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Huddersfield Town : le tube de l’été

Huddersfield Town : le tube de l’été

Huddersfield, ville du Yorshire, au nord de l’Angleterre, a longtemps vécu dans l’ombre de ces nombreux et encombrants voisins : Manchester, Leeds et Sheffield. Totalisant trente-deux titres de Premier League à eux cinq (MU, City, Leeds, Sheffield United et Wednesday), ils n’ont guère laissé de place aux « Terriers ». Absente de l’élite depuis quarante cinq ans mais évoluant pour la première fois de son histoire en Premier League, l’équipe de David Wagner compte néanmoins trois titres à son palmarès. Trois titres remportés consécutivement en 1924, 25 et 26, constituant un record. Record égalé par Arsenal, Liverpool et Manchester United, mais jamais battu. Surfant sur leur lancée, Huddersfield réalise un bon début de championnat (7ème). La surprise du début de saison va passer son premier gros test en recevant les Spurs d’un Harry Kane déchainé. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Une promotion inattendue

Qualifié pour les Play-Offs grâce à leur 5ème place lors du dernier exercice de Championship, rien ne destine Huddersfield à accéder à la Premier League. Ces derniers ont beaucoup moins de moyens à disposition que de nombreuses autres équipes de la ligue. Et la dynamique n’est clairement pas du côté des Terriers en cette fin de championnat. En effet, les deux derniers matches de la phase régulière se soldent par deux défaites (0-2/0-3). De plus, il faut ajouter à cela quelques stats intéressantes : pire attaque (56 buts) mais également deuxième plus mauvaise défense (58 buts), Huddersfield ne fait pas office de favori parmi les concurrents en lice à la promotion. Mais heureusement pour eux le football n’est pas une science exacte. Passant aux tirs aux buts (0-0/1-1 et 4-3) l’écueil Sheffield Wednesday, le club se retrouve à Wembley pour y disputer la finale d’accession face aux Royals de Reading coaché par le célébrissime chauve néerlandais (et ex de MU) : Jaap Stam.

L’issue de cette rencontre a deux objectifs : l’un sportif avec la promotion en PL, l’autre économique avec un très joli chèque de 195 millions d’euros de revenus, pouvant atteindre 332 millions si le club se maintient à l’issue de sa première saison. Un sacré bonus en cas de succès. Et après une rencontre stérile (0-0) suite à un manque flagrant de réalisme, Huddersfield valide son ticket pour la Premier League après une nouvelle séance de tirs aux buts malgré un échec précoce de Hefele (4-3).

Un effectif sans star

Premier promu à remporter ses deux premiers matches de Premier League, Huddersfield s’appuie sur un effectif sans star mais solidaire. Habités par une générosité sans faille, les joueurs n’hésitent pas à dépasser leurs fonctions pour compenser un déficit technique. Parmi ces joueurs, nous retrouvons quelques anciennes connaissances de Ligue 1 comme l’ancien joueur de Montpellier : Steve Mounié. L’international béninois a rejoint le club à l’intersaison pour 13M€, record d’achat du club. Auteur d’un doublé pour son premier match face à Palace de Cabaye, celui qui ne connaissait ni le club ni la ville avant de s’y engager possède le profil adéquat pour les joutes so british de la Premier League.

Autre ancien pensionnaire du championnat de France, l’ex gardien danois de Guingamp Jonas Lössl est arrivé en provenance de Mayence sous la forme d’un prêt d’un an. Nous retrouvons aussi l’ailier néerlandais Rajiv van La Parra, passé par Caen entre 2008 et 2011 avant de retourner aux Pays-Bas (Heerenveen) puis de découvrir l’Angleterre à Wolverhampton, Brighton puis Huddersfield.

Le reste de l’effectif est composé de joueurs expérimentés à l’instar du gardien vétéran Rob Green, du défenseur danois Mathias Jørgensen, du milieu australien Aaron Mooy ou du buteur belge Laurent Depoitre auxquels sont associés des jeunes talents anglais tels que Tom Ince ( le fils de Paul), Kasey Palmer (prêté par Chelsea) ou Abdelhamid Sabiri.

Un entraineur disciple de Klopp

Ancien attaquant passé par Mayence et Schalke 04 (entre autre), David Wagner a derrière lui quinze ans de professionnalisme. Vainqueur de la Coupe UEFA en 1994, c’est l’unique trophée de son palmarès. International à huit reprises pour les Stars and Stripes, il possède la double nationalité allemande et américaine. A la fin de sa carrière de joueur, en 2005, Wagner prend un break pour couper du monde du football. Il étudie la biologie et les sciences du sport à Darmstadt. Ce n’est qu’en 2008 qu’il passe ses diplômes pour entrainer chez les jeunes. Il prend alors en charge les U19 puis U17 d’Hoffenheim. Puis rejoint au BVB son ancien coéquipier dans les 90’s : Jürgen Klopp.

Pendant quatre ans, il accumule de l’expérience dans un contexte relativement tranquille. Il fait ses gammes avec la réserve de Dortmund. Avant de s’émanciper et de rejoindre Huddersfield en tant que coach principal. Souvent comparé à Klopp pour son attitude, sa tenue vestimentaire, son comportement rock’n’roll dans sa zone technique ou bien encore son jeu, Wagner est déjà sur les tablettes de nombreux clubs plus huppés qu’Huddersfield. L’hiver dernier, il refuse le poste à Wolfsbourg. Annoncé dans les médias comme le possible successeur de Bilic à West Ham, il serait également dans le viseur de Dortmund à plus long terme.

Désigné meilleur entraîneur du mois d’août (2V/1N), David Wagner a bien débuté la nouvelle campagne 2017/18. Prônant un jeu rapide à une touche de balle, où son équipe se projette vite vers l’avant, il s’appuie également sur une défense solide (3 buts encaissés jusqu’à présent). Seule ombre au tableau, certains lui reprochent (comme à Klopp d’ailleurs) le nombre élevé de joueurs blessés à cause de l’intensité demandée dans le pressing, le replacement et la générosité des efforts.

Samedi après-midi, en ouverture de la 7ème journée, Huddersfield va connaître son premier gros test de la saison avec la réception de Tottenham au John Smith’s Stadium. Un premier gros test tactique aussi pour le coach David Wagner opposé à l’argentin Mauricio Pochettino. Le bon début de saison a permis à l’équipe du Yorkshire d’accumuler de la confiance, de créer une bonne dynamique. Mais l’équipe reste sur deux nuls et deux défaites en championnat. Elle n’a plus goûté à la victoire depuis la réception de Newcastle le 20 août dernier. A l’inverse, les Spurs sont invaincus depuis quatre matches. Alors est ce que la défense sera assez solide pour museler un Harry Kane en pleine réussite ? Et est ce que Mounié retrouvera le chemin des filets face à Lloris ? A suivre …