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La Sampdoria se refait une santé

La Sampdoria se refait une santé

Une saison ne fait pas l’autre. C’est le sentiment que doivent ressentir actuellement les tifosi de la Samp. Alors que leur club fétiche a eu toutes les peines du monde à clôturer le précédent exercice, ne remportant qu’un seul match lors des deux derniers mois de compétition dont une très lourde défaite 7-3 face à la Lazio, les Blucerchiati ont débuté le nouveau championnat de façon plus convaincante. Sixième du classement devant la Fiorentina, le Torino ou bien … le Milan, l’équipe produit un beau football. La patte Giampaolo commence à porter ses fruits. De quoi envisager sereinement le derby de la Lanterne de ce week-end et la prochaine réception du sextuple champion en titre : la Juve. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Un effectif de qualité

Lors de l’intersaison, la Samp a subi de lourdes pertes avec les départs de Luis Muriel (FC Séville), Bruno Fernandes (Sporting Portugal), Milan Škriniar (Inter) ou encore la révélation du dernier championnat :le Super Sub tchèque Patrik Schick (Roma). Cependant ces ventes ont rapporté la coquette somme de 93M€ incluant l’option d’achat obligatoire pour Schick à l’issue de son prêt initial. Les dirigeants ont donc réinvesti une partie de cette somme pour renforcer l’équipe. Ainsi, les joueurs suivants sont arrivés au club contre un montant global de 55M€ : le défenseur central danois Joachim Andersen, l’attaquant italien Gianluca Caprari, le buteur polonais Dawid Kownacki, le latéral gauche italien Nicola Murru, le milieu offensif uruguayen Gastón Ramírez, le latéral gauche croate  Ivan Strinić et le buteur colombien Duván Zapata. L’effectif est équilibré, fourni et offre de nombreuses options pour composer le XI titulaire. Sur certains postes, la concurrence va jouer à plein régime.

Pour encadrer son groupe d’une moyenne d’âge de 26 ans, Giampaolo peut s’appuyer sur des joueurs d’expérience à l’instar de Christian Puggioni (36 ans), Matias Silvestre (33 ans), Edgar Barreto (33 ans) et l’inoxydable Fabio Quagliarella (34 ans). Petite parenthèse pour souligner l’excellente forme du buteur napolitain. Avec 6 buts au compteur, il a déjà inscrit 50% de son total but 2016/17. Cette expérience est primordiale pour épauler les jeunes et talentueux joueurs du milieu de terrain. Lors du dernier match face au Chievo, l’entrejeu génois était composé de Torreira (21 ans), Praet (23 ans) et Linetty (22 ans).

D’ailleurs le milieu uruguayen a crevé l’écran en inscrivant deux magnifiques buts dont un coup franc direct magistral. En 2014, lors de son arrivée en Europe, à Pescara, Torreira a été repositionné plus bas sur le terrain par le frère de Marco Giampaolo, Federico. Dans cette position, il peut exprimer au mieux son potentiel. Joueur doté d’un gros volume de jeu, il peut maintenir un rythme élevé tout au long d’une partie. Excellent dans la récupération, sa formation de meneur de jeu lui confère une bonne lecture du jeu et il peut ainsi être l’initiateur des actions offensives de son équipe. Déjà suivi par les cadors de la ligue, c’est LE joueur à suivre côté Sampdoria.

Un bon départ 

1991. Date du seul titre de champion d’Italie pour les Blucerchiati. Une autre époque. Celle des KatanecLombardoManciniMikhailichenkoPagliucaVialli ou Vierchowod. 

Cependant un lien unit les deux équipes. Avec la victoire du week-end dernier, c’est la première fois depuis cette fameuse époque que la Sampdoria réussit à enchaîner 5 victoires consécutives à domicile. La première fois depuis 26 ans. Un petit exploit.

Le début de saison 2017/18 est aussi bon que la fin de saison 2016/17 a été mauvais. Comme nous l’avons évoqué en introduction, l’exercice précédent s’est terminé dans la douleur. Une série négative conclue par quatre nuls et autant de défaites contre une seule victoire lors des mois d’avril et mai. Avec 21 buts concédés, la Samp a quasiment pris près de la moitié du total des buts encaissés sur toute la saison (55). Un véritable calvaire.

Mais si, malgré les renforts estivaux, la Sampdoria n’a pas encore totalement soigné son hémorragie défensive avec déjà 13 pris en 10 journées, le secteur offensif semble quant à lui plus prolifique que la saison écoulée. Avec déjà 22 buts à son actif, la Samp possède un meilleur classement que certaines équipes mieux armées comme la Roma, le Milan ou le Torino. L’équipe propose un jeu offensif, agréable à regarder. Face à des adversaires moins forts ou de même niveau, elle a déjà passé 3, 4 et 5 buts respectivement face à l’Atalanta (3-1), au Chievo (4-1) et à Crotone (5-0). Elle s’est également offert une victoire de prestige sur le Milan (2-0).

La patte Giampaolo

Successeur de Sarri à Empoli, le technicien natif du Tessin (Suisse) mais originaire des Abruzzes a marché dans les pas du coach du Napoli. Coach studieux, méticuleux et référence tactique pour de nombreux collègues, il a su emmener les Toscans jusqu’à une très belle 10ème place. Son très bon parcours n’est pas passé inaperçu. Sur les tablettes du Milan, les dirigeants lombards ont noué des contacts avec lui avant de finalement opter pour Vincenzo Montella. Du coup, Giampaolo a pris le banc laissé vacant par l’Aeroplanino. Le défi est de redorer le blason de la Samp, de reconstruire l’équipe et de reconquérir le coeur des tifosi.

Malgré des résultats en dent de scie, Giampaolo s’est mis les tifosi dans la poche signant deux victoires dans le derby face au Genoa. Après une saison de transition, où l’équipe a mis du temps à assimiler les principes de jeu de son coach, la Sampdoria est dorénavant vue comme un petit Napoli. Un point de vue partagé par ses dirigeants puisque le fantasque président Ferrero a prolongé son contrat jusqu’en 2020.

Évoluant avec un système tactique en 4-3-1-2, Giampaolo n’hésite pas aligner deux attaquants et un milieu offensif en soutien pour alimenter son duo d’attaque. Son milieu à 3 lui permet de densifier l’entrejeu. La présence de Torreira, Praet ou Linetty ajoute une touche technique. Ces derniers n’hésitent pas à se projeter vers l’avant comme contre le Chievo où le polonais a marqué le premier but du match ou comme contre l’Inter où le belge a offert une assist à Quagliarella.

Après une saison mitigée, la Sampdoria semble avoir bien intégrée les principes de jeu de son coach. Symbole de ce renouveau, Giampaolo montre qu’il a les capacités pour mener son équipe au plus haut. Vainqueurs lors des deux derniers Derby de la Lanterne, les Blucerchiati voudront maintenir leur bonne série pour s’implanter durablement dans le haut du classement et pour couler un peu plus leurs rivaux historiques mal en point en championnat (18ème). Equipe très (trop ?) offensive, elle devra cependant se résoudre à solidifier sa défense si elle veut se maintenir dans le top 6 du championnat.