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Fiorentina : nouveau cycle

Face au mécontentement grandissant des tifosi à propos du manque de résultats sportifs, les Delle Valle ont choisi l’option radicale. A savoir la mise en vente du club. En se séparant des joyaux de la couronne, les propriétaires ont encore un peu plus accentué le fossé les opposant à leurs supporters. Exit les Borja Valero, Vecino, Kalinic, Ilicic ou encore Bernardeschi. Le mercato a donc été mouvementé en Toscane. L’effectif a beaucoup changé. Le coach aussi. Paulo Sousa laisse sa place sur le banc à un ancien de la maison : Stefano Pioli. Avec deux défaites au compteur face à l’Inter et la Samp, le début est loin d’être idéal pour calmer les tensions avec les tifosi. Une réaction est attendue dimanche à Vérone, face au Hellas.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Des départs inéluctables

Confrontés à la décision des Delle Valle de ne plus investir dans le club, les tifosi ont vu partir un à un les principaux cadres de leur effectif. La liste des exilés est longue, très longue. Nous pouvons citer entre autres : Gonzalo Rodriguez, Matias Vecino, Josip Ilicic ou encore Giuseppe Rossi. Cependant nous allons nous concentrer sur trois cas symptomatiques du mercato estival de la Viola.

Dès fin juin dernier, les rumeurs de son départ ont mis le feu aux poudres entre les supporters et la direction. En désaccord avec ses dirigeants, Borja Valero a donc rejoint Spalletti à l’Inter. Une terrible désillusion tant le meneur de jeu espagnol, après cinq saisons en Toscane, était devenu une véritable icône du Franchi. Beaucoup le voyait terminer sa carrière à Florence.

Rappelant, à un degré moindre, le départ de Roberto Baggio dans les années 90, le transfert de Bernardeschi a surtout ravivée la forte animosité entre la Fio et la Juventus. Grand espoir formé au club, l’ailier transalpin avait pourtant proclamé son intention de rester à Florence pour s’inscrire dans un projet à long terme. Finalement, contre un chèque de 40M€, il a rejoint le Piémont et sa « mentalité de gagnant ». Les supporters florentins apprécieront.

Feuilleton de l’été, en raison de sa destination, l’arrivée de Nikola Kalinic au Milan a été longue à se dessiner. En effet, les Rossoneri ont d’abord dû dégraisser (départ de Bacca vers Villarreal) avant de finaliser le prêt de Kalinic. (avec option d’achat obligatoire à 20M€) Auteur de 33 buts en 84 matches (toutes compétitions confondues), c’est une grosse perte pour l’attaque florentine.

Des arrivées pour combler

Pour combler tous ces départs, le club n’a pas chômé. Pas de moins de quinze nouvelles têtes sont arrivées au centre d’entrainement, à Campini. La France est à l’honneur avec les présences d’Eysseric (Nice), Veretout (Aston Villa), Théréau (Udinese) ou encore Laurini (Empoli). Le club a aussi conservé le milieu croate Milan Badelj, véritable couteau suisse du milieu de terrain à la grinta redoutable. Avec une moyenne d’âge de 23 ans, l’une des plus basses de Serie A, l’expérience de Badelj ne peut être que bénéfique pour Pioli. Cependant, les deux principales têtes d’affiche sont l’italien Marco Benassi et l’argentin Giovanni « Cholito » Simeone. Deux gros coups effectués par Pantaleo Corvino (DG) et Carlos Freitas (DS).

Marco Benassi, international U21, débarque en provenance du Torino. Ce milieu de terrain dynamique possède une bonne capacité d’insertion dans le camp adverse. Doté d’une frappe à la fois lourde et précise, il a inscrit 11 buts sous son ancien maillot en 85 matches de Serie A. Aussi bien à l’aise en soutien de attaquant dans un 4-2-3-1 qu’en milieu axial plus reculé dans un 4-3-3, Benassi offre diverses possibilités tactiques à son coach. Ventura, le CT azzurro, garde un oeil sur lui. En octobre 2016, il remplace dans le groupe Montolivo mais n’est pas appelé à jouer face aux Macédoniens pour les qualifs à la Coupe du Monde 2018.

Pour sa première saison en Europe, le fils de Diego Simeone a fait forte impression. Débauché du Genoa, son arrivée en Toscane est un très bon coup réalisé par la Viola. Buteur de surface, vif, habile dans les petits espaces, c’est un redoutable finisseur. Avec douze buts au compteur, il a grandement contribué à animer l’attaque des Grifoni. Encadré par Eysseric ou Dias et Chiesa sur les côtés, il sera l’atout offensif numéro un de la Fio.

Un coach pour espérer

Ancien défenseur de la maison entre 1989 et 1995, Stefano Pioli débarque en terrain connu. Réputé pour son travail avec les jeunes, le technicien romagnol sort d’une expérience mitigée à l’Inter. Prenant le relais de De Boer, et malgré des débuts réussis avec une remontée spectaculaire au classement, Pioli n’a pas atteint l’objectif européen désiré par les nouveaux dirigeants chinois échouant à la septième position du classement. Une incroyable série négative est venue anéantir les espoirs entrevus les semaines précédentes.

Malheureusement, ses débuts avec la Fio sont dans la même lignée que sa fin de saison milanaise. Deux défaites en deux matches. Cinq buts pris et un seul marqué, Pioli a du pain sur la planche pour mettre son équipe en ordre de marche. Son défi va consister à trouver le bon équilibre. Bien armé dans le secteur offensif avec les présences de Simeone, Théréau, Babacar, Chiesa, Zekhnini ou Lo Faso (jeune espoir U19 italien très prometteur) Pioli ne peut en dire autant de son secteur défensif. La nouvelle recrue Vitor Hugo a souffert le martyr face à Icardi. Astori, sanctionné d’un penalty pour une faute évitable sur le même Icardi, n’a pas débuté au mieux la saison. Et Tomovic a multiplié les erreurs oubliant Perisic sur le troisième but milanais et offrant un penalty à la Samp pour une faute de main. Pas de quoi rassurer.

Adepte du 4-2-3-1, normalement idéalement adapté à son équipe, Pioli va devoir vite remobiliser ses joueurs. Technicien formateur à l’aise avec les jeunes, il semble avoir le profil idéal pour cette jeune Viola. Cependant, le club traverse une période d’instabilité suite à la décision des Delle Valle de vendre le club. Si les résultats demeurent infructueux, cette saison peut vite devenir une vraie galère. Un résultat positif est attendu à Vérone pour enfin démarrer l’opération reconquête.