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SPAL Ferrara : des amateurs à la Serie A

SPAL Ferrara : des amateurs à la Serie A

Championne 2017 de Serie B avec quatre points d’avance sur son dauphin, meilleure attaque et 4 ème meilleure défense, le tout avec un effectif uniquement composé de joueurs italiens, la SPAL Ferrara a gagné haut la main son ticket d’entrée pour la Serie A en cette saison 2017/18. Une première depuis 50 ans. Malgré un budget très limité, le club a dû se débrouiller pour renforcer son effectif multipliant les prêts. Continuant sur leur lancée, les Romagnols ont bien débuté le championnat malgré un calendrier peu évident. Et depuis la jurisprudence Crotone, sauvé in extremis la saison dernière, nous savons que tout est possible. Même l’impossible. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Histoire récente

Si les Spallini jouent aujourd’hui dans l’élite italienne, il ne faut surtout pas oublier que ce club évoluait dans les ligues amateurs il y a encore cinq ans à peine. L’histoire de la SPAL est jalonnée de haut et de bas. Et avant de pouvoir évoluer au San Siro face à l’Inter, les Biancazzurri ont dû repartir de zéro en 2013.

Après une première faillite en 2005, le club est dissout suite à une nouvelle faillite avec dépôt de bilan en 2012. La situation est critique. Le politique et le sportif ont alors vite compris la nécessité de se réunir autour d’un large consensus : celui de sauver le club de la disparition pure et simple. Le maire de la ville : Tiziano Tagliani, l’actionnaire majoritaire de la SPAL : Roberto Benasciutti et les propriétaires du club de Masi San Giacomo : la famille Colombarini décident donc de fusionner la Real Spal (ancienne dénomination avant la faillite de 2012) et la Giacomense pour créer la SPAL 2013. Repartie en 4ème division, le nouveau club gravit les marches quatre à quatre passant en trois saisons de la Lega Pro à la Serie B, pour la première fois depuis 23 ans.

Néophyte à ce niveau, dotée d’un budget plus que limité d’à peine 30 M€ cette saison, notamment en matière de transfert, la SPAL a su faire preuve de malice pour composer son effectif. Le recrutement low-cost avec uniquement des joueurs en fin de contrat, prêtés ou en rupture de ban dans leurs précédents clubs est une réussite. Mixant expérience et jeunesse, le club a aussi misé sur une politique à contre courant à l’heure du foot business. Dans la continuité de la saison passée à l’issue de laquelle le club avait accroché la montée avec une masse salariale de seulement 3,3 M€, soit la 3ème plus faible de toute la Serie B.

Quand certains clubs alignent uniquement des étrangers dans leurs compositions d’équipe (Arsenal, Inter), la SPAL n’aligne que des italiens. Et il faut bien avouer que cela leur a très bien réussi.

Tour d’horizon

Pour renforcer l’effectif dans l’optique de la Serie A, l’équipe dirigeante composée de Davide Vagnati (Directeur Sportif), de Giacomo Laurino (responsable du recrutement) et de Leonardo Semplici (entraîneur) a encore fait des prouesses. Avec treize nouveaux joueurs dont la majorité (10) en prêt, le staff a encore misé sur l’expérience et la jeunesse. Nous allons nous intéresser à deux profils illustrant plutôt bien le mercato du club.

Le vétéran de l’attaque Marco Borriello (35 ans) continue son « Giro » d’Italie. Ferrara est son quinzième club dans la péninsule. En le signant, la SPAL engage un bomber réputé. Auteur de seize buts avec Cagliari lors de l’exercice précédent, il a déjà ouvert son compteur but sous ses nouvelles couleurs. D’ailleurs, en marquant le premier but de la rencontre face à l’Udinese (3-2), il égalise le record détenu par Nicola Amoruso à savoir celui d’avoir au moins inscrit un but avec douze équipes différentes.

De retour à Ferrara pour un nouveau prêt d’une saison malgré l’intérêt de grosses écuries du championnat, Alex Meret a été l’un des grands artisans de la bonne saison dernière. Formé à l’Udinese, considéré depuis ses débuts comme un des très grands espoirs à son poste, le sélectionneur l’a même convoqué en mars dernier. Il devrait donc faire ses grands débuts en A au cours de la saison. Une nouvelle étape dans sa progression.

L’effectif, d’une moyenne d’age avoisinant les 26 ans, compte parmi ses rangs des joueurs tels que Felipe (33), Mirko Antenucci (33) ou Sergio Floccari (35) qui devront encadrer et apporter toute leur expérience à des jeunes tels que Manuel Lazzari (23), Federico Mattiello (22) ou Federico Bonazzoli (20) presque tous novices à ce niveau.

Auteurs d’un très bon 0-0 en déplacement face à la Lazio et d’une belle victoire 3-2 face à l’Udinese dans un match au scénario plein de rebondissements, la SPAL a connu sa première défaite contre l’Inter (2-0). Même si les Spallini ont construit une équipe avec les moyens du bord, à savoir pas grand chose. Même si le maintien s’annonce difficile. Pas grand monde ne les attendait à ce niveau. Cette saison est déjà unique quand nous pensons au chemin parcouru depuis 2013. La suite n’est finalement que du bonus.