec un contrat prolongé jusqu’en 2021 de 125000£ par semaine, il rejoint son ancien club pour la somme de 25M£.

Crise de confiance

La nouvelle saison n’a pas débuté de la meilleure des manières pour West Ham avec trois défaites consécutives. Le club londonien a été pénalisé par l’organisation des Mondiaux d’athlétisme au … London Stadium obligeant le club à se déplacer à Manchester United, Southampton et Newcastle pour les trois premières journées de championnat. Pas la meilleure façon de commencer la compétition.

Décrié par les supporters, sur la selette depuis (trop) longtemps pour évoluer de façon sereine, Slaven Bilić est dans un situation compliquée. Les médias annoncent son remplacement imminent suite au prochain mauvais résultat. Le technicien croate semble avoir des difficultés à trouver la bonne formule. Il tâtonne. Il navigue tactiquement. Depuis le début de la saison, il n’est pas parvenu à dégager un schéma tactique cohérent hésitant entre le 4-2-3-1, le 3-4-3, le 3-5-2 et le 4-4-2. Son principal problème est de trouver la solution idéale pour associer dans son système des joueurs au profil différent mais jouant dans le même secteur du jeu à l’instar de l’association entre Chicharito et Andy Carroll. Le buteur mexicain est bien souvent contraint de s’exiler sur un côté pour laisser l’axe au «Target man» anglais.

La victoire (3-2) en Caraibo Cup à Wembley contre Tottenham, alors que l’équipe était menée 2-0, avait fait énormément de bien. Mais le scénario inverse s’est produit à Palace. Rejoint à la toute fin du match (90+7) pour concéder le partage des points (2-2), alors qu’ils menaient 0-2 à Selhurst Park, West Ham est retombé dans ses travers. D’ailleurs, la vive réaction du captain Mark Noble à l’issue de ce match démontre bien la nervosité ambiante suite à cette crise de résultat et de confiance.

Les Hammers et Bilić reçoivent Liverpool avec l’obligation de faire un résultat. L’entraîneur croate se sait menacé. En cas de défaite, il pourrait faire les frais du mauvais début de championnat. La presse évoque même des contacts avec Sean Dyche, le coach de Burnley pour lui succéder. Les londoniens devront montrer un meilleur visage que le week-end dernier. Capables de bonnes combinaisons offensives comme sur le but de Chicharito, les Hammers ont aussi trop concédé d’occasions à la lanterne rouge de la ligue. Néanmoins, ils pourront compter sur les homme en forme pour arracher un bon résultat : le ghanéen André Ayew, auteur d’un doublé contre les Spurs et d’un but splendide contre les Eagles et le gardien anglais Joe Hart, dernier rempart auteur de multiples arrêts de grande classe face à Crystal Palace.