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L’Inter: et si ?

L’Inter: et si ?

Alors que la saison précédente avait laissé aux tifosi un goût amer avec un 7ème place au classement, synonyme de non qualification européenne, 4 coaches successifs sur le banc et une campagne catastrophique en Europa League, beaucoup espéraient enfin voir leur club favori repartir à l’assaut des sommets de la Serie A. Pour cette mission, les dirigeants ont choisi de confier la destinée sportive à Luciano Spalletti. Le technicien toscan, fort de sa bonne saison avec la Roma (2nd), espère réaliser la même perf (voire plus) qu’avec la Louve : décrocher la qualification pour la Champion’s League. Le chantier est important mais les fondations semblent bien posées. Déjà dans le bon wagon, les nerazzurri pointent leur nez comme un candidat sérieux dans la course au titre.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection 

Spalletti, un choix naturel 

Comme nous l’avons vu dans le précédent article concernant le Derby delle Madoninna : http://zonemixte.fr/2017/10/12/milanais-a-lheure-chinoise/, l’Inter est dans l’obligation d’augmenter ses revenus et de diminuer ses pertes suite à l’accord ratifié avec l’UEFA. L’augmentation des revenus passe par l’obtention de nouveaux contrats commerciaux MAIS également par une participation plus constante dans la très lucrative et prestigieuse : Champion’s League. En effet, le club milanais n’a plus participé à cette compétition depuis l’édition 2011/12. Une éternité.

Au moment de confier le poste d’entraîneur à Luciano Spalletti, les décideurs milanais ont sûrement dû regarder son CV. Lors de son parcours, le technicien est parvenu à qualifier ses différentes équipes neuf fois en Champion’s League depuis 2006. De bonne augure pour l’Inter. Coach offensif, ses équipes sont souvent très bien classées au classement des meilleures attaques. D’ailleurs la saison dernière, la Roma s’est livrée à un véritable festival offensif faisant trembler les filets 90 fois. Avec une moyenne de plus de 2 buts par match depuis le début de la saison, l’Inter est bien parti. D’ailleurs, avec le Napoli, le club est encore invaincu en Serie A.

Un mercato limité mais ambitieux

Alors que le mercato 2017 a été animé par des transferts exorbitants, l’Inter n’a pas beaucoup dépensé. Mais malgré les restrictions de l’UEFA, les dirigeants ont quand même réussi à cibler des éléments de choix pour renforcer l’équipe. Pour environ 75 M€, Borja Valero, CanceloDalbertMatías Vecino et Škriniar ont rejoint la Pinetina. Voici une rapide présentation de trois recrues bénéfiques pour l’effectif :

  • Borja Valero : playmaker de la Fio pendant 5 saisons, son départ a été un crève-cœur pour les tifosi florentins. Véritable plus-value au milieu intériste, l’Espagnol est un joueur polyvalent : capable de jouer en soutien de l’attaquant ou en position plus reculée dans le 4-2-3-1 élaboré par Spalletti. A l’aise dans la conservation du ballon, il peut à tout moment délivrer une passe pour déstabiliser toute une défense. Joueur très précieux.
  • Matías Vecino : autre recrue en provenance de la Fiorentina, l’Uruguayen est un milieu équilibré. En dépit de bonnes qualités offensives, sa grinta sud-américaine lui confère aussi d’excellentes caractéristiques défensives dans la récupération des ballons. Il forme avec son ex-coéquipier un double pivot complémentaire devant la défense.
  • Milan Škriniar : son prénom le prédestinait à rejoindre la capitale lombarde. Débarqué en provenance de la Samp, cet international slovaque possède un bon sens du marquage. A l’aise, il a montré une présence rassurante lors du Derby en muselant parfaitement André Silva. Titulaire depuis le début de la saison, il forme la charnière avec le brésilien Miranda.

Bon départ

Auteurs d’un très bon début de saison, les Interistes ont agréablement surpris. Et même lorsque le contenu dans le jeu n’est pas encore au rendez-vous, ce qui est tout à fait normal dans cette période transitoire suivant l’arrivée d’un nouveau coach, l’équipe a quand même remporté le match. Par exemple, les joueurs ont réussi à se sortir du piège tendu par Crotone en s’imposant 2-0 dans les dix dernières minutes.

Dans sa quête d’Europe, Spalletti peut s’appuyer sur LA valeur sûre de son escouade offensive : Mauro Icardi. Auteur d’un hat-trick décisif dans la victoire face au Milan, le bomber argentin est le danger numéro un de l’Inter. Avec déjà 9 buts depuis le début de la saison, le capitaine nerazzurro est redoutable face au but. Et même si dans la construction, il peut être transparent en ne touchant que très peu de ballon, ceux qu’il touche dans la boite sont souvent synonymes de but.

Un des autres atouts est la non participation de l’Inter à une campagne européenne cette saison. L’Europe est très énergivore. Elle est coûteuse en points et en blessures. Là, Spalletti va pouvoir travailler sereinement pour mettre en place son schéma et ses idées auprès de ses joueurs.

Obligé par l’UEFA de se serrer la ceinture dans le cadre du Fair Play Financier, l’Inter a néanmoins renforcé son effectif à moindre frais. Même si l’équipe se cherche encore un peu parfois offrant une qualité de jeu inégale entre les différentes rencontres, les nerazzurri ont validé un très bon de saison. Sans coupe d’Europe cette saison, Spalletti va pouvoir se concentrer uniquement sur le championnat. Si l’Inter avait déjà battu la Fiorentina et la Roma, la victoire face à son voisin et rival milanais l’a définitivement installé dans la peau d’un candidat très sérieux au top 3 de Serie A. Une bonne nouvelle. Le championnat italien a besoin de toutes les forces en présence pour offrir un spectacle de qualité.